PLINE LE JEUNE
LoRS de l'embrasement du Vésuve, Pline le jeune était à Micène, avec sa famille. Tous les habitans cherchaient leur salut dans la fuite : mais, redoutant peu pour lui-même le danger qui l'environne, Pline est prêt
Embrasement eonjlagration, Vésuve Mouni Vesuvius^ cherdiaient tought^ salut préservation, (a\ie /tighl, redoutant fearing, peu Hitiê, environne turroundt, prêt readg, enureprendre untkr-'
i tout entreprendre pour sauver les jonrs d*iinenière qui* lui est plus chère que la vie. Elle le conjure en vain' de fuir d'un lieu où sa perte est assurée. Elle lui représente que son grand âge et ses infirmités ne lui permettent pas de le suivre, et que le moindre! retard les expose à périr tous deux. Ses prières sont inutiles, et Pline aime mieux mourir avec sa mère que de l'abandonner dans un péril aussi pressant. Il l'entraîne malgré elle, et la force de se prêter à son empressement. Elle cède à la tendresse de son fils, en se reprochant de retarder sa fuite. Déjà la cendre tombe sur eux ; les vapeurs et la fumée, dont Tair est obscurci, font du jour la nuit la plus sombre. Ensevelis dans les ténèbres, ils n'ont pour guider leurs pas tremblants, que la lueur des flammes qui les environnent. On n'entend, de toutes parts, que des gémissemens et des cris, que l'obscurité rend encore plus effrayants. Mais cet horrible spectacle ne saurait ébranler la constance de Pline, ni l'obliger à pourvoir à sa sûreté. Tant que sa mère est en danger, il la console, il la soutient, il la porte entre ses bras: sa tendresse excite son courage, et le rend capable des plus grands efforts. Le ciel récompensa une action si louable: il conserva à Pline une mère plus pré? èieuse pour lui que la vie qu'il tenait d'elle, et à sa inère un fils si digne d'être aimé et dp. servir d^ modèle à tous les enfants.
iake, sauver préserve, conjure entreats, fuir Jtee, lien piace^ perte loss, moindre least^ retard delay^ tous deux both, inutiles uselesSf aime mieux prefers, mourir dying^ abandonner fùreake^ entraîne carries atocty^ malgré elle against ker will, se prêter yieldinp^ empressement eagemess, cède tubmits, retarder deûiying^ déjà aiready, tombe /a//«, fumée smoke, dont with tchich, obscurci darkened, font make, nuit nighi^ sombre dark, ensevelis burteâ^ ténèbres darkness^ pas steps, lueur light, environnent êurround^ on n*entend noihing m A^arÂf, gémissemens lamentationty obscurité darJtness, rend makes, encore Wt//, effrayants dreadftd^ ne saurait cannoty ébranler move, pourvoir provide, sûreté eafely^ tant que a» long as, console eomfortSy soutient siipporiSf porte carries^ brat armsy ciel heaveih récompensa rewarded, louable commêi^ablef tentât had êttt beinç, modèle pattern.
' • * ' THIOANG.
TilKiif, l'un des plus fameux lettrés de la ville de Tamioff dans Tempire de la Chine, avait un fils très lAea ne, plein de sentiments élevés, et d'un esprit très pénétrant ; il se nommait Thioang, et son père Tenvoya fort jeune encore à Pékin, afin qu'il s'y formât dans la littérature Chinoise. Cet enfant, qui était d'une docilité peu commune et très studieux, fit des progrès rapides dans les sciences ; il surpassa généralement tous les écoliers de sa classe, et avant sa dix-septième année, il possédait déjà si bien l'histoire, la jurisprudence et la ïnorale, qu'il obtint sur nombre de concurrents le grade de Siou-Iotaif c'est-à-dire, de Bachelier. Bevêtu du grand manteau bleu qui distingue les lettrés et les docteurs de ce pays, le jeune Thioang s'empressait de retourner à Taming pour s'y réjouir au sein de sa famille. Pleindecette agréable idée, et content de lui-même, parce qu'il avait fait un bon emploi de son temps, il se livrait à la joie la plus douce ; mais, hélas ! il fut cruellement trompé dans son attente. Au moment où le jeune Chinois entra chez lui, quelle fut sa surprise et sa terreur ! La maison qu'il avait vue, fréquentée auparavant et remplie de quantité de personnes qui venaient consulter son père pour différentes affaires, n'était plus qu'une vaste solitude : il s'avance dans une salle, et demande des nouvelles de son père à un ancien domestique, qui ne lui répond qu'en pleurant. Se hâtant alors de se présenter à sa mère, il la trouva tout éplorée et dans la consternation. — " Hélas ! " s'écrie-t-il avec douleur, " mon père n'existe donc plus F *' — Serrant alors «on cher fils contre son sein," H vit encore," répondit-elle: ** mais il vit dans le deuil et dans les fers. Ayant eu le ** courage de défendre un pauvre vieillard que le premier " ministre a dépouillé du peu de bien qu'il avait, cet
Lettrés lUeratù élevés high, revêta invesied, s'empressait has' itnedf content satisfied, emploi use, livrait ^ao« up, trompé deeeived^ •ttcDte espeetation, chez lui his house, salle dramng'room, demande des nouvcUes mquirety pleurant weepinff, éplorée in tears, serrant prmtmfif §éta bos<nmy vit Iwfê^ deuil moumkHff dépouillé êtrippêd,^
** homme furieux l'a fait renfermer dans un noîr cachot.*' "Le scélérat! ".s'écria soudain Thioang! "Qh! il ne jouira "pas long-temps du fruit de son crime ! Qu'il tremble J " Le glaive de la vengeance est déjà suspendu sur sa tête ** coupable !" — A ces mots, le jeune homme courut à la prison de son père, et s'étant procuré, à prix d'argent, un prompt accès auprès de lui, il trouva k pauvre vieillard au fond d'une tour où les rayons du sdieil ne pénétraient jamais ; il était couché sur un peu de paille humide, et chargé de quatre-vingts livres de chaînes qui le tenaient courbé jour et nuit vers la terre. A ce spectacle affreux, le bon fils ému, poussa un cri de désespoir, et se jeta auprès de son malheureux père. Conservant cet air calme et serein, que donne une conscience irréprochable jusqu'au pied de l'échafaud, le vertueux prisonnier dit simplement : " Mon tils, voua voyez en ^* moi un exemple de l'injustice humaine ; mais la vertu ** est une puissante consolation dans l'adversité ! Au " milieu même de ces chaînes, et dans ma triste captivité, "je me sens plus paisible cent fois que le tyran qui " m'opprime, et dussé-je perdre la vie, je conserverai, " au delà du tombeau, la réputation et l'honneur d'avoir " fait une action généreuse. ' " Hélas,' ' s'écria Thioang, encore plus ému qu'auparavant, " faut-il que je voie mon " père, mon vertueux père dans l'asyle du crime ! Oh ! "je le jure, je tirerai une vengeance éclatante d'un tel " attentat ! et celui qui en est l'auteur, ne périra que sous ** mes coups !" — " Mon fils," reprit le vieillard, "gar* " dez-vous de toute action inconsidérée et illégale ; votre " témérité ferait plus de mal que de bien à ma cause : Oh l " soyez-en sûr, on reconnsdtra mon innocence ; mon " oppresseur sera confondu." " En ce cas," reprit le jeune Chinois, " c'est à moi à plaider votre propre cause, et à
bien estaief renfermer to be shut up, cachot dungeoriy scéléxaf wretch, jouira shafl enjoy, quUl let htm, glaive iwordt procuré goÂned^ fond low€r pari, paille stràw, chargé loaded, tenaient kepi, courbé bentt ému affecied, jusqu* even, sens feel, dusse were, au delà leyond, tombeau grave, faut-il que musty tirerai t^t// o6tot», éclatante splendid^ coups bliWfs, gardes keep, ferait woiUd do, reconnsitr» wiU 4Miknowledgei'pto]^K oton, juridiques %a/, va tstf^^xendic.
'^éonfonclrele scélérat par des voies juridiques.'* Appilatc* dissant à une si noble résolution, le bon père embrassa son fils, et lui dit : " Va, mon enfant, le ciel te secondera, et ." dans peu, j'aime aie croire, nous triompherons de Tini- " quité de notre ennemi." — Animé par le divin sentiment de la piété filiale, le jeune Thioang employa toute l'activité possible, aûn de porter ses plaintes au grand mandalin, qui était préposé pour rendre justice aux citoyens ; mais il ne put y parvenir ; tout était corrompu dans le ministère, et les intrigues de l'oppresseur de Tiékin rendirent tous ses efforts inutiles : des ordres secrets furent même expédiés pour saisir l'infatigable solliciteur luimême ; et peu s'en fallut qu'il ne fût saisi par les satellites du ministre puissant et criminel, qui abusait si étrangement du pouvoir qui lui était confié. — Epié de tous côtés, et en danger d'être mis dans les fers, le fils de Tiékin était dans le plus grand embarras ; ce n'est pas qu'il craignit pour lui-même, mais s'il perdait la liberté, son pauvre père n'avait plus de défenseur, et périssait infailliblement en prison. Au milieu de ces cruelles per-
{)lexités, l'intrépide Thioang hasarde de pénétrer jusqu'à 'empereur, sous prétexte de lui dévoiler une grande conspiration contre sa personne : il y paraît en effet. Ayant eu la liberté de s'expliquer devant le prince, il commença son discours avec tant d'adresse, il plaida la cause de son père avec tant d'éloquence, que le prince, attendri et indigné tout ensemble des malversations horribles de ses ministres, fit délivrer sur-le-champ le bon vieillard. Takuin, qui était son oppresseur, fut renfermé à sa place dans la même tour, et il y resta le reste de sa vie, pour servir d'exemple aux autres ministres de son espèce. L'action généreuse du jeune Thioang fut d'autant plus admirée qu'il courait risque de perdre la vie en la tentant ; car depuis peu les ministres coupables avaient fait publier une loi, par laquelle tout individu qui parviendrait à l'empereur, sous un prétexte queladminisfer, put eould, parvenir reach, peu s*eti fallut qu*il ne fût he tP€u very near beinff, confié intrusied^ jusqu* as /aras, dévoiler io dùolose, adresse skill, attendri sofCened, indigné extuperated^ tout ensemUe ail ai <mcc, délivrer io-be set at liàerty, d*«it«nt so
conque; serait décapité mir-le-cbamp. Le' bon fils fut porté en triomphe dans toutes les rues de Pékin : Tempereur l'éleva bientôt après à la dignité de mandarin, et dans cette place émineute, il jouit de toute la considération qui est due au mérite, et surtout aux tendres sentiments de la nature.
mueh, risque chance, tentant aUempting^ quelconque whatêvêr^ dépité beheadedj éleva raised»
GRAND EXEMPLE DE PltiTti FILIALE.
" Le nom de deux jeunes personnes vivra à jamais " dans les cœurs sensibles," dit l'auteur de la Kévolution Française, après avoir tracé Thorrible tableau du trois Septembre ; "je veux parler d'Elisabeth Cazotte " et de Mademoiselle de Sombreuil, ces deux intrépides " héroïnes de la piété filiale." M. Cazotte était octogénaire, et justement célèbre par la vivacité de son esprit vraiment original. Depuis quelque temps on l'avait enfermé dans la prison de l'Abbaye. Deux jours avant le massacre, on avait séparé de ce respectable vieillard sa tendre fille, qui avait voulu partager sa captivité et ses périls. Libre malgré elle, pleine de troubles et d'inquiétudes sur les scènes sanglantes dont elle voyait les préparatifs, Mademoiselle Cazotte errait sans cesse autour de la prison, et nulle terreur, nulle puissance ne pouvaient l'en arracher. Le signal du massacre se donne, hélas ! selon ses secrets pressentiments ; elle voit, elle entend que c'est son père lui-même que l'on va immoler malgré son innocence et son grand âge. Ne
Vivra shall Hve, veux parler mean, octogénaire eighty years oldf vraiinent trulf/, depuis for, enfermé eonfined, partager share, libre at liberty, malgré elle againsi her will, sanglantes Uoody, errait was wandering, arracher take, selon according to^ pressentiments firebodingSf immoler sacr^ce, malgré notmikêtanding^
enignant aucun danger pour elle-même, cette fille courageuse s'ouvre un passage au milieu des bourreaux étonnés. '* Oserez- vous bien,'* dit-elle, ''faire périr
" ainsi un homme qui n'est point coupable ? Faites-
** moi mourir avant mon père, et dans ses bras, car je ^ ne l'abandonnerai jamais." A ces mots. Mademoiselle Gazotte tombe évanouie ; on la relève, on la retient ; et les juges émus lui disent : " Prouvez au moins Tinno- ** œnce de votre père, et il va vous être rendu." Oh ! combien le sentiment et la vérité donnent de force et d'éloquence ! Cette fille courageuse défend alors son père avec tant d'énergie ; elle allègue des raisons si lumineuses, que la persuasion passe soudain dans tous les esprits, et l'auteur de ses jours est arraché au glaive levé sur sa tête pour l'immoler, dans ce moment d'horreur et d'opprobre pour les scélérats qui en recueillent les fruits ensanglantés.
De même qu'Elisabeth Cazotte, Mademoiselle de Sombreuil avait accompagné son père dans la prison, et elle était bien résolue à partager ses dangers quels qu*i]s puissent être. Les assassins arrivent, on lit la liste fatale, et elle entend le nom de son père. M. de Sombreuil voit le mouvement de sa fille : il la conjure ; il lui ordonne de rester et de ne pas exposer ses jours. D'une autre part, les bourreaux armés d'un sabre tout sanglant, l'arrêtent et la menacent. La force de Tâme centuple celle du corps : cette fille héroïque oppose e£Ebrts contre efforts, parvient à s'arracher des mains barbares qui la profanent ; elle vole aux pieds des juges ;
ils allaient prononcer Tarrêt de mort Le décret
homicide est errant sur le bord de leurs lèvres abominables ; le sentiment sacré de la nature se fait entendre un instant à ces âmes farouches ; la sentence d*ab-
craignant fearing, ouvre opens, bourreaux executwnera^ oserez wUl dare, &ire périr pui to deaih, coupable guilty, bran arms^ tombe évanouie /atnfo, relève lift up, retient detain, ému^ affected^ rendu restored^ combien how much, est arraché esoapes, glaive swordy scélérats wretches, recueillent reapt de même qu* as, quels qu* whatever, pussent might, rester remamy menacent threaten, centuple inereases a hundred fold^ pantet succeeds, airacher G
solution fait place à celle du trépas dont Tépouvantable glaive plane sur tant d'honnêtes victimes, et Mademoiselle de Sombreuil victorieuse, a le bonheur de sauver et de reconduire son malheureux père, qu'elle serre entre ses bras, et qu'elle baigne de ses larmes.
tearinç, errant wandering^ lèvres Ups, trépas deathy plane roveê, bonheur kappiness, reconduire oarrying baeJk, serre presses.