‹ Récréations philologiques, ou Recueil de notes pour servir à l'historie des mots de la langue françaiseChapitre 94 sur 98 · BE LA PRONONCIATION · texte numérisé non relu

BE LA PRONONCIATION

sonnes intercalaires, théorie appuyée sur des faits matériels , je ne me lasse pas de le répéter. Le caractère essentiel, la loi régulatrice de notre langue, celle qui a présidé à la formation de cette parlure délitable entre toutes, ce n'est ni la recherche ni Tévitement de l'hiatus, c'est l'euphonie. Eh bien, Teuphonie employait suivant l'occasion Tune et l'autre raélhode, tantôt soutenant d'une consonne les chutes trop faibles, tantôt les ap[$uyantsur une voyelle, toutes deux intercalaires.

Ce manuscrit des Sermons de saint Bernard nous montre aussi \%moi peuvent constammen l écri ipuyent. Les gens qui se noient, dit le saint, s'accrochent à ceux qui les viennent secourir : « Si plongent ensemble od » ceols k'il puyent aggrapeir, ensi k'il à ois ne à ceols » ne puyent faire nule aiue (1). » On ne prononçait donc pas ils pueent , d'après les lois de la convention moderne ? Il y avait donc là un de ces hiatus désagréables? Et si le Bourguignon y remédiait par l'insertion de Vi , ne suis-je pas autorisé à supposer que le Normand y remédiait par l'insertion du v , chaque province suivant son habitude?

Au chant premier du Roland^ le roi Marsille, désirant se raccommoder avec Charlemagne, lui envoie des ambassadeurs. Il dit à ses diplomates :

Par vo saveir se m' puez acorder, Jo vas darrai or e argent asez.

(1) (c Et plongent avec ceai qu'ils peuvent agripper, de façon quMIs (les agrippés) ne peuvent porter secours ni aux autres ni à euxmêmes. »

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