‹ Recueil choisi de traits historiques et de contes morauxChapitre 38 sur 148 · BARBARIE ESPAGNOLE · texte numérisé non relu

BARBARIE ESPAGNOLE

Uir patron de vaisseau, nommé Jenkîns, vînt, en 1739, se présenter à la chambre des communes. C*était un homme franc et simple, qui n*avait point fait de com« merce illicite, mais dont le vaisseau avait été rencontré par une frégate Espagnole, dans un parage de l'Amérique, où les Espagnols ne voulaient pas souffrir de navire Anglais. Le capitaine Espagnol avait saisi le vais$«eaù de Jenkins, mis Téquipage aux fers, coupé le nez et fendu les oreilles au patron. En cet état, Jenkins se présenta au parlement: il raconta son aventure avec toute la naïveté de sa profession et de son caractère. " Mes* "sieurs," dit-il, "quand on m'eut ainsi mutilé, on me " menaça de la mort : je l'attendais ; je recommandai " mon ame à Dieu, et ma vengeance à ma patrie." Ces paroles prononcées naturellement excitèrent un cri de pitié et d'indignation dans l'assemblée : le peuple de Londres criait, à la porte du parlement, " La mer libre " ou la guerre !" Le cri de la nation détermina le parlement et le roi. On déclara la guerre.

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