XL IX
Imprimé, p. 61,
Il ne faut point tant de mistere, Rompons, Philis, j'en suis d'accord :
Je vous aimois, vous m'aimiez fort, Cela n'est plus, sortons d'affaire.
Un viel amour ne sçauroit plaire, On voudroit qu'il fust desjà mort, Quand il languit et qu'il s'endort, Il est permis de s'en deffaire.
Ce n'est plus que dans les romans Qu'on voit de fidèles amans :
L'inconstance est plus en usage.
Si je vous quitte le dernier, N'en tirez pas grand avantage, Je fus desgousté le premier.
POUR M""' DE Sevigné (Imprimé, p. 76).
Quand on dispute de l'âge Des plus aimables du temps, Pour Clarinte on se partage , Sitost qu'elle est sur les lang^;.
L'un dit qu'elle a le visage D'une fille de quinze ans, L'autre luy croit davantage, A luy voir tant de bon sens.
Sans décider la querelle, Rendons justice à la belle, Traitons-la comme les dieux :
On les sert, on les adore, Et l'on ne sçait pas encore S'ils sont ou jeunes ou vieux.
Imprimé, p. 41.
Aimer avec attachement
Est tousjours d'une ame petite,
La défiance du mérite
Fait la constance d'un amant.
L'amour craint tout eno;ao;ement, Il ne peut souffrir de limite, Qui veut le captiver, l'irrite ; Il ne se plaist qu'au changement.
Ce tyran, sans choix de personne, Aspire à plus d'une couronne.
Et veut joiiir du bien d'autruy :
Ce qu'il possède l'importune.
Il ne met sa bonne fortune Qu'en tout ce qui n'est point à luy.