RESPONSE DE PHILIS A TIRCIS
Si mes regards innocens D'un aveu trop véritable, Vous ont dit ce que je sens, Mon cœur n'en est point coupable.
Vous deffendant d'espérer, Ma bouche a cru reparer Cette injure qui m'outrage :
Chascun a faict son debvoir :
Tircis, vous debvez sçavoir Où levostre vous engage.
Un amant sage et discret, Tousclié d'une vive atteinte, Peut souspirer en secret Sans aller jusqu'à la plainte.
Ses grands respects et ses soins Doivent seuls estre tcsmoings De sa passion extresme ; Celle qui les apperçoit, Qui les souffre et les reçoit, Dit tacitement qu'elle aime.
Celuy qui prétend gagner L'estime d'une maistresse, A la bien examiner Doit emploïer son adresse .
Plus elle tasche à celer
Ce qu'on n'ose révéler, Plus elle-mesme s'accuse ; Dans ce précieux moment Il pourroit obligeamment Prendre ce qu'on luy refuse,