‹ Recueil d'archéologie orientale (volume 2)Chapitre 10 sur 41 · Lidzbarski, Ephemeris, II, p · texte numérisé non relu

Lidzbarski, Ephemeris, II, p

7. Ephemeris, l, c, : « wàhrend Cl.-Gan. in ihr die Nennung eines « Gott Thron » vermutet ».

NOUVELLES INSCRIPTIONS PALMYBÉNIENNES 13

prétendu « dieu 6p6voç », mais de quelque dieu purement indigène, faisant le pendant de la déesse nabatéenne mn ou mn; cela exclut forcément l'équivalence pn zi: ôpévoç admise par M. Littmann et au contraire repoussée par moi.

En examinant à nouveau la copie de ce dernier, je doute fort maintenant que nous ayons affaire au nom spécifique d'un dieu quelconque. Je me demande, vu les incertitudes de la copie, si le groupe en litige ne serait pas simplement quelque participe pluriel terminé en ], à l'état absolu, et gouvernant à l'accusatif les mots qui le suivent (Ntzrnp N[n]bN — 6sov aytov). Notre inscription rentrerait alors dans la catégorie des dédicaces collectives.

Si Ton se place à ce point de vue, on pensera, tout de suite au y^MO des formules ordinaires. Les deux dernières lettres iraient bien ; mais les deux premières, si précaire que soit la copie, se laissent difficilemenl ramener à cette lecture. Et puis, Ton attendrait plutôt, avec ce verbe, un régime indirect au datif commandé par S (cf. les errements du syriaque et aussi le grec euxaptoToQvTsç tû ôsû). Il faudrait, en conséquence, admettre et chercher quelque autre verbe, toujours au participe pluriel, état absolu, mais susceptible de gouverner l'accusatif. Serait-ce par hasard, rp? La correction serait assez paléographique, les deux éléments d'un large qoph, plus ou moins mutilé, ayant pu être dissociés dans la copie et pris pour deux lettres distinctes. D'autre part, comme je Tai montré ailleurs *, le verbe Nip, a invoquer », pouvait en palmyrénien gouverner l'accusatif aussi bien que le datif et, de plus, il y était so.uvent traité avec l'orthographe défective. D'ailleurs, sur ce dernier point, nous avons une analogie frappante, c'est celle du pluriel pia z= ^nia (participe aphel de i<T), dont je viens justement de parler, mais pour Técarter, le mot ne répondant pas suffisamment aux données graphiques de la copie ; cette analogie justifierait amplement si besoin était, op =z ^np. Dans ces conditions, les trois premières lignes de cette

1. Rec. d'Arch. Or., VII, n. 345: cf. p. 346 (y corriger la citation Fs. XVII, 16 en XVII, 6).

dédicace, rebelle jusq'u'ici à toute explication plausible, seraient à traduire ainsi :

En pieux souveDir à celui dont le nom est béni pour réternité, le bon et miséricordieux ! Invoquant le dieu saint, X fils de y, et Z fils de ... *.

Après quoi venaient les noms des dédicants, qui malheureusement sont détruits sans remède.

Je signalerai sommairement un autre monument palmyrénien que j'ai eu tout récemment Toccasion d'entrevoir chez un marchand d'antiquités à Paris. C'est un grand bloc de calcaire dans lequel sont sculptés deux bustes de face, groupés d'une façon assez intéressante.

A droite, homme imberbe, coiffé de la grande calotte troncconique (avec couronne de lauriers, fermée par un camée représentant un petit buste humain). Le défunt tient de la main gauche un petit vase rempli de fruits (?); la main droite est mutilée.

A gauche^ femme voilée appuyant sa main gauche sur Tépaule gauche de l'homme, le bras étant supposé passer derrière le cou de celui-ci :

A droite du buste d'homme :

bnn kSd m bain 13 xSa

Malé, fils de Taibbol, fils de Malé, Hélas!

A droite du buste de femme :

ni2i^ NDpN Aqmé, sa mère.

Noms propres connus. Il restera à rechercher si les personne appartiennent pas à quelqu'une des familles de Palmyre dans lesquelles ces noms ont déjà apparu.

1. Ou peut-être deux frères : « X et F, les fils de Z ». Ou encore, un père et son fils, un inari et sa femme, etc. En tout cas, pluralité des dédicants.

INSCRIPTION NÉOPUNIQCE 15

Inscription néopunique.

M. Ph. Berger a fait connaître dernièrement * une inscription néopunique récemment découverte dans Ja région de El-Kef (Tunisie) par le capitaine Benêt. D'après la transcription et la traduction qu'il en donne, ce serait une stèle funéraire érigée à une femme y[n3^]*iV3, Naou[ict]a^ fille de ^y^VS, Pacaî, par un certain V^"'^''\ Ouinarcats, fils de p3?3]S[a] [Af]a/[c]a^5a/î. Celui-ci est probablement le mari de la défunte, bien que le lien qui unissait les deux personnages ne soit pas spécifié.

Au premier abord, l'aspect barbare du nom de l'auteur de la dédicace* lu Ouinarcats, pourrait incliner à croire qu'il appartient à l'onomastique indigène, libyque ou berbère. Je ne le pense pas. Bien que je n'aie sous les yeux ni l'estampage, ni une copie figurée de l'inscription, j'estime a priori que le dernier caractère pris pour un tsade, doit être en réalité le samehnéopunique* qu'on a confondu si longtemps soit avec cette lettre, soit avec le cMn ou le zain, et auquel j'ai pu, il y a quelques années, restituer son identité et sa place, jusqu'alors laissée vide, dans l'alphabet néopunique. L'apparition de cette sifflante particulière à la fin du nom en litige est, à mon avis, l'indice d'une désinence d'origine étrangère, grecque ou latine. Ce premier point admis, je propose de considérer le quatrième caractère non pas comme un rech, ainsi que Ta fait M. Berger, mais comme un dalet. On sait que trop souvent il est difficile, par-

i. Bulletin arch, du Comité des trav. hist, (extr. des procès- verbaux, juillet 1906, pp. xii-xm.

2. La même modification est vraisemblablement à introduire dans le nom py^ba, à lire pD^Sn (?), toutes réserves faites d'ailleurs sur la première et la troisième lettre matériellement douteuses. Pour la finale, cf. le n. pr. m. ]yD1A3rtD, à lire ainsi dans la néop. n» 47, au lieu de TNtt^lASra (cf. Magarsae dans rinscription romaine de Lambèse, Bull, arch, corn., 1899, p. 183; à lire ainsi, au lieu de Smagarsae),

.^r' --j-'j»".^— ■ ■ Il V • . ■ , I I M - — • tit

fois impossible, de distinguer ces deux lettres dans l'écriture néopunique. Nous obtenons ainsi la lecture :

DDT^n On-i-n-d-k-s

dans laquelle je reconnais une transcription très exacte du cognomen romain Vindex. Je ferai remarquer, à l'appui, que ce nom est un de ceux qui se rencontrent assez couramment dans l'onomastique des inscriptions latines d'Afrique (cf. C. /. L.^ VIII, index). Peut-être y avait-il acquis dans les milieux indigènes une certaine popularité à la suite du proconsulat de M. Claudius Macrinus Vmdex flermogenianus qu'on place, sans en être bien certain, sous le règne de Septime Sévère*.

Il ne serait pas impossible que le nom du père de la défunte fût, lui aussi, la transcription de quelque nom romain, terminé peut-être en aew5 = ^3r. Mais sur ce point je n'oserais rien affirmer sans avoir sous les yeux une reproduction réelle de l'original et je m'abstiendrai de signaler les diverses lectures restituées auxquelles on pourrait songer dans cet ordre d'idées.

Le dernier mot de l'inscription est transcrit TTVJH et traduit ex-voto. L'apparition d'un tel mot dans une épitaphe est faite pour surprendre, d'autant plus qu'on ne voit pas comment il peut se rattacher grammaticalement au contexte. Si on l'en détache, en comprenant, comme le fait M. Berger :

Ouinarcats ( = Vindex\ fils de Malcatsan. Ex-voto,

la formule elle-même serait aussi insolite que Texpression est peu en situation. Ce qu'on attendrait plutôt à cet endroit, c'est quelque qualificatif commandé par l'article se rapportant à l'auteur de la dédicace funéraire : « Vindex, fils de, etc., le ... » Ce qualificatif pourrait être un nom de métier ou de fonction, ou bien même, et peut-être mieux, un ethnique. Pour se prononcer, l'autopsie de la pierre ou, à défaut, l'estampage, serait encore ici indispensable. Sans prétendre préjuger la question, on pourrait toutefois se demander, vu les incertitudes propres

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