BEL EXEMPLE D'HUMANITÉ DANS UN JEUNE SEIGNEUR
Un pauvre cultivateur laissait, par sa mort, une femme dans la misère, et quatre enfans en bas âge. La femme tombe malade peu de temps après, et suit son époux au tombeau. La famille s'assemble, et se partage les trois enfants les plus âgés : mais personne ne Veut se charger du quatrième, âgé de quatre mois. On députe un de.^ parents pour aller consulter un ecclésiastique vertueux, qui, dans un château voisin,
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élerait deux jeunes seigneurs. L^ecclésîastîque ne Toit d'autre ressource que d'envoyer le malheureux orphelin aux Enfants Trouvés. Mais Tun de ses élèves, fts^é d'environ douze ans, témoin de la consultation et de la réponse, sécrie: ** Je me charge de l'enfant: "allons le voir!" Son gouverneur lui représente, pour réprouver, que ses moyens ne pourront suffire à la dépense, et que d'ailleurs son père est déjà accablé d'une multitude de pauvres. "Quoi! monsieur,** répondit-il avec vivacité, " ce laboureur, qui vient '* vous consulter avec la plus grande confiance, et qui " peut à peine faire vivre une mère infirme, trouve ** dans sa misère des ressources pour se charger d'un " de ces malheureux orphelins : et moi, fils d'un ** père riche, je n'en trouverais pas pour secourir ce ** petit enfant encore plus infortuné ? Je sacrifierai, ** avec la plus grande satisfaction, tous mes menus- ** plaisirs, et je demanderai à mon cher père une culture " pour fournir aux besoins du petit innocent. Partons ** pour rassurer au plus vite sa famille." On court aussitôt: on arrive à la cabane; on trouve l'enfant: il tend ses petits bras vers son bienfaiteur: il le caresse: on eût dit que le ciel le lui désignait. Le jeune seigneur l'embrasse avec transport, et dit aux plus proclies parents : ** N'ayez plus d'inquiétude " sur cet enfant : je m'en charge ; il est à moi.
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^ Cherchez une bonne nourrice, le plus près que vous ** pourrez du château ; je veux être à portée de veilley " a ses besoins." Depuis ce temps, il ne fut plus occupa dans ses moments de loisir, que de son charmant enfant qu'il appelait son fils. Il entrait d^ns le détail du tout ce qui lui était nécessaire, et le lui fournissait avec cette joie pure et douce qui accompagne toujours 1% bienij^ance.
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BEAU TRAIT DE GtiNÉROSITS.
If. THOVSOir, Tauteur dupoëmedes Saisons, ne jouit pas tout de suite d'une fortune égale à son mérite et à ga réputation. Dans le temps même que ses ouvrages avaient la plus grande vogue, il était réduit aux extré* mités les plus désagréables. Il avait été forcé de faire beaucoup de dettes : un de ses créanciers, immédiate* ment après la publication de son poëme des Saisons, le fit arrêter, dans l'espérance d'être bientôt payé par le libraire. M. Quin, comédien, apprit le malheur de Thomson : il ne le connaissait que par son poëme, et ne se bornant pas à le plaindre, comme une infinité de gens riches, et en état de le secourir, il se rendit chez le baillif oit Thomson avait été conduit. Il obtint facilement la permission de le voir. '* Monsieur,*' lui ditdl, '* je ne crois pas avoir Thonneur d'être connu de vous, mais mon
Jouit did enjoy, tout de suite immediafeîp^ nbême even^ ouvrages Vforks, vogue réputé, faire eantraoi, créunciers créditorty fit eaused^ arrêter be arteiiedy libraire bçoksfller, apprit heard, connaissait ineWf bornant confininç, plaindre pitp, en état able, secourir ateistf le rendit fc«n^ conduit carrted, connu known^ étrangers
nom est Qain.*' Le poète lui répondit que quoiqu'il ne le connût pas personnellement, son nom et son mérite ne lui étaient pas étrangers. Quin le pria de lui permettre de souper avec lui, et de ne pas trouver mauvais qu'il eût fait apprêter quelques plats. Le repas fut gai. Lorsque le dessert fut arrivé: ** Parlons d'affaires à pré- " sent," lui dit Quin : " en voici le moment. Vous êtes " mon créancier, M. Thomson; je vous dois cent livres " sterling, et je viens vous les payer!" Thomsohprit un air grave, et se plaignit de ce qu'on abusait de son infortune pour venir l'insulter. " Sur mon honneur," reprit le comédien, '* ce n'est pas mon intention ; voilà '* un billet de banque qui prouvera ma sincérité. A " l'égard de la dette que j'acquitte, voici comment elle " a été contractée. J'ai lu l'autre jour votre poëme des " Saisons ; le plaisir qu'il m'a fait méritait ma recon- ** naissance : il me vint dans l'idée que puisque j'avais '' quelques biens dans le monde, je devais faire mon ** testament, et laisser de petits legs à ceux à qui j'avais " des obligations. En conséquence, j'ai légué cent livres " à l'auteur du poëme des Saisons. Ce matin j'ai ouï " dire que vous étiez dans cette maison ; et j'ai imaginé " que je pouvais aussi bien me donner le plaisir de vous " payer mon legs pendant qu'il vous serait utile, que de " laisser ce soin à mon exécuteur testamentaire, qui " n'aurait peut-être l'occasion de s'en acquitter que lors- " que vous n'en auriez plus besoin." Un présent fait de cette manière, et dans une pareille circonstance, ne pouvait manquer d'être accepté, et il le fut avec beaucoup de reconnaissance.
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