DISPENDIEUX
de dépenses
arabesques, de
Proprement employé dans
—$e dit d'une chose Prévues ou imprévus.
qui occasionne beaucoup Un cheval et une Voiture sont
4 lorsqu'elle se sera libérée, le travail qu’elle accomplira avec sa
dispendieux, parce qu'en dehors du prix d'achat, il faut compter la dépense indispensable d'un palefrenier, des harnais et de leur entretien, du fourrage, de la ferrure, d'une écurie, d'une remise, et de bien des frais accidentels.
La fréquentation habituelle du théâtre, même si l'on y va sans payer, est dispendieuse à cause des dépenses de toilette, de voitures, etc., que cela occasionne. Mais un piano, par exemple, mème sw lorsqu'on le paie un haut prix, n’est pas un objet dispendieux, at- 5 tendu qu'une fois payé il n’entraine d'autres frais que les frais d'accordage, ce qui est insignifiant.
D'une partie de chasse où un homme aura été convié et pour laquelle il n'aura pas eu un sou à dépenser, il pourra dire, s'il a involontairement blessé quelqu'un, qu'elle a été très dispendieuse par suite des frais médicaux et des indemnités qu'il aura dû débourser ultérierement.
Bd
COUTEUX.—Se dit de toute dépense élevée. Mais une chose peut être très coûteuse et n'être nullement dispendieuse. Elle peut même être très avantageuse. Ainsi certaines valeurs de tout repos, des actions de certaines lignes de chemins de fer, par
É exemple, qui produisent 10 ou 12 pour cent d'intérêt annuel, peuvent avoir été acquises pour un prix bien supérieur à leur prix d'émission. Elles ont coûté cher, mais elles sont d'un bon rapport, par conséquent avantageuses et non dispendieuses. Une ouvrière qui achète une machine à coudre à crédit la paiera
deux fois sa valeur, c'est vrai. Ce sera un achat coûteux. Mais
machine lui donnera toutes les compensations désirables. L'acquisition d’une machine à coudre dans ces conditions est donc cofteusce, elle n'est pas dispendieuse.
Vous voyez, Madame, qu'il y a une très grande différence de sens entre ses deux mots.
CHER.—On dit un objet cher, une étoffe chère, pour indiquer qu'ils sont d'un prix relativement élevé, :andis que coûteux marque l'élévation réelle de ce prix. Une maison de 100,000 francs ($20,000) peut être très bon marché par rapport à sa l valeur réelle, c'est toujours une dépense coûteuse, à laquelle il
LEÇONS PRATIQUES DE FRANÇAIS faut appliquer une somme considéral Constances et dans tous les pays.
D'une pièce de drap vendue 200 frarics, au-dessus de sa valeur,
ble dans routes jes cir-
($40) et manifestement on dira que c'est une marchandise chère, et non une marchandise coûtetse. Cependant il n'y a là qu'une
nuance, Car coûteux et cher peuvent à la rigueur se dire l’un pour l'autre, Mais je n'ai pas besoin d'ajouter qu'il vaut toujours
mieux observer la nuance, D *
M. Laurent rencontra un jour un riche français, M. Dubien, dont il avait fait Ja Connaissance pendant la traversée, Après avoir échangé quelques propos, M. Dubien jui dit:
—Venez donc un de ces jours me voir à mon hôtel, 6 rue de la Néva. Puisque vous Vous, occupez de minéralogie, je vous montrerai une collection d'échantillons curieux et rares.
—Avec plaisir, à quelle heure vous rencontre-t-on ?
—Tous les jours avant midi.
—Eh bien, j'irai demain à onze heures.
—Vous me ferez Plaisir,
Le lendemain à onze heures M.
méro 6 de la rue de la Néva.
C'était une maison luxueuse, entiè apparences d'un petit palais.
Laurent s'arrêtait devant le nu-
rement close, qui avait les
—Ce n'est pas là se dit M. Laurent, qui cherchait un hôtel,
Il crut avoir mal compris. Ce n’est pas au six, c'est au dix, pen-
sa-t-il. Mais au dix il trouva une maison semblable, Il parcourut la rue, très Courte, et ne trouva pas un seul hôtel. Il se retira un peu froissé,
Quelques jours Plus tard il rencontra M. Dubien dans un salon.
—Eh bien, lui dit celui-ci,
vous n'êtes pas venu voir mes collections ?
—Pardon! Je me suis rendu, 6 rue de la Néva : mais ni dans tonte la rue,
le lendemain de notre rencontre, je n'ai pas trouvé d’hôtel, ni au numéro 6,
—Comment, pas d'hôtels? Mais il n'y a que ça!
—Rue de la Néva?
—Oui.
—I1 n'y a que des résidences privées!...
On finit par s'entendre et M. Laurent eut ainsi l'occasion d'enrichir ses notes des définitions suivantes :
(a) HOTEL, nom masculin.—Maison destinée à recevoir des hôtes, des voyageurs: — Un bel hôtel: — un bon hôtel: — un hôtel de premier, de second, de troisième ordre.
Hôtel n’est pas synonyme de restaurant ou de café. On y sert à boire et à manger aux voyageurs qui y descendent, mais ceux-ci ne sont nullement tenus d'y prendre leurs repas ou d'y faire la moindre consommation. Par contre il y a des établissements de ce genre qui ont un restaurant ou un café ouvert à tous venants: — Le café de l'hôtel; — le restaurant de l'hôtel.
En France, chaque voyageur qui descend à l'hôtel doit remplir un bulletin imprimé relatant ses nom, prénoms, âge, profession, lieu de naissance, le lieu de la dernière résidence et indiquer l'endroit où il doit se rendre.
Cette formalité est imposée par la police qui exerce un contrôle utile sur la population flottante. I1 ne faut rien voir de vexatoire dans cette mesure, et il est du devoir des honnêtes gens de s'y soumettre de bon gré. En dehors de la police, la statistique y trouve aussi son compte. D'ailleurs les voyageurs ne sont nullement tenus de faire des déclarations exactes, car on ne les vérifie pas. Ceux qui, pour un motif tout personnel, veulent dissimuler leur état civil, leur destination, etc., n’ont pas à se gêner. Dans la plupart des cas cette fiche est de pure forme. Seulement, celui qui ferait une déclaration fantaisiste et qui commettrait plus tard un délit, s'exposerait à se voir imputer à mal sa dissimulation, Il vaut donc mieux remplir consciencetrsement ce petit billet, qui ne gêne que les malfaiteurs.
(b) HOTEL.—On donne encore le nom d'hôtel aux somptueuses habitations des gens riches: — L'hôtel du duc de X.., du financier Z... Celui qui a les moyens d'avoir un hôtel à la ville a généralement les moyens d’avoir un château à la campagne.
En réalité un hôtel est un château urbain, Pour mériter :e nom d'hôtel, il faut que la demeure soit somptueuse et exclusivement habitée par son propriétaire ou un unique locataire. C'est un haut luxe d'habiter un hôtel, (fig. 13). Bien des gens très fortunés n'occupent que de vastes appartements dans des maisons
FIG, 13.—Hôtel de M. de la Riboisière, à Paris,
habitées par de multiples locataires. On peut adresser ainsi une
Correspondance: Monsieur le duc de Larochefoucauld, en son
hôtel, rue de Varennes.
Le genre de maisons habitées en commun par des familles riches, prend, à Paris, le nom de maisons bourgeoises. Ce titre
leur est donné quand il n'existe pas de boutiques du de magasins, soit au rez-de-chaussée, soit à l’entresol, soit aux autres étages. On dit alors que la maison est habitée bourgeoisement.
Les autres maisons, qui peuvent également loger des gens riches mais qui possèdent des boutiquiers ou des commerçants faisant négoce, sont des maisons de rapport.
Mme Laurent se sentant un peu indisposée, fait venir un médecin canadien fixé à Paris depuis longtemps. Elle lui expose son malaise, lui fait part des douleurs qu’elle éprouve et conclut en disant:
. —Je crains d’avoir une maladie de rognons.
Le médecin la rassura. Ce n’était qu’un peu de courbature. T1 lui prescrivit un traitement et, s’autorisant de son titre de compatriote, il ajouta:
—Même si vous étiez atteinte de l’affection que vous redoutez, il faudrait bien vous garder de dire que vous avez une maladie de rognons ou que vous avez mal aux rognons. Ce sont les animaux qui ont des rognons; l’homme a des reins.
ROGNON.—Le rognon est un viscère double qui secrète l’urine chez certains animaux,
REIN.—Le rein est le même appareil accomplissant la même fonction chez l’homme. Le rein est double, et quand on ne désigne pas particulièrement le rein droit ou le rein gauche, on emploie le pluriel: — J'ai mal aux reins. Jamais on ne doit dire : — J'ai mal aux rognons, — une maladie de rognons; mais, j'ai mal aux reins, — une maladie du rein ou des reins. Employer rognons pour reins n’est pas seulement une faute, c’est encore une grossièreté.
M. Laurent parlait un jour à un Français d'un Canadien “considéré dont il venait d'apprendre la mort. Il faisait son éloge et disait qu’il laissait une grosse fortune gagnée par son travail,
—Dans quelle industrie at-il amassé cette fortune? lui demanda son interlocuteur.
—Dans la vente des épiceries.
—Est-ce possible ?
—1l avait la maison de gros la plus importante de Montréal.
—Ah!... Il était dans l’épicerie!.…
L'exclamation et le ton dont elle fut faite donnèrent à penser à M. Laurent qu’il avait encore dit quelque chose d’incorrect, il demanda des éclaircissements à ce sujet et voici ce qu’il apprit. EPICERIE.—Substantif féminin singulier. — C’est le nom col-
lectif sous lequel on comprend tous les articles qui constituent ce commerce, Celui qui achète à la fois du thé, du café, du sucre, du sel, du poivre, de la mélasse, des olives, du riz, des citrons, du savon, etc. etc., achète de l'épicerie et non des épiceries.
Si l’on a commandé chez le boucher du boeuf, du veau, du mouton, et de l'agneau, on ne dit pas que l’on attend la livraison des. boucheries, mais la livraison de la boucherie.
Il en est de même pour l'épicerie. Lors donc qu’il s'agit des
produits vendus par l’épicier, on dit invariablement : — mon achat d’épicerie ; — j'ai dépensé deux dollars en épicerie; — mon compte d’épicerie s'élève ce mois-ci à $40.
Mettre ce mot au pluriel pour désigner la pluralité des articles de ce commerce est une faute des plus choquantes pour un Fran. çais.
EPICERIES.—Le fonds de commerce d’un épicier s'appelle épi. cerie, comme le fonds de commerce d’un boucher s'appelle. boucherie. Dans ce sens le mot épicerie prend la marque du pluriel. Exemple: il ÿ a trois épiceries dans cette rue, qui. vendent toutes trois d'excellente épicerie.
Lorsque M. Laurent déclara qu'un homme avait fait une grosse fortune en vendant des épiceries, son interlocuteur était fondé à croire qu'il s'agissait de ventes de fonds, de ventes d’épiceries, c'est-à-dire de magasins tout agencés et achalandés. D'où son.éton-. nement d'apprendre qu’un homme avait pu si complètement d’enri… chir dans cette spécialité, qui ne suffit d'ordinaire qu’à nourrir -
son homme.
M. Laurent vient de rentrer chez lui un peu ému. Il lui est arrivé un accident qui aurait pu lui coûter cher et le blesser gravement. Il en fait le récit à sa femme en présence de Justine :
—En passant devant un superbe ma- :” gasin, dit-il, j'ai glissé sur le trottoir et je me suis violemment heurté sur la grande vitre, qui, heureusement, a résisté.
—Par bonheur pour Monsieur, dit Justine, ce n'était pas une vitre, car Monsieur aurait sûrement passé au travers.
—Qu'était-ce donc, si ce n’était pas une vitre ? demande M. Laurent.
—C'était une glace.
—Une glace !.… Allons, instruisez-moi
ma bonne Justine, je vais prendre des notes,
ss
DER TOO EEE ETEES
VITRE.—On appelle vitre une feuille de verre mince dont on faitdes carreaux de petites dimensions pour fenêtres, cloi-
sons, etc, C’est un article bon marché et très fragile. (fig. 14). Lorsque la vitre est plus épaisse, elle prend le nom de verre double :—Un panneau, un Carreau en verre double. On emploie le verre double aux mêmes usages que la vitre, mais il est plus solide, sa qualité supérieure et son prix plus élevé.. Les carreaux qui sont à vos fenêtres sont en verre double.
(a) GLACE.—On appelle glace une lame de verre poli qui peut atteindre de très grandes dimensions. L'épais-
r1G. 15.—Glace de devanture. seur normale des glaces varie entre 6 et 12 millimètres (2 et 4 lignes). Les
F1. 14.—Vitres,
glaces sont l’objet d’une fabrication très soignée, à l'aide de produits très purs. Elles sont assez solides, ainsi que Monsieur a pu en juger en évitant un bris onéreux et dangereux. I1 n’est pas aujourd’hui un seul magasin un peu luxueux, à Paris 3 où ailleurs, qui n'ait une ou plusieurs glaces à sa devanture. Vous avez failli briser une
glace et non une vitre. (fig. 15).
(b) GLACE.—Les miroirs prennent aussi communément le nom de glace. Tous, ou presque tous les appartements de Paris sont ornés de glaces. Vous avez dû remarquer que la plupart des écriteaux annonçant des locaux vacants étaient ainsi conçus : “Appartement, orné de glaces, à louer.” Cela veut dire que les cheminées de chaque pièce sont surmontées de
Frans grandes glaces, ou miroirs, richement encadrés et fixés au mur à demeure.
—Ÿ at-il une différence entre une glace et un miroir? Je veux dire, peut-on indifféremment employer l’un ou l’autre terme?
—Oui, Monsieur, on peut indifféremment employer l’un ou l’autre terme. Cependant, à Paris du moins, on fait une distinction assez subtile. On appelle toujours glace le miroir de grande dimension, fixe et non portatif :—La glace du salon ;—l'armoire à glace,etc. (fig. 16-17). Mais la glace qui peut se tenir à la main (fig. 18) ou qui peut aisément se déplacer, ou qui est placée sur un meuble, toilette ou autre, ou qui, montée sur un chevalet ou sur un pied peut s’incliner ou pivoter, tous ces appareils refléchisseurs sont ordinairement nommés miroirs. Mais, je le répète, on peut sans faute, sans équivoque dire l'un pour l’autre. Excepté toutefois lorsqu'il s’agit d'une Pièce ancienne, antérieure À l'époque relativement récente où le prix des glaces a démocratisé ‘le miroir. Alors, le nom qui s'impose est
MIROIR.—Avant la vulgarisation des miroirs en glace on ne se servait que des iniroirs métalliques, à surface soigneusement polie. Il en existe encore de nos jours et l’on en fabrique même
de temps à autre en or ou en argent. On comprend qu'en présence de pareilles pièces on ne peut user du mot glace, qui n’a prévalu qu’à cause de la matière nouvelle employée nour la
EX iroirs.
fabrication des miroirs. __—
—Ce que vous dites, Justine, est plein de sens. Mais puisque l’on appelle glace, indifféremment, le miroir qui est sur ma cheminée et le panneau transparent sur lequel je me suis si rudement heurté tout à l’heur:, comment devrais-je m'éxprimer si j'avais à commander par écrit une glace comme celles qui sont à la vitrine des magasins, pour ne pas m’exposer à recevoir une glace-miroir ?
—Vous demanderiez simplement une glace sans tain.
—Ah ! je comprends ce que vous voulez dire. L'autre est une glace étamée.
—Parfaitement. Mais, Monsieur, me permettez-vous de relever deux fautes que vous venez de commettre ? ,
Je ne vous le permets pas, je vous en prie.
—Vous dites: Je comprends ce que vous voulez dire. Ne me suis-je pas exprimée clairement, et vous ai-je obligé de deviner ma pensée ?
—Vous vous êtes expliquée très clairement.
— Alors, vous avez compris ce que j'ai dit et non ce que j'ai voulu dire. Déclarer à quelqu'un que l’on comprend ce qu'il veut dire et non ce qu’il dit, c’est lui faire entendre que ses explications sont confuses et que vous suppléez à la pauvreté de ses expressions par votre intelligence.
—Ce qui, je le comprends maintenant, serait impoli ou impertinent.
Fie. 18.—Glace où miroir à main.
—Rigoureusement, oui. Mais rassurez-vous, Monsieur, il y a tant de Français, et non des moindres, qui commettent cette faute, que personne ne songe à y voir malice.
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SRE
—N'importe, Justine, je vous sais gré de me l'avoir signalée. Mais vous m'avez parlé de deux fautes. Quelle est la seconde? —" ous avez dit la vitrine des magasins, Vous avez sans doute voulu désigner l'espèce de caisson dans-lequel on expose les marchandises à la vue du passant?
* —Précisément, —Eh bien, ce n’est pas une vitrine. Son nom est: La montre.
MONTRE.—La montre est l’espace ménagé derrière la glace pour exposer les divers articles offerts en vente à l’intérieur du magasin, pour attirer les regards des passants et éveiller leurs convoitises. Un grand nombre de personnes, je le sais, nomment
FIG. 19.—Montre.
cela la vitrine, mais c’est une impropriété, Le terme exact, c’est
la montre, (fig. 19) à moins que l’espace servant à cette montre
ne soit tout petit. Dans ce cas, vitrine serait bien employé.
Je dois ajouter, cependant, que certaines montres sont formées de compartiments, de caissons, de cases, d’étages superposés ow juxtaposés. Ces compartiments, caissons, cases, étages prennent alors, individuellement, le nom de vitrine. On dit, dans ce cas: les vitrines de la montre sont richement garnies. (fig. 20).
VITRINE.—Sorte d’armoire ou de caisse vitrée, laissant voir les objets qu’elle contient tout en les protégeant contre la poussière et contre la tentation des voleurs. ( fig. 21). On jugera de la différence qu’il y a entre la montre et la vitrine par cet exemple: Vous entrez chez un bijoutier: — “Monsieur, je désire um
ba te if D
bracelet à mailles, en or et platine. Je n’en vois pas dans la
montre; en avez-vous dans vos vitrines?
Les marchands de cigares, les confiseurs, les épiciers, etc., ont tous des vitrines sur leurs comptoirs; mais les spécimens placés à la devanture sont dans la montre et non dans la vitrine.
Les caisses de verre placées à la porte des dentistes, exposant des pièces diverses, sont des vitrines. Les vitrines servent également pour abriter de menus objets. Les vitrines affectent toutes les formes. Elles peuvent ressembler à une boîte horizontale, plate ou bombée, ou à une armoire. »
F6, 21,—Vitrive,
VITRAIL.—C'est une grande fenêtre d'église, généralement garnie de verres de couleurs enchassés dans des rainures de plomb ou de FIG, 20.— Vitrines de la montre, métal, affectant des images géométriques ou offrant des tableaux composés.
Dans les palais et dans les demeures somptueuses, le vitrail prend le nom de
VERRIERE.-—Ce ne serait cependant pas une faute d'appeler verrières les vitraux d’églises, et vitraux les verrières des palais.
Apprenant la mort d’un homme politique canadien qui avait de nombreuses relations en France dans le monde des affaires, M. Laurent résolut de payer un tribut à sa mémoire en publiant sa biographie et en la répandant dans certains milieux. Il s’adressa À une agence qui lui procura un rédacteur.
—Monsieur, dit M. Laurent, je voudrais faire écrire un pamphlet.
—Je suis à vos ordres. : Veuillez me fournir les notes nécesaires et me donner des indications précises.
38 LEÇONS PRATIQUES px FRANÇAIS
—Voici les notes,
Et pendant que l'écrivain les parcourait, M. Laurent ne tarissait pas d’éloges sur le Personnage défunt.
—Mais, Monsieur, c’est une :oraison funèbre, un panégyrique qu'il faut faire, et non un pamphlet.
—Excusez-moi, Monsieur, dit M. Laurent, mais je suis étran-ger, et il m'arrive trop souvent d'employer des expressions im- Propres, Veuillez donc me dire ce que vous entendez, en français. par let.
Passionné et plus injuste, —Voyez, Monsieur, Comme nous,sommes loin de nous entendre, i M. Laurent. Au Canada nous appelons pamphlet non Î 6 ou 32 pages environ.
Publication et non de son contenu?.. ce que vous nommez pamphlet s'appelle PLAQUETTE. — Une Plaquette est une d'épaisseur, de deux i ou en seize, nom de BROCHURE.—Non &énéral de tous les livres dans l’état où ils sortent de chez le libraire-éditeur.
Lorsqu'il s’agit d’une feuille simple, tout bonnement pliée, cette feuille prend le nom de LIVRAISON.—Cela désigne les parties d’un ouvrage débité périodiquement et mis en vente par fractions.
FASCICULE.—Lorsqu'il s’agit d’un ouvrage scientifique ou d’um Ouvrage littéraire de luxe, la livraison prend le nom de fasci- Cule. .
—Merci de vos explications, dit M. Laurent, Vous ferez donc, d’après mes notes, une plaquette de 32 pages, contenant l'éloge
RECTIVICATION DU VOCABULAIRE : 39
du personnage en question. Maintenant, vous plairait-il de traiter
pour moi avec l'imprimeur, de façon à me débarrasser complète-
ment de tout souci à cet égard?
—Si vous le désirez.
Cela m'obligera. Mais vous voudrez bien me soumettre votre travril avant de le livrer à l'impression... Il m'en faudra cinq cents copies, et je voudrais les avoir le plus tôt possible.
—Cinq cents copies |
—Oui. Cela paraît vous étonner ?
—Il y a de quoi. Je ne puis me charger de copier mon travail cinq cents fois.
Mais je ne vous demande pas de copier le travail cinq cents fois. Je vous prie d'en commander cinq cents copies à l'imprimeur.
—Ah! parfait, vous désirez cinq cents exemplaires et non cinq cents copies. Vous serez satisfait.
—J'ai encore employé un terme ambigu, n'est-ce pas ?
—Pas ambigu, mais tout à fait impropre.
COPIE.—Dans l'espèce, c’est la reproduction manuscrite d’un écrit. Me demander une ou plusieurs copies de mon travail, Cest me demander de le copier une ou plusieurs fois. On appelle encore copie la feuille volante sur laquelle un écolier écrit le devoir qu’il remet au professeur. De même le manuscrit ou le texte que l’on confie au compositeur pour en tirer un imprimé. *
EXEMPLAIRE.—En termes d'imprimerie et de librairie, l’exemplaire est la pièce finie, l'unité, la feuille, la plaquette ou la brochure. On la reproduit, c’est-à-dire on l'imprime, on la tire à un nombre convenu d'exemplaires. Si vous avez à demander à un libraire plusieurs unités de la dernière nouveauté, vous ne Ini direz pas : “Envoyez-moi six copies du roman de X...,” mais: “Envoyez-moi six exemplaires” Autrement, s'il prenait votre ordre à la lettre, il serait capable de faire copier à la main six fois l'ouvrage demandé.
Diable! s’écria gaiement M. Laurent, cela reviendrait cher...
Je vous remercie de m'avoir mis en garde contre une pareille
erreur... Eh bien, c'est entendu, Monsieur, chargez-vous de tout <t revenez me voir Pour la collection.
—Quelle collection ?
—Mais pour vous faire payer.
L'écrivain demeura un moment étonné, Puis enfin il sourit :
—Ah! parfait, dit-il.
En le voyant sourire, M, Laurent comprit qu’il s'était encore égaré dans le vocabulaire,
—Si je me suis mal exprimé, je vous prie de bien vouloir me le dire et me corriger,
—En effet, Monsieur, vous vous êtes mal exprimé. Vous avez
<mployé le mot collection dans le sens de l'acte du collecteur, mais c’est une grave erreur.
COLLECTEUR.—Cest un vieux mot qui désignait autrefois celui qui percevait les impôts. Aujourd'hui ce fonctionnaire se nomme percepteur. Actuellement, collecteur se dit uniquement de celui qui recueille le fruit d’une collecte. Vous faites, évidemment, collecteur de collecte; mais une
COLLECTE.—Ce n’est pas une Perception, le recouvrement d’une Somme due; c'est une quête pour une oeuvre de bienfaisance OU pour un acte de charité accidentel, Ceux qui souscrivent
à une collecte le font Sans rien devoir et sans Y être obligés. Vous pouvez donc employer le mot collecteur Pour désigner celui qui recueille Je produit d’une collecte, mais uniquement dans ce cas.
—Alors, comment dois-je dire Pour vous inviter à venir vous faire payer?
—Mais tout simplement : “Venez ici, ou adressez-vous à moi
Pour le paiement”.
ançais dans le sens déterminé que je viens d'indiquer, collection ne l’est pas du tout, et ne l'a jamais été, dans celui que vous employez.
RBOTIFICATION DU VOCABULAIRE al
COLLECTION.—C'est une série ou un recueil d'objets qui ont du rapport ensemble. Une collection de tableaux, de médailles, de livres, de journaux, etc.
Les hommes chargés de percevoir les comptes pour tes banques, les commerçants ou les particuliers se nomment :
GARÇONS DE RECETTES, ou ENCAISSEURS,
ou AGENTS DE RECOUVREMENTS.
—Merr: de votre leçon, Monsieur, vous pourrez la charger au compte.
—Je n’en ferai rien. Mais si je devais suivre votre avis, je ne la chargerai pas, j'en ajouterai le prix au compte.
Séduite par l'élégance de la montre d'un -petit magasin de nouveautés, M. et Mme
Laurent se décident à faire quelques achats.
—Je voudrais six paires de bas, demande M. Laurent.
Le marchand questionne sur la couleur, la matière, la pointure et présente à son client l’article demandé : des bas.