FIG
Chaussette.
BAS.—Ce sont des fourreaux de fil, de coton, de laine ou de soie qui couvrent, eu les moulant, le pied et
r16, 22,—Bas. la jambe. (fig. 22).
—Ce n’est pas cela, dit M. Lau:ent un peu inquiet. Je veux
«des petits bas ne montant pas plus haut que le mollet.
—Alors, ce sont des chaussettes qu'il vous faut... En voici,
Monsieur.
C'est en effet ce qu’il désirait.
CHAUSSETTES.—-Les chaussettes sont des demi-bas que portent ordinairement les hommes et, l'été, les enfants rant qu'ils sont encore en jupes. (fig. 23). Au Canada, on désigne les chaussettes sous le nom de chaussons, mais M. Laurent apprit plus tard la différence qu'il y a entre ces deux abjets,
CHAUSSON.—C'est une chaussure en étoffe, en feutre ou fourrure, qui enveloppe le pied par-dessus le bas ou la chaussette et qui ne dépasse pas la cheville. Les chaussons n'ont pas de semelles, ne se portent qu'à l'intérieur et tiennent lieu de pantoufles chez les vieillards et Jes valétudinaires. (fig. 24-25). Lorsque M. Laurent eut reçu ses chaussettes, il dit:
—11 me faudrait aussi une demi-douzaine de cols.
Le marchand atteignit quelques boites contenant des faux-cols de différentes coupes.
—Non. Je n’ai pas besoin de collets, je vous demande des cols.
—Des cols? mais en voilà.
—Tenez, ceci, fit M. Laurent, en désignant sur lui l'objet qu'il désirait. '
—Mais, alors, ce sont des cravates qu'il vous faut,
FIG, Scashausson FIG, 26.—Faux-col, l'enfant.
C'était effectivement ce que voulait M. Laurent, qui fit son emplette et qui corrigea ainsi son vocabulaire :
COL ou FAUX-COL.—Pièce en toile ou en coton empesée qui entoure le cou et qui se fixe à la chemise. Lorsque cette pièce: fait partie de la chemise, c’est le col. Lorsqu'elle est mobile, c’est le faux-col. (fig .26).
POIGNET.—En terme de lingerie, on nomme Doignet la bande d'étoffe, large ou étroite, empesée ou non, qui est fixée à l'extrémité d’une manche de chemise. (fig. 27).
MANCHETTE.—C'est l’ornement de toile empesée qui se fixe aux poignets d’une chemise, (fig. 28).
COLLET.—C'est la partie du vêtement qui entoure le cou et qui se rabat sur les épaules. Lorsque le temps est Piquant et que lon relève le haut de son vêtement pour se protéger contre le froid, c'est le collet que lou relève. (fig. 29-30-31).
REOTIFICATION DU VOCABULAIRE 43
CRAVATE.—C'est la parure en étoffes variées, de diverses couleurs et de diverses formes qui se noue où s'attache autour du
cou, par-dessus où pardessous le col ou le faux-col. (fig. 32).
Mais M. Laurent n’avait pas terminé ses achats.
—J'ai vu à la devanture, dit-il, de jolies vestes. Voulez-vous m'en montrer une ? F10, 238,—Manchette.
__Nous n'avons pas de vestes. C'est r10. 27,—Poignets et col de chemise. UT vêtement qui ne se porte plus ; mais nous avons de jolis vestons.
—Le nom m'est égal, répliqua M. Laurent, qui avait ses raisons , pour ne pas s'attacher avec entêtement au nom des objets. Voyons vos vestons. d
Le marchand lui en montra de plusieurs modèles.
—Mais ce sont des gilets, s'exclama M. Laurent.
—Comment, des gilets ?
. 29, —Ci D pra. Collet relevé r10. 30.—Collet d'habit. vi6. 3t.—Collet militaire:
—Je demande une veste sans manches, qui se met sous l’habit.… Comme ceci, dit-il, en désignant le vêtement qu'il portait et auquel était accroché sa chaine de montre.
Toujours patient et voyant qu’il avait affaire à un étranger, le marchand sourit discrètement en disant :
—Nous finirons Par nous entendre, M
onsieur, mais à la condition que vous me désig
nerez les articles que vous désirez autre-
ment que par leur nom.
Il lui montra alors l’article demandé en disant :
FIG, 32.-Cravate,
* FIG. 44.—Veste militaire, FIG. 33.—Ancienne veste Campagnarde
—Ceci, que vous nommez veste, nous l’appelons gilet. Et ce que vous appelez gilet, nous le nommons veste ou veston. (fig. 33- 4-35).
bé
FIG, 37—Gilet de flanelle.
FIG. 35.—Veston,
REOTIFICATION DU VOCABULAIRE 45
est garni de petits goussets dans lesquels on loge la montre, de menus petits objets et de la monnaie. (fig. 36).
GILET DE FLANELLE.—C'est le nom qu'on donne au vêtement, sorte de camisole de laine fine, d’un tissage serré, qui se porte sur la peau. (fig. 37).
—Au Canada, dit M. Laurent, nous nommons corps, indistincte-
ment, toutes les sortes de vêtements qui se mettent sous la che-
mise.
CORPS.—En terme de mercerie ce mot n'est pas français. On désigne ce que nous appelons corps par le mot
TRICOT.—C'est un tissu à mailles serrées et élastique, en soie, en fil, en laine ou en coton, dont on fait des vêtements de dessous. (fig. 38, 39).
Lorsque M. Laurent cit reçu ces explications, il s’excusa auprès du marchand :
—Je vous demande pardon de la peine que je vous donne, mais je viens du Canada où ces pièces de vête- Rare eee as ments portent des
noms différents.
Vous n’avez pas besoin de vous excuser, Monsieur, répondit le marchand. Si j'allais dans votre pays, je commettrais inévitablement les erreurs que vous commettez ici, et j'aurais besoin de l'indulgence de vos marchands, qui, j'en suis convaincu, ne me la refuseraient pas.
Ces paroles courtoises mirent M. Laurent à l'aise, et il demanda au marchand, à titre de service:
— Pourriez-vous, Monsieur, me céder une étampe de cinq sous ?
Comme le marchand le regardait d’un air interrogateur, M. Laurent expliqua :
—C'est pour étamper une lettre.
—Etamper une lettre?
F16. 39.— Tricot (sweater).….
Voyant qu'il n’était pas compris, M. Laurent ajouta :
—Je prononce mal, sans doute ; peut-être devrais-je demander une estampe ? -
Et M. Laurent tira de sa poche une lettre sous enveloppe dont la suscription était écrite.
Le marchand devina :
—Ah! un timbre-postel... Avec plaisir, Monsieur.
Ce nouvel incident permit à M. Laurent d'ajouter ce qui suit à ses notes :
ETAMPE.— Cest une pièce de fer, gravée en creux ou en relief, destinée à produire des anpreintes sur les métaux, à froid et à chaud. On appelle également étampe tu: outil de forgeron, de serrurier, etc. Dans tout autre sens, ce mot n’est pas français sous forme de substantif, C’est un temps du verbe étamper.
ETAMPER.—v. tr.—C'est Percer des trous évasés, à l’aide de l’'étampe, dans du métal, Le maréchal-ferrant qui pratique des trous dans un fer à cheval fait un étampage. :
ESTAMPE.—C'est une image imprimée d’après une gravure sur cuivre, sur acier ou sur bois.
ESTAMPER.—C'est imprimer en relief ou en creux sur du métal, du cuir, du carton, du papier.
Les couvertures de livres pour distribution de prix, les plats de livres ornés d’écussons où d’autres ornements, les chiffres en æelief que l’on applique sur le papier à lettre, etc., sont des estampages faits à l’aide d'étampes ou matrices. ESTAMPILLE.— Cest une sorte de timbre, qui se met sur des
brevets, des livres, des lettres, etc. Ce cachet rouge ou or qui
“est appliqué sur les certificats délivrés aux étudiants à la fin
de leurs études, ou sur certaines pièces administratives, est une estampille. C’est aussi, par extension, la signature ou la marque qui atteste l'authenticité d’un ouvrage, d’un produit, afin d’en prévenir la contrefaçon.
TIMBRE-POSTE.—C'est la marque imprimée que l’on colle sur les lettres pour les affranchir. Se nomme fimbre tout court lorsqu'ii ne peut y avoir d’équivoque possible, ue
dec :
“Mettez un timbre sur cette lettre et jetez-la à la boite. (Sous
entendu boîte aux lettres).
Pendant que M. Laurent recevait ces explications, madame examinait les vitrines. Elle découvrit des jouets. Désirant faire un cadeau à la fille de sa concierge, elle demanda en désignant l'objet qu’elle avait choisi:
—Quel est le prix de cette catin?
—Huit francs ($r.60) toute habillée et 5 francs ($1.00) nue.
—Donnez-m'en une habillée.
Et pendant que le marchand enveloppait l'article :
—Me permettrez-vous, Madame, une petite observation ?
—Certainement.
— L'article que vous venez de choisir n’est pas une catin, c’est une poupée.
CATIN.—Se dit d’une personne de mauvaise vie. Pour désigner le jouet favori des petites filles, catin s'emploie pour une poupée laide, informe et d’un prix ne dépassant pas quelques
Er sous. La catin est la poupée des r10.41.-Poupée enfants pauvres; c’est un jouet
vulgaire, en carton-pâte, nommée aussi poupard; (fig. 40) la
catin est souvent faite de chiffons ficelés.
POUPEE.—C'est le jouet fini, parfois très luxueux et très cher. (fig. 41). On saisira mieux la différence qui existe entre ces deux termes par un exemple: Deux petites filles, une riche et une pauvre, jouent dans un jardin public. La première, avec la cruauté de son âge, dit à la seconde: — Moi, j'ai une belle poupée; toi, tu n’as qu’une catin. — Et c'est vrai.
BEBE.—Certaines poupées sont désignées dans le commerce sous le nom de bébés, Ces jouets diffèrent des autres par la fabrication. Le bébé a la tête plus grosse et un visage d'enfant; le
Corps, au lieu d'être fait d'étoffe ou de Peau, bourré de son ou de sciure de bois (appelé ici bran de scie) est fait de cartonpâte vernissé, et a les membres articulés. Ordinairement les bébés ferment les Yeux lorsqu'on les couche horizontalement, et ils disent papa et maman à l’aide d’une soufflerie intérieure. La différence dans le terme est subtile pour les acheteurs. Elle n’a de valeur que pour les commerçants. Appeler poupée un bébé, et bébé une poupée, est une erreur très légère. Ce n'est pas une faute.
Rentrés chez eux, M. et Mme Laurent se mettent à table avecappétit. Justine s'empresse à les servir.
—Ah! ah! fait M. Laurent avec satisfaction, voilà une soupequi n’est pas méchante! Û
—Ce qui veut dire, observe Justine, que Monsieur la trouve bonne, alors qu’elle pourrait être mauvaise.
—Je la trouve excellente, Mais je suppose que votre obserya-
tion m’avertit d’une nouvelle faute,
—Précisément, et même de deux... D'abord, ce que je viens de vous servir n’est pas une Soupe, mais un potage.
SOUPE.—La soupe est un aliment composé de bouillon gras où maigre, auquel on ajoute des tranches de pain qu'on laisse trem.. per : Une soupe grasse, une Soupe maigre.
POTAGE.—Comme la soupe, le potage est un aliment composé de bouillon gras ou maigre, mais sans pain. Le pain est remplacé par des pâtes ou toute autre substance alimentaire: Po. tage gras, potage maigre.
La soupe est plus démocratique. Les Pauvres gens, qui n’ont souvent que le contenu de la soupière pour faire un repas, font. une soupe au pain très épaisse.
MECHANT, MECHANTE.—adj —Qui est dépourvu de bonté,. qui est enclin à faire le mal: — Un méchont homme.
Qui exprime la méchanceté: — Un regard méchant.
Qui est maliciewx,-mordant: — Un écrivain méchant.
Qui est désagréable, fâcheux, mauvais en son genre: Un méchant écrivain.
Bien que dans certains cas méchant soit synonyme de mauvais, il faut se garder d'employer l’un pour l’autre.
Ainsi une chose désagréable ou -uisible est mauvaise, elle n’est pas méchante. S'il pleut ou s’il vente, on doit dire que le temps est mauvais, non que le temps est méchant. Si le potage ou la soupe a un goût de fumée, on dit qu’il est mauvais, qu’elle. est mauvaise, non qu'il est méchant, qu'elle est méchante.
Lorsqu'il s’agit de propos fondés désavantageux à la réputation d’une citoyen ou d’une entreprise, on ne dit pas: il court de méchants bruits, mais il court de mauvais bruits. Les méchants bruits seraient des propos calomniateurs.
MAUVAIS, MAUVAISE.—Adj.—Mauvais, comme méchant, exprime encore ce qui est désagérable, fâcheux, désavantageux, dangereux : — Un mauvais esprit. — Une mauvaise nature. — Un mauvais coeur. Mais il ne faut pas dire :—méchant esprit, —
méchante nature, méchant coeur.
Ce qui est dépourvu de qualité, de talent, d’habileté, de savoirfaire, se qualifie de mauvais et non de méchant : Un mauvais chanteur, un mauvais juge, un mauvais ouvrier. On conçoit fort bien qu’un mauvais ouvrier, c'est-à-dire un ouvrier inhabile, peut être un bon, un excellent homme.
De même pour exprimer un état de santé défecteueux, une faiblesse de la vue, une plante funeste à la culture, un chien hargneux, une mer très agitée, un livre dangereux, etc., on emploie mauvais: Mauvaise santé, mauvaise vue, mauvaise herbe, chien mauvais, mer mauvaise, mauvais livre, etc.
Substantivement.—Toute personne qui se plaît à faire le mal ou qui se réjouit de le voir faire; tout ce qui indique la méchanceté ou la perversité se traduit pas méchant. C'est un méchant, une méchante.
Le mot méchant change de signification selon la place qu'il occupe avant ou après certains substantifs: De méchants vers, une méchante épigramme, ce sont des vers, une épigramme mé-
diocres au point de vue de l’art ; des vers méchants, une épigramme méchante, contiennent du fiel, rendent odieux ou ridicule celui qui est attaqué.
M. Laurent a souvent besoin de faire des courses en voiture. 11 a eu le soin de s'assurer les services du même cocher. Il le prend un jour et lui dit avant de partir:
—11 faut que j'aille aujourd’hui à Saint-Germain; mais avant «2 prendre le train j'ai quelques courses pressées à faire, et vous m’obligerez en allant vite.
—Entendu.
M. Laurent fait ses courses. Celles-ci terminées, il remonte en voiture en disant:
—Et maintenant, au dépôt.
Comme il a dit au cocher qu'il devrait aller à Saint-Germain, localité historique située à cinq lieues de Paris, il croit que son dernier ordre est suffisant.
La voiture se met en marche à une belle allure et s'arrête devant un sombre monument.
—Eh bien, fait M. Laurent, qu'est-ce qui vous empêche de marcher ?
—Nous sommes arrivés.
—Arrivés?.... Où ça?
—Au Dépôt. ©
—Voyons, nous ne nous comprenons pas. Je vous ai dit de me conduire au dépôt pour prendre le train de Saint-Germain.
—Ah! vous auriez dû me dire à la gare. Vous m'avez dit de vous conduire au Dépôt, et je vous ai conduit au dépôt de la préfecture, le seul dépôt que l’on connaisse à Paris.
Comme il y a des trains pour Saint-Germain toutes les heures le retard n’était pas bien préjudiciable à M. Laurent. Il profita
de ce loisir inattendu pour questionner son cocher et il apprit ce qui suit:
DEPOT.—Lieu où l'on dépose des marchandises: — dépôt de papiers; où l’on met des objets en garage: — Je dépôt des petites voitures; établissement public où l’on nourrit les mendiants en les obligeant au travail: — dépôt de mendicité, etc. C’est aussi l'endroit où l’on dépose, à la Préfecture de police, immense poste central, toutes les personnes arrêtées en attendant que les juges d’instrntion aient statué sur leur compte.
Lorsque l'on veut se rendre à l’un de ces dépôts on le désigne spécialement: — “Conduises-moi au dépôt des cristallerics de Baccarat.” Mais à Paris, lorsqu'on dit Dépôt tout simplement, on sous-entend toujours le dépôt de Préfecture.
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FIG. 42. Gare,
GARE.—Point de départ ou d’arrivée d’une ligne de chemin de fer. Il peut y avoir d’autres gares sur le parcours de la ligne. Les gares sont des constructions en partie couvertes, possédant plusieurs voies de garage et ayant à leur disposition un matériel roulant suffisant pour former des trains supplémentaires ou ajouter des wagons en cas de besoin. Les gares ne sont établies que dans les localités importantes. (fig. 42).
STATION.—Les stations sont de petites constructions devant lesquelles les trains font des arrêts de courte durée. Situées dans les petites localités, elles servent à abriter les voyageurs. Là, on leur délivre des billets de parcours. Elles n’ont pas, comme les gares, de wagons ni de locomotives disponibles. (fig. 43). Si un Canadien, attardé dans une petite localité, en France, de-
mandait où est le dépôt, on lui répondrait par une question:
nt
—Le dépôt de quoi?
—Le dépôt pour prendre le train de Paris.
— Ah! bien. C'est la station que vous voulez dire. Et on lui fournirait le renseignement, mais on dirait alors la station et non la gare.
M. Laurent vient d'assister à une audience de la cour d'assises, Le défenseur, Maitre X..., était une des célébrités du barreau, Grâce à un plaidoyer émouvant et savant, il avait réduit l’accusations à néant et enlevé un acquittement.
M. Laurent fait part de ses impressions à sa femme :
—Non, tu ne peux pas t'imagnier comme il a bien avocassécette cause-là! C’est au point que le discours de l'avocat de la couronne et la charge du juge n’ont produit aucun effet sur les jurés... Justine, fit-il en s’interrompant, comment nomme-t-o:1 ici celui que nous appelons
AVOCAT DE LA COURONNE — c'est-à-dire celui qui est chargé: de soutenir l’accusation ?