‹ Recueil choisi de traits historiques et de contes morauxChapitre 102 sur 148 · LOUIS XVII · texte numérisé non relu

LOUIS XVII

Ce jeune prince, né en 1785, au sein de la puissance et des honneurs, élevé d'abord avec tous le* soins dus à son rang, mais tout a coup déchu de sa grandeur, jeté dans les fers, gouverné par de vils mercenaires, imbu d'une affreuse morale, et enfin mort dans la prison du Temple à dix ans, doit faire sentir à tous les jeunes gens, d'une manière très frappante, la dégradation, la misère horrible d'un sujet abandonné et privé de culture.

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t)ès que le jeune Louis fat en état de parler et de distinguer les objets, les maîtres les plus habiles furent inandes de toutes parts afin de travaiUer à son instruction. La Vie du Duc de Bourgogne, son oncle, écrite d'une manière aussi simple que véridique, fut le premier livre dont il entendit la lecture. Les matières étaient à la portée de son intelligence naissante ; il y sourit, il y prit tant de plaisir, qu'il apprit bientôt aussi à lire lui-même. Tant d'exemples de vertus naïves et précoces développèrent insensiblement dans le cœur de ce prince, encore enfant, le désir de l'instruction et le goût des choses honnêtes. Telle était son émulation, qu'ayant demandé à voir le portrait de son jeune oncle, il le baisa de tout son cœur, et répéta plusieurs fois : " Comment " faisait donc mon petit oncle, pour avoir tant de science " et de sagesse à son âge ? '*

Louis XVI. sans cesse occupé de la prospérité de son royaume, remarquait avec plaisir l'heureux naturel et les bonnes dispositions du jeune Dauphin. Outre les leçons que son fils recevait de ses maîtres, ce tendre père se plaisait à lui en donner lui-même, dans ses moments de loisir, tantôt sur les langues, tantôt sur l'histoire. Particulièrement versé dans la géographie, dont il faisait ses délices, et connaissant jusqu'aux moindres bourgs de son royaume, il avait grand soin d'enseigner, presque tous les jours, cette dernière science à ses enfants. Il dressait exprès des cartes générales et particulières à cet effet ; il les enl\uninait avec beaucoup de goût et de précision; et elles étaient si claires, si exactes, si distinctes, que le jeune prince apprit, en quinze mois, tout ce qu'il était possible de.

en état able, habiles skilful, mandés sent for, afin de in order to, travailler labour, écrite written, simple pîam^ véridique true^ entendit heard, lecture reading, à la portée within reach, naissante risinff, sourit smiled, prit took, tant so much, apprit leamt, ainsi thusy naïves natural, précoces forward, encore y et, goût reîish, telle suchy baisa kissed, faisait did, science leaming, sage^e wisdom, sans cesse xncessantly, outre besides, plaisait delighted^ tantôt sometimes, jusqu^aux even^ moindres leasl, bourgs countrjf towns, presque almost, dressait drew, exprès on purpose, enluminait coioured, aride barren, à dessein in order^ élève pupil, mena

savoir à son âge, dans une science aussi aride que celle de la géographie.

A dessein de juger des progrès de son élève, le roî le mena un matin assez loin du château de Bambouillet. Lorsqu'il fut en pleine campagne, son papa lui dit : " Mon ami, je pense bien que tu auras toujours " assez de monde pour te servir et te conduire par- '* tout oii tu voudras aller ; mais enfin on ne sait " pas ce qui peut arriver. Je me suis perdu souvent " moi-même, faute de savoir m'orienter ; il peut t'en ''arriver autant, soit à la chasse, soit en d'autres ''occasions, et il est honteux pour un propriétaire " de s'égarer au milieu de ses domaines. Tu connais "les quatre points cardinaux. Voyons comment tu " vas te tirer d'affaire. Voici ma boussole : tu con* " nais bien l'exposition du vieux château ; prends la " route que tu jugeras convenable : moi, je vais aller " par une autre, et je te donne rendez-vous au vieux "Eambouillet."

C'était la première fois que le jeune Dauphin était seul et sans guide, du moins il le crevait ; mais de peur d'accident, on avait donné ordre a des domestiques déguisés en paysans, de le suivre ^e loin et de le surveiller.

Le début du petit géographe n'était point facile, parc^ que le soleil était caché par des nuages fort épais. Vingt fois il s'écarta du vrai chemin, et il s'y remit toujours à-peu-près à l'aide de sa boussole ; enfin, après avoir erré quatre ou cinq heures, il se trouva dans la direction du rendez-vous, à un mille et demi de distance à sa gauche. H arriva à travers les vignes et les haies,

iookf assez loin at some distance, pleine campagne open country^ auras will hâve, conduire accompany, partout où Ufherever, voudras taishest, arriver happen, suis ?iave, perdu lost, faute for wani, orienter io guide, soit whelher, honteux ahamtful, propriétaire landholder, égarer to îose, domaines demesnes, connais knowest, voyons let us see, tirer d'affaire extricate, boussole sea~ compassy prends take, route road, jugeras wili think, du moins at hast, croyait thought, suivre follow, surveiller watch, débat heginning, caché hidden, nuages clouds, épais thick, s'écarta parted, s'y remit recovered t/, erré wandered, gauche ieft, à travers

et tout couvert de sueur, à Tendroît convenu, sans avoir demandé son chemin à personne.

Le temps du dîner était passé de beaucoup ; le roi commençait à être fort en peine. Du plus loin qu'il aperçut son fils à l'aide d'ime lunette, il courut à lui, et lui dit en riant : " Mon cher ami, je te croyais perdu ! " "Papa," répondit le Dauphin, avec autant de grâce que d'esprit, " est-ce que mon cœur n'incline pas vers '' vous bien plus sûrement encore que ma boussole vers «le pôle du nord?"

Le jeune prince, ainsi que son père, aimait beaucoup le jardinage. Afin de l'encourager à l'étude, toujours si pénible à l'enfance, on lui donna une jolie petite bêche, un râteau, des arrosoirs, et d'autres ustensiles nécessaires au jardinage. Encouragé par un présent si conforme à ses désirs, il apprit bientôt à lire et à écrire, et il fit plus de progrès en un mois, qu'auparavant en une année entière.

Un seigneur de la cour le voyant un jour bêcher son petit jardin, au point que les gouttes de sueur lui découlaient du front, lui dit : " \oub êtes bien bon, mon- " seigneur, de vous tourmenter ainsi ! Que ne parlez- " vous ? Un jardinier vous fera cette besogne en un " instant." " Cela se peut," répliqua le prince ; " mais " les fleurs que je veux faire croître moi-même, seraient «moins agréables à maman, si elles étaient cultivées "par un autre."

En effet, après avoir cultivé et fait venir ses fleurs, il ne manquait pas de les cueillir à mesure, tous les matins, aux beaux jours du printemps, il formait des bouquets de violettes mêlées de pensées, et il s'empressait de les poser sur la toilette de sa maman

aeross, haies hedgee, sueur perspirathn, convenu agreed upoti, demandé inquired for, passé over, beaucoup much, commençait began, en peine uneasy, loin far, lunette télescope, courut ran^ riant smiling, jardinage gardening, arrosoirs UftUering-potê, seigneur de la cour courtier, bêcher dig, au point «o, gouttes drops, découlaient ran, que tvhy, besogne business, se peut ma^ 5«, croître groa, manquait did fait, cueillir gather, printemps spring, bouquets nosegays, pensées hearisedse, s^empressait was eager^ levée

avant qu'elle fut levée. Charmée de ces prévenances, la reine lui dit un jour : " Mon fils, pourquoi donc ne " mettez- vous point de soucia dans vos bouquets ? ** " Ah ! maman !" lui répliqua aussitôt Tenfant, " n'en " avez- vous pas déjà assez d'ailleurs ? " Cette princesse, qui était fort sensible, fut tellement frappée de Tà-propos de cette réponse, qu'elle se trouva mal en serrant son fils contre son sein.

Par une injustice inconcevable, lorsque les enfants des princes commettent quelque faute, ce n'est pas eux que Ton punit directement. Le Dauphin était à la promenade depuis quelque temps, et c'était l'heure de l'étude. Son précepteur lui dit de rentrer ; au lieu d'obéir, il demanda l'heure à un page. S'étant saisi de la montre, il la jeta aussitôt dans un bassin rempli d'eau ; puis, ilsse mit à rire, et de son espièglerie et de l'embarras du pauvre page, à q»ai il répétait : "Oh ! je t'as- " sure, mon cher Darmincourt, qu'elle boit un bon coup '* à présent!"

De retour au château, le faible Mentor, au lieu*de punir son élève, mit sottement Moufflet en pénitence à sa place ; c'était un joli petit chien qui avait appartenu à son frère défunt. Moufflet, fort étonné du traitement, se mit à grogner, et gratta à la porte d'une manière trèsimportune. On allait fouetter Moufflet. " Quoi donc ! " observa le jeune prince dans la rectitude de son cœur ; " ce n'est pas Moufflet qui a fait le mal, ce n'est pas " Moufflet non plus qu'il faut punir."

Cela dit, le Dauphin pria en grâce qu'on délivrât son chien, et il le fut sur-le-champ. S'étant pour lors mis aux arrêts, à la place de Moufflet, il y resta deux heures

«p, prévenances attentions^ soucis marigolds,* d'ailleurs besides, frappé struck, à-propos suitableness, se trouva mal fainted, serrant pressing, sein bosom, à la promenade walking, depuis /or, rentrer corne in, mit began, rire laugh, et both, espièglerie childish tricky coup draught, sottement foolishlg, défunt late, se mit began, grogner grumbicy gratta scratched, importune troublesome, fouetter beat, mal harm, délivrât might be set at iiberty, sur-le-champ

♦ The French word souci means also cares, troubles, &c.

de son plein gré ; voulant ensuite réparer le dommage qu'il avait fait en jetant la montre dans l'eau, il donna au jeune page la sienne, qui était bien plus belle et plus riche ; de sorte que celui-ci en eut deux, car il avait déjà fait repêcher celle qu'il avait perdue.

Que ne devait-on pas espérer d'un enfant déjà susceptible de tant de raison et de justice, et cela dans un rang où l'on se croit tout permis ? Mais les rêvera peu mérités qui vinrent fondre tout à coup sur sa famille malheureuse, empêchèrent le développement des germes heureux que l'éducation cultivait tous les jours dans son cœur.

Précipité du haut de son trône, pour être jeté dans la prison du Temple, Louis XVI. se vit privé des moyens d'élever son fils et sa fille comme il le désirait. Cependant, afin de se distraire dans sa captivité, et de cramte surtout que ses enfants n'oubliassent ce qu'ils savaient, il les instruisit autant que sa triste situation le lui permit. Il demanda un recueil d'excellents livres de littérature, et des atlas très bien enluminés, et il se mit à voyager sur la carte avec ses chers élèves. Tantôt il leur faisait lire des morceaux choisis des orateurs et des poètes ; tantôt il cultivait leur mémoire, en leur faisant apprendre des scènes de Corneille et des fables de La Fontaine.

Le Dauphin avait une très bonne mémoire ; elle était si bien exercée, qu'il savait par cœur plusieurs centaines de vers, et qu'il les récitait sans faire une seule faute. On lui a entendu déclamer souvent le poëme de Philémon et Baucis, dont le commencement renferme une moralité qu'il ne sentait déjà que trop dans une jeunesse si tendre :

Ni Tor ni la grandeur ne noiis rendent heureux :

Ces deux divinités n*accordent à nos vœux

Que des biens peu certains, qu*un plaisir peu tranquille ;

Des vautours dévorants c^est Tétemel asyle.

Clebt, qui n'a jamais voulu quitter le roi pendant sa

immediately, plein gré good mll^ de sorte «o, fait repêcher recùveredy revers misfortunea^ vinrent fondre /e//, empêchèrent hi.tderedy développement unfolding, germes shoots, précipité huried, élever educating, désirait wishedy distraire divert, recueil collection^ renferme coniains^ sentait felt^ a voulu would^ rapporte relates^ soir

captmté, rftpporté nn trait du jeûne Dauphin qui protnre bien la bonté de son cœur et sa sensibilité. " Un soir," dit-il, " après avoir couché cet aimable prince, je me re- '^ tirais pour faire place à la reine et aux princesses qui *' venaient l'embrasser et lui donner le bon soir dans son / lit. Madame Elisabeth, que la vigilance des munici- / paux avait empêchée de me parler, profita de ce mo- " ment pour lui remettre une petite boîte de pastilles " d'ipécacuanha, en lui recommandant de me la donner, " lorsque je reviendrais. Les princesses remontèrent '' chez elles ; le roi passa dans son cabinet, et j'allai *' souper. Je rentrai vers onze heures dans la chambre " du roi, pour préparer le lit de sa majesté ; j'étais seul ; " le jeune prince m'appela à voix basse ; je fus très sur- " pris de ne pas le trouver endormi, et craignant qu'il "ne fût incommodé, je lui en demandai la cause. — " * C'est,' me dit-il, * que ma tante m'a remis une petite " boîte pour vous, et je n'ai pas voulu m'endormir sans " vous la donner; il était temps que vous vinssiez, car mes " yeux se sont déjà fermés plusieurs fois.' — Les miens " se remplirent de larmes ; il s'en aperçut, m'embrassa, " et deux minutes après il dormait profondément."

Louis XVI., bon roi, bon mari, bon père, ne jouit pas long- temps du doux loisir qui lui restait dans Texcès du malheur ; son heure fatale était sonnée, et il fut forcé de dire un étemel adieu à ce qu'il avait de plus cher.

Quelle différence frappante il y a dans un enfant surveillé par un bon père, et celui qui a perdu ce précieux soutien de sa faiblesse ! Selon les décrets du gouvernement révolutionnaire, le jeune héritier d'un des plus beaux royaumes de l'Europe fut privé de la compagnie de sa mère, de sa sœur, et relégué dans une chambre

eveningy couché put to bed, faire place ffive room, donner wish, empêchée hindered, profita took advantage, remettre give, pastilles lozenges, donner deliver, reviendrais came back, remontèrent went up, chez elles to their apariments, rentrai retumed, basse hw, endormi asleep, cr&lgnàntfearing, qu'il lestke, incommodé indisposedy remis ^v^n, m'endormir go to sleepy car /or, fermés elosed, profondément soundly^ jouit dii enjog, sonnée corne, dire bid, frappante striking^ surveille watched^ soutien support, ^iblesse weaJbness,

séparée de toutes les autres. Par une barbarie bien plus atroce, il n'eut plus d'instruction, et l'on mit auprès de sa personne un savetier nommé Simon, non moins ignorant qu'inepte et grossier.

Simon, devenu Mentor du jeime prince, répondit parfaitement à l'esprit et aux ordres des dominateurs de ces temps désastreux. 11 s'évertua à démoraliser complètement son élève ; il lui inspira, autant qu'il le pût, un profond mépris pour les auteurs de ses jours ; il vint à bout de lui persuader que la science est un inutile fatras ; il lui fit apprendre fort gravement les choses les plus absurdes ; et de plus, il lui fit chanter les chansons les plus indécentes.

Pour peu que le malheureux disciple témoignât de répugnance, le pédagogue révolutionnaire le tançait avec rudesse ; il l'accablait d'injures. Comme le jeune prince aimait beaucoup à être mis avec propreté, Simon, afin de le contrarier, le punissait par-là même. Lui supposant aisément et des fautes et des griefs, il habillait ce pauvre innocent comme un ramoneur ; il le couvrait de vieux haillons, lui faisait mille avanies, et se moquait de son abaissement.

Faute de bons exemples et de culture, les meilleurs naturels se détériorent et se corrompent en peu de temps. Ce fut alors que l'on put juger de la différence qu'il y a entre une bonne et une mauvaise éducation ; entre des maîtres éclairés et des rustres sans lettres. Instruit auparavant, désireux d'apprendre, prévenant, aimable, s'exprimant en termes choisis, portant en tout l'empreinte de l'urbanité et de la politesse, le jeune prince oublia peu à peu ce qu'il avait été jusqu'alors. A force

relégué banished, savetier cobbler, inepte unfii, grossier rude, devenu become, dominateurs ruiers, évertua e.rerted, démoraliser demoralize, put could, mépris contempt, vint à bout succeeded, fatras irashy de plus moreover, pour peu que however little, témoignât showed, tançait rebulced^ accablait loaded, aimait beaucoup toas veryfondy mis dressed, ramoneur chimney-sweeper, haillons rays, avanies insulta, se moquait laughed, abaissement disgrâce, se détériorent are spoiled, éclairés enlightened, rustres churU, portant displaying, empreinte marks, oublia forgot, peu à peu little by

d'entendre des lïiots grossiers, il n*en trouva plus d'autres pour s'énoncer ! Il devint inappliqué, insouciant, peu sensible ; en un mot, il ne différait presqu'en rien des hommes ignares et brutaux qui l'endoctrinaient.

L'abandon et la misère où se trouvait l'infortuné fils de Louis XVI. révoltent l'humanité. Sous le règne d'un des plus grands scélérats de la révolution, on le laissa absolument seul, ainsi que sa sœur, et le jour et la nuit. Quoique ce malheureux enfant fût à tous égards trop jeune encore pour se soigner, personne n'avait soin de sa prison ; on ne faisait point son lit. Sa tête et toute sa personne étaient d'une saleté dégoûtante. Ne voyant qui que ce fût, entendant seulement les voix des cerbères rôdant le long des corridors, il recevait par une petite fenêtre la portion de nourriture nécessaire pour la journée ; et le lendemain, il rendait les plats pour en recevoir d'autres de la même manière.

Il est aisé de juger quelle fut en peu de temps la situation d'un faible enfant livré si cruellement à luimême. Faute de changer exactement de linge, faute de se nettoyer et de se laver, son pauvre petit corps était rongé de vermine et couvert de plaies depuis la tête jusqu'aux pieds. Des monceaux d'ordures s'accumulaient autour de lui ; il ne respirait qu'un air fétide et corrompu ; il ne reposait plus, hélas ! que dans une malpropreté horrible. Son sang s'échauffa peu à peu ; sa santé s'altéra de jour en jour, et il contracta dès-lors, au milieu de cette fange,, une maladie à laquelle on ne porta que des remèdes tardifs et superflus.

Soit par un bienfait de la nature, soit par un secours de l'éducation, les filles sont susceptibles de soins, d'in-

littlef à force by dint, grossiers bad, énoncer express^ devint hecame^ inappliqué inattentive^ insouciant careless, ignares illiterate^ endoctrinaient instructed, abandon lewdness, scélérats toretches, soigner take care o/, saleté fiUhiness, rôdant rambling^ corridors galleries, lendemain next day^ rendait returned, livré /^//, nettoyer cleaning, rongé eaten up, plaies wounds, monceaux heaps^ ordures filth^ s*accumulaient increased, respirait breatfied, reposait rested, malpropreté JUthiness, s^échaufïa grew overhealed, s^altéra became disordered, ange dirt, porta brought, soit whether, bienfait kindness^ sut Jknew, toute alihough, comble height, balayé swepi^

dustrie, de propreté bien plutôt que les garçons. La princesse, sœur du jeune roi, n'avait pas plus de secours que son &ère ; mais elle sut se suffire à eÛe-même toute jeune encore comme lorsqu'elle était au comble des grandeurs. Dans sa prison surtout, son lit était fait et proprement arrangé dès le matin, tout était balayé jusques dans les moindre coins ; elle se peignait exactement, cousait ses bardes, savonnait son linge, et faisait elle-même* sa toilette avec autant d'adresse que si elle fût née simple particulière.

Afin de tromper l'ennui de sa captivité et de faire diversion avec le profond sentiment de ses malheurs, cette princesse dessinait et lisait tour à tour ; elle raccommodait ses robes, et travaillait à Taiguille toutes sortes de petits ouvrages. Si du moins elle avait eu avec elle son petit frère, elle lui eût servi de mère, et lui aurait certainement sauvé la vie par ses tendres attentions.

Quant à l'héritier malheureux de Louis XVI., il végétait du matin au soir dans une entière inaction, ou il ne faisait que des choses nuisibles. Lui apportait-on sa provision du jour, il mangeait en une fois ce qui devait lui servir peur quatre repas, et il se donnait de mortelles indigestions ; il renversait son eau dans sa chambre, puis il mourait de soif le reste de la journée ; il cassait les vitres, et par-là s'exposait à toutes les injures du temps ; il décarrelait sa chambre pour faire des petits palets ; il déchirait ses habits et mettait ses matelas en lambeaux à force de se rouler dessus et d'y faire des culbutes.

Triâtes et funestes suites de l'abandon et de l'indiscipline, cet enfant, si studieux près de son père, se mit à déchirer le peu de livres qui lui restaient. 11 en avait

coins corners, se peignait combed her headf cousait sewed, savonnait washedy adresse dexterity, particulière a private persan, tromper deceivedy ennui tediousness, raccommodait mended, aiguille needie, quant à as to, végétait grew, nuisibles hurtful, apportait broughtf devait ought, renversait spWed, soif thirst, cassait broke, vitres glasses, décarrelait unpaved, palets quoits^ déchirait torCy meiXBii reducedf lambeaux rags^ faSxe des culbutes twnbling^

détaché les feuillets et déchiré les plus belles estampes de Télémaque et de La Fontaine. Plus de dessin, plus d'écriture, nulle curiosité, nulle envie de lire ; aucune trace de ses notions géographiques. Tout est oublié.

Le comité du salut public (c'est ainsi qu'on nommait une partie de ces régicides qui formaient la convention nationale) avait préposé spécialement deux individus révolutionnaires à la garde du jeune prince ; il^en étaient responsables corps pour corps. Ne songeant guères à ce qui concernait son moral et sa santé, toute leur vigilance se bornait au physique de sa personne ; leurs inquiétudes à cet ég^ard étaient inconcevables. Appréhendant sans doute que le petit prisonnier ne devînt invisible, les deux mercenaires se relayaient à tour de rôle. Au milieu de la nuit même, lorsque cet innocent se livrait au sommeil et goûtait l'oubli momentané de ses misères, l'un d'eux Itd criait d'une voix de Stentor: "Capet... Capet... "Oh! Capet, oùes-tu?"

Se réveillant en sursaut, puis sautant tout effrayé de son lit, ce malheureux enfant accourait nu à la petite fenêtre ; puis, d'une voix humble et tremblante, il répondait : " Me voici ; que voulez-vous, citoyens ? " — " Te " voir," répliquait un des cerbères : " c'est bon, va te re- " coucher ! " Quoi donc ! était-ce à un chien que ces hommes adressaient ainsi la parole P ou était-ce à un faible enfant dont l'innocence et l'ingénuité adoucirent plus d*une fois jusqu'à la férocité des bêtes sauvages elles-mêmes ?

siècle désastreux ! suites amères du désordre et de l'immoralité ! Avilissement affreux d'une nation

suites conséquences, restaient remained, détaché taX:en out^ feuiUets leaveSf estampes prints, corps pour corps on their heads^ songeant thinking, guères liltle, se bornait was confined, inquie'tudes ' vncasiîiess, égard respect, appréhendant fearing, devint became^ relayaient relieved^ à tour de rôle by turns, livrait was giving vpf goûtait enjoyed, se réveillant en sursaut starting oui of liis sleep, sautant jumping, effraye' frighienedy accourait ran, nu nahed, me voici hère I am, voulez want, bon well, te recoucher to bed agair.j adressaient directed, adoucirent soflened^ jusqu'à even^ amères btUer^ avilissement abasement, sentir feeling, agiotage jd6-

généreuse t Hélas ! faute de sentir l'importance d*une éducation mâle et vigoureuse, vraie source de prospé* rite et base fondamentale des empires, oh ! quelle cruelle erreur pour les grands et les simples particuliers ! Sans mœm's, tous les ordres de Tétat se dégradent. Ce n'est plus qu'un combat d'argent, d'agiotage, de futilités, de débauches ; une lutte d'égoïsme, de bassesse, de lâcheté. Enfin, ne se battant plus que pour le choix de quelques scélérats qui veulent bien ê^e ses tyrans, le peuple Romain abâtardi devient la proie d'une soldatesque brutale ; il ne suffit plus aux impôts ; il se déchire et se démembre dans les convulsions de la rage et du repentir.

La révolution du neuf Thermidor vint enfin arrêter les assassinats commis publiquement au nom des lois. Les têtes Françaises, qui comme le bois de leurs forêts étaient en coupe réglée, cessèrent de tomber. Les prisonniers dont les principaux bâtimens de Paris regorgeaient, commencèrent a respirer, et le sort du jeune prince fut tout à coup adouci.

Dans ce nouvel ordre de choses, la voix de l'humanité osa enfin se faire entendre. On délibéra sur l'élargissement de Madame Charlotte de Bourbon, fille de la reine défunte ; il y eut de fréquentes conférences entre les agents de sa majesté l'impératrice d'Autriche et le pouvoir exécutif de France, afin de remettre la princesse prisonnière entre les mains de ses parents. Ce jour de bon« heur luit à ses yeux; elle partit pour la cour de Vienne; mais sa joie fut empoisonnée par une dernière perte bien sensible, celle du jeune prince, son frère, accablé de maux et de douleurs. Puisse cette aimable princesse oublier les peines qu'elle a soufiertes, et remonter bientôt sur un trône que ses malheurs, sa patience, sa constance, et sa résignation, lui ont bien mérité !

La privation d'exercice, un air malsain, et la mal-

hing, lutte atruggîe^ bassesse meanness, lâcheté cowardice, abâtardi degenerated, déchire tears^ réglée regulated^ regorgeaient wereover fuU, respirer breathe^ adouci softened, osa dared, élargissement libération, remettre give up, luit shone, perte loss, accablé overwheîmed, tnoMX pains, puisse may, oublier/orgr^/, rtmoniçi reascend, malheurs mi^orlunes^ mérité deserved, malsain untpholesome^ mal-

propreté où le jeune prince resta plongé plusieurs mois de suite, avaient tout à fait appauvri son sang ; des humeurs acres et malignes avaient corrompu et mis en dissolution presque toutes les parties de son corps. La langueur était peinte sur son visage livide et décharné ; il demeurait toujours couché, et était dans une morne apathie. On manda quelques médecins ; leur visite fat inutile. Cette innocente victime des vices de son siècle expira dans sa dixième année. Plus heureux, mille fois s'il n'eût jamais vu le jour, ou s'il fût né du moins loin d'un trône entouré de précipices !

. Ne voyant plus ni son père, ni sa mère, dont il ignorait la destinée funeste ; séquestré de tous les humains ; n'ayant pas même la permission d'avoir avec lui une petite chienne nommée Thiahé, qui suivit la reine à la Conciergerie, le jeune prisonnier avait igfnoré absolument tous les grands et funestes événements qui s'étaient passés autour de lui ; il n'avait pas su non plus que le savetier qui l'avait tant tourmenté, avait été supplicié avec les autres individus de son espèce.

Se trouvant un jour seul avec un officier de la municipalité nouvelle, ce jeune infortuné demanda ce qu'était devenu son précepteur prétendu, et il s'écria en soupirant : "Ah ! il m'a fait bien du mal ! " — " Si vous étiez " roi," lui demanda le municipal, " que lui feriez- vous ? " — " J'oublierais tout ce qu'il m'a fait," repartit l'enfant ; " mais je voudrais qu'il lût puni pour l'exemple."

propreté uncleanliness, de suite togeiher^ appauvri impoverUhed^ acres sharpf malignes bad, décharné lean, couché in bed, morne dullf fût né had been born, séquestré secreted, supplicié exectited^ mal harm, feriez to^uld do, oublierais would forget^ voudiais qu*U fût would hâve htm.

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