‹ Recueil choisi de traits historiques et de contes morauxChapitre 100 sur 148 · CHARLOTTE DE MECKLENBOURG-STRÉLITZ, REINE D'ANGLETERRE · texte numérisé non relu

CHARLOTTE DE MECKLENBOURG-STRÉLITZ, REINE D'ANGLETERRE

Cette auguste princesse, cet assemblage de perfections, 66 promenait en voiture dans les environs de Windsor, lorsqu'elle fut surprise par un orage au milieu de la campagne. Elle aperçoit, à quelque distance, une petite maison couverte de chaume ; elle s'y rend, et ne dédaigne pas d'entrer dans cette chétive cabane. Quel spectacle pour l'âme compatissante de sa majesté ! Elle voit, d'un côté, une mère entourée de cinq ou six petits enfants ; ces tristes victimes de la misère étaient presque nues : de l'autre, un père malade étendu sur un misérable grabat. Ce tableau, qui offre à cette souveraine ce que la nature humaine, dans ses deux extrémités, a de plus intéressant et de plus touchant, l'émeut aussitôt. La reine approche du malade, interroge ces pauvres gens avec autant de douceur que de bonté, demande même à goûter leur pain, et apprend que depuis près de deux mois ils sont réduits à l'état où sa majesté les voit. Ce n'est pas assez pour cette princesse généreuse de leur

Se promenait en voiture was ridingf environs neighbourhood, lorsqu* when, surpiise overtaken, orage storm, milieu midstf campagne country, aperçoit perceives, couverte de chaume thatched, rend repairs, chétive mean, cabane cottage, quel tohat, compatissante feeling, voit sees, côté side, entourée surrounded, petits smally tristes sad, presque almost, nues naked, malade t//, étendu lyingf misérable wretched, grabat bed, tableau picture^ touchant affecting, émeut moves, aussitôt immediately, malade patient, interroge questions, gens people, autant as much, douceur mildness, bonté good-nature, même even, goûter to taste, apprr^nd learnSf depuis sincef près neaTf mois months, état sitiMtion, assez

faire distribuer sur-le-champ des secours en argent ; elle ordonne qu'on leur fournisse tout ce qui est nécessaire pour les faire vêtir et subsister : puis, jetant des yeux attendris sur le plus jeune de ces enfans, elle déclara qu'elle se chargerait de lui, et qu'elle en ferait prendre soin. On ne peut qu'être pénétré d'admiration au récit de tous les actes de charité de cette illustre reine, qui se plaisait à aller incognita visiter les pauvres des environs de la capitale, et à régler les secours qu'elle leur fournissait sans cesse. Si un homme pouvait être immortel, il le serait par la douceur d'ime si vertueuse épouse. Fidèle à ses devoirs, elle marcha au milieu de sa maison dans la paix et l'innocence. Mère tendre, maîtresse compatissante, sensible, et généreuse, elle fit le bonheur de tout ce qui l'environnait. Simple dans sa parure, son plus cher ornement était sa famille. Quel amour pour ses enfants ! gravant elle-même dans leurs jeunes cœurs les qualités de bon chrétien, et de vertue\ix citoyen, elle leur apprit à devenir un jour, par leur amour, par leur accueH aisé et gracieux, plutôt les pères que les maîtres de leurs sujets. Quel respect, quelle prévenance, quelle tendresse, envers le roi son auguste époux ! Attentive aux moindres signes de sa volonté, elle étudiait et devinait ses inclinations, pour les suivre ou les prévenir. Par la sérénité de son front, par la douceur secrète de ses paroles, elle dissipait souvent les nuages d'un esprit tout occupé de la prospérité du royaume.

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instances de Tînconnu qui Pinterrogeait. " Ce paquet " renferme quelques bardes de ma malheureuse more," répondit cette jeune fille à l'empereur, qui lui était inconnu; "je vais les vendre: c'est," ajouta-t-elle en pleurant, " la faible et dernière ressource qui nous reste " pour subsister toutes deux : nous n'aurions jamais dû '' nous attendre à im pareil sort. Si mon père, qui a " versé tant de fois son sang pour la patrie, vivait encore, '' ou s'il avait obtenu les récompenses dues à ses services, " vous ne me verriez pas dans cet état." — " Si l'empe- " reur," lui répondit le monarque attendri, " connaissait "vo« malheurs, il les adoucirait. Vous devriez lui " présenter un mémoire, et employer quelqu'un qui lui " exposât vos besoins. N'êtes vous connue de personne " qm pusse lui recommander votre affaire ?" La jeuno fille lui nomma un de ces courtisans qui promettent et qm oublient avec la même facilité, qui, depuis longtemps, E^éUit chargé de la recommander, sans avoir pu, duût-Q, lien obtenir. L'inutilité de ses démarches avait même mspiré à la jeune personne des idées désavantageuses de k générosité de l'empereur, et elle ne le dissimula point. « On vous a trompée," lui répliqua le pnnce, en cichaat son émotion: "je puis vous assurer " que, n l'emperwir avait su votre situation, il y aurait apporté lemede. Il n'est pas tel qu'on vous l'a dépemt. Je le connais ; il aime trop la justice pour laisser penr k veuve et la fifle d'un offici.r qui l'a "bien servi. U faut aUAnnent avoir recours à lai

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'' Faites tin mémoire; apportez*le-moi demain au château " en tel endroit et à telle heure. Si tout ce que vous " dites est vrai, je présenterai moi-même le mémoire à "l'empereur, j'appuyerai votre demande, et j*ose croire " que vous en obtiendrez justice." La jeune personne, en essuyant ses larmeS; se répandait en protestations de reconnaissance pour le seigneur inconnu, quand il ajouta : " Il ne faut cependant pas vendre les hardes de votre "mère; combien comptiez-vous en avoir?" — "Six "ducats," répondit-elle. — "Permettez que je vous en " prête douze, jusqu'à ce que nous ayons vu le succès de " nos soins." A ces mots, ils se séparent. La jeune fille court porter à sa mère les douze ducats avec les hardes, et lui fait part des espérances qu'un inconnu, qu'un ange de Dieu, qu'un seigneur de la cour, qu'un ami de l'empereur, vient de lui donner. A la description qu'elle fait, à la physionomie qu'elle peint, au discours qu'elle rapporte, la mère, ou quelqu'un qui était présent, reconnaît l'empereur. Epouvantée de la liberté avec laquelle elle a parlé à l'empereur de lui-même, elle ne peut se résoudre à aller le lendemain au château. Ses parents l'y entraînent. Elle arrive tremblante; elle voit son souverain dans son bienfaiteur, et s'évanouit. Cependant le prince, qui lui avait demandé la veille le nom de son père, et celui du régiment dans lequel il avait servi, avait pris des informations, et avait trouvé que tout ce qu'elle lui en avait dit était vrai. Lorsqu'elle fut revenue à elle-même, l'empereur la fit entrer dans son cabinet avec les parents qui l'avaient accompagnée, et lui dit de la manière la plus obligeante: "Voilà, " mademoiselle, pour madame votre mère, le brevet d'une "pension égale aux appointemens qu'avait monsieur

château patace, appuyerai support, ose dure, essuyant drying, se répandait en loas making, reconnaissance gratitude, comptiez did thinkf prête lend, jusqu^à ce que until, ayons hâve, vu seen, soins care, court runs, fait part acquaints, espérances hopes, vient de donner had just given, rapporte relates, reconnaît knows^ épouvantée frightened, peut can, lendemain neœt day, entraînent carry, voit sees, s'évanouit faints, veille day before, pris taken, trouvé found, revenuç reoovered, fit ordered, cabinet closet^ voilà

*' votre père, dont la moitié sera réversible sur vous, si " vous avez le malheur de la perdre. Je suis fâché de "n'avoir pas appris plutôt votre situation; j'aurais " adouci votre sort. Je prie madame votre mère et "vous de me pardonner le retard qui vous a mises " dans l'embarras. Vous êtes convaincues qu'il était " involontaire de ma part : et, si quelqu'im à l'avenir " vous dit du mal de moi, je vous demande seulement de

" prendre mon parti." Ce prince parcourait souvent

les rues de Vienne dans im cabriolet qu'il conduisait lui-même. Un jour en traversant une place, il renversa la boutique d'une marchande d'herbes et de légumes, qui, ne le connaissant point, lui débita mille injures, en ramassant ses choux et ses carottes. A peine l'empereur fut-il de retour au palais, qu'il envoya une douzaine de ducats à cette bonne femme, en disant: "Je pense " qu'elle aura lieu d'être contente ; je répare le tort que "je peux lui avoir fait, et je lui ai donne tout le temps " de pester à son aise contre moi."

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