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Inédit.
Caliste, grande façonnierc, Ne paroist jamais ce qu'elle est.
Fait la princesse, est l'oturicre.
Fait la belle et jamais ne plaist; Fait la riche et n'a point de rente,
Fait la jeune et passe quarante, Fais la dévote et ne croit rien, Fait la sçavante sans estude ; Le mestier d'une fausse prude Est celuy seul qu'elle fait bien.
Inédit.
Iris ne vous parle sans cesse Que de la vertu des amans, Et pousse les beaux sentimens Avec grande délicatesse.
Cependant elle ne caresse Que sa chienne et que son cheval.
Je crois que la bonne princesse N'eut jamais qu'un amour brutal.
Inédit.
Iris veut que je sois de ses meilleurs amis, Et me défend de prétendre autre chose ,
Cependant je sçais bien qu'on ose Aller plus loin qu'elle ne m'a permis.
De ceste injuste fantaisie Avec raison je me plains chaque jour, Elle me fait mourir de jalousie Et ne veut pas que je meure d'amour.
Vï.
Inédit.
Mon petit chat veut qu on le flatte.
Caresscz-le, il tendra la patte, Pour se jouer avecque vous ; Mais prenez garde, belle Elise, De ne le pas mettre en courroux, Il vous diroit une sottise.
GoNTKE Despeéadx. — Inédit.
Damon, les muses affamées, Et surtout celles des pedans, De tout temps se sont diffamées A force de loiier les grands.
Jadis la tienne plus severe.
Loin de se rendre mercenaire, Ne pensoit qu'à les insulter ; On m'a dit, Damon, que tu changes; Quand on leur donne des louanges, On ne peut guère en mériter.
Imprimé, p. 42.
Hier je visitay nostre amy.
Que je trouvay mort à demy Des accidents dont sa gale est suivie ; Le médecin desesperoit, Et pour toute marque de vie Son pauvre malade juroit.
Inédit.
Iris me paroissoit aimable,
Pour me la rendre plus trai table , Je voulois luy faire un présent ; Mais elle est généreuse, et ne veut rien du nostre Peut-estre qu'en le luy faisant, La belle m'en feroit un autre.
Ini^dit.
Que mon destin est rigoureux, J'ay le corps abbattu, j'ay l'esprit amoureux, De ce que l'un vouldroit l'autre n'est plus capable
Tris peut écouter mes vœux, Mais quand je l'aurois mise au point où je la veux,
Je me croirois plus misérable.
Imprimé, p. 21,
Catin est une fine beste ; Pour m'empescher de faire le brutal, Elle se plaint du mal de teste Quand je la trouve seule avecques mon rival ; Sitost que je les abandonne.
Elle en guérit, et me le donne.
Imprimé, p. 19.
Iris ne dort ny nuict ny jour, Incessamment elle soupire ; Cependant ce n'est point d'amour,
POÉSIES DE SAINT-PAVIN. 6i^
Qui de tous les maux est le pire.
Ceux qu'elle a l'ont mise si bas Que je la plains et les partage ; De celuy seul qu'elle n'a pas, Hélas ! je souffre davantage.
Inédit.
Damon par de foibles presens S'est acquis les autheurs du temps , D'un grand remercîment chacun d'eux le fatigue : Que les poètes ont d'esprit !
Ces messieurs l'ont rendu prodigue A force d'avoir mal escrit.
Inédit.
Je te rends ton livre, Melite ; Quoyque fort long, je l'ay tout lu.
Si tu veux que nous soïons quitte , Rends-moy le temps que j'ay perdu.
Imprimé, p. 74.
Léandre, j'ay bien acheté Le livre que tu m as preste, Et pourtant je te le renvoie ; Je l'ay lu fort exactement.
Il ne m'a donné que la joie De te le rendre promptemcnt.
Inédit.
Quoyque l'amour de Celitoene Couste à cent femmes le trespas, Tircis, je ne me plaindrois pas Qu'elle voulust aimei* la mienne.
Inédit.
Pour marque de vostre amitié, Iris, vous voulez que je voie Certains billets qu'oji vous envoie, Dont vous me cachez la moitié :
Les confidences imparfaites Me mettent en meschante humeur ; Ne m'ouvrez jamais vos cassetes Sans m'ouvrir aussy vostre cœur.
Inédit.
Philis, assise de costé, Monstroit à demy son visage ; A son œil tout plein de fierté Mon cœur soudain rendit hommage Sistost que je les vis tous deux, J'en fus un peu moins amoureux.
Inédit.
Silvandii , si je suis blessé
Du trait que Philis m'a lancé, Pourrois-tu le trouver estrange?
Son esprit, sa beauté me plaist, Puis-je pas l'aimer comme un ange?
On ne sçayt de quel sexe il est.
Inédit.
Ne pas vouloir se démasquer Pour le Roy, ni pourl'Eminence, Caliste, ce n'est que choquer La coustume et la bienséance.
Mais que je sois à vos genoux, Et qu'un Dieu par moy vous en prie, Sans pou\oir l'obtenir de vous.
C'est aller jusques à l'impie.
Sans aucun bien, sans parentage, Sans nul mérite et sans appas, Tircis veut prendre en mariage Une fille qui ne l'est pas ; On n'en peut deviner les causes, Sinon qu'elle pense des choses Fort juste, au moins à ce qu'il dit.
Oh I qu'il a de fausses lumières !
Prendre une femme pour l'esprit, C'est tcsmoigner qu'on n'en aguères.
Inédit.
Amour de diverses façons Brusla deux frères de ses flammes, L'un a soupiré pour les dames, L'autre n'aima que les garçons.
S'il est vray qu'un d'eux se retire, De son pesché las et honteux, Il n'est pas malaisé de dire Lequel ce doibt estre des deux.
Inédit.
Tircis qui fut toute sa vie Dans les plaisirs très-raffiné, Par zèle ou par bizarrerie Dans un couvent s'est retiré ; On l'a mis parmy les novices, Pour le former aux exercices Qui tournent un esprit à Dieu.
Qu'il est heureux dans ses caprices !
Il peut trouver en mesme lieu Et son salut et ses délices !
Inédit.
Dedans l'extresme impatience Que j'ai d'adorer vos beaux yeux,
Vostre esprit trop devotieux Fait grand tort à ma conscience.
Désespéré, je meurs d'amour, Quand vous demeurez tout un jour Dans ce temple peu favorable :
Silvie, allez moins en ce lieu; Tandis que vous allez à Dieu, Vous me faites donner au diable.
Imprimé, p. 77.
Tous les matins dans son miroir Caliste se trouve si belle , Qu'elle me met au desespoir :
Elle n'a d'amour que pour elle, Dans un commerce tout va mal, Quand la maîtresse est le rival.
Inédit.
Chevalier ne me raille plus Sur tous les plaisirs de la vie, J'en gouste encor, quoique perclus.
Qui pourroient bien te faire envie.
ÎNîais quand je les prens, en un mot, Crois-moy, ce n'est pas comme un sot.
Tisimante me plaist, jamais il ne m'ennuie,
68 POÉSIlîS DE SAK^T-PÂVIN.
Quand il parle de luy sans cosse comme il fait, Ce n'est pas d'un maigre sujet Qu'il entretient la compagnie.
Inédit.
La petite Nanon chagrine De voir que tousjours son amant La vouloit baiser autrement Que l'on ne baise sa voisine :
Eh bien! dit-elle, vieux brutal, A tes désirs il se faut rendre ; Mais ne sçaurois-tu jamais prendre De plaisir sans faire de mal ?
Inédit.
Sitost qu'on eut signé la paix, Cent braves, flattez d'espérance, Prétendirent pour leurs hauts faits Devenir mareschaux de France.
Le Roy consulta quelque temps, Enfin pour les rendre contens, Il s'avisa d'un tour de maistre :
De ce grand nombre il en fit trois ; Après avoir fait ce beau choix, Qui pourroit prétendre de l'estrel