Gravés planche I, n° 1 et n
NOUVELLES INSCRIPTIONS PALMTRÉNIENNES 9
ultérieur du second que je n'ai pu étudier que sur une reproduction phototypique.
NM. — A. Bas-relief de calcaire; hauteur, 0",55; largeur 0",40. Femme encore jeune, vue à mi-corps, de face, la tête et les épaules couvertes d'un voile brodé que les mains, posées à des niveaux différents, maintiennent contre la poitrine. Petits accroche-cœurs. La main gauche tient une clef*. Diadème, pendants d'oreilles, colliers à plusieurs rangs, le tout formant une riche parure. Au poignet gauche, un bracelet gourmette, à deux tours ; à l'annulaire de la main droite, une bague. Dans le champ, à droite de la tête, gravé en quatre lignes :
SaniihlDipaiimaiiNTOi
Ravala (ou Da*até?), fille de Moqîm[ou]. Hélas!
Le nom porté par la défunte nous était déjà connu % mais avec une orthographe légèrement différente : nnn. Celte variation orthographique n'est pas sans intérêt, car elle est peut-être propre à jeter quelque lumière sur l'étymologie de ce nom jusqu'ici très obscure. La même variation s'observe, en effet, dans le nom de la divinité ^<n3^ ou nnv, soit isolé, soit engagé dans des composés onomastiques théophores, par exemple ND^inî, à côté de HTOliT. Il est permis d'inférer de là que c'est peut-être bien ce nom divin Até que représentent les trois dernières lettres ^<nv ou nny de notre nom de femme. Resterait alors à rendre compte de la première lettre, 1 ou T, laquelle devrait constituer, à elle seule, le premier élément du théophore. Il ne saurait s'agir, dans ce cas, que d'un élément ayant subi une forte contraction. Ce qui augmente ici la difficulté, c'est qu'il est impossible paléographiquement de savoir si nous avons affaire à un dalet ou à un rech, les deux seuls textes oîi ce nom ait jusqu'ici
1. Cet accessoire figure fréquemment aux mains des Palmyréniennes ; il caractérise la condition matronale de la défunte dans son rôle de maîtresse de maison, tout comme Ja quenouille et le peloton de fil qui parfois le remplacent ou même raccompagnent (cf. « domi tnansit, lanam fecit »).
2. Rec, d'Arch, Orient,, I, p. 120, n® 2; cf. Simonsen, op, c, p. i3, n» 32. La défunte est également fille d'un Moqîmou.
apparu, ne faisant pas usage du point diacritique. On pourrait penser, soit à < nTO + («)n, soit peut-être mieux à < WtO)
Le voaf final du patronymique Moqîmou, invisible sur la photographie, masqué qu'il est par la saillie du relief, existe réellement sur la pierre. ^ ,
N^ 2. —Bas-relief de calcaire. Hauteur 0°,60 ; largeur 0™,46. Homme d'âge mûr, imberbe, vu de face, à mi-corps, coiffé de la haute calotte tronc-conique, ceinte d'une couronne de lauriers que ferme sur le devant un camée représentant un petit buste humain indistinct. Tunique et par dessus, toge ou himation à bordures richement brodées; ceinture avec large agrafe ciselée.
De la main droite, le défunt tient un flacon du genre alabastrum; de la gauche, une grande coupe basse, sans pied, très élégamment ciselée (guirlandes avec bucrânes? interposés). Ce dernier motif se retrouve assez souvent sur les bas-reliefs funéraires de Palmyre; comparer, entre autres, pour la pose des mains et pour les objets qu'elles tiennent, un monument de la collection Jacobsen*.
B. à gauche
A. à droite
\^yw (^(pn]
HT n\'a]
T\7^ "IIN
[nlpyny (ti)
^npv
A. — [Hélas!?]. 2r,^fil8 de Yedî'bel, fils de 'Até'aqab, (fils de) *Aqbai;
B, — a vécu 55 (?) ans, mort au mois de Adar de l'an 73.
A. — En haut, deux lignes effacées qui contenaient probablement : Tune, l'exclamation usuelle !>in; Tautre, le nom du défunt.
Pour la lecture du nom de l'ancêtre, 'Aqbai, lecture qui est
1. Il me paraît plus difficile d'admettre un abrégé < nnV+ 1(3), avec aphérèse du guimel, malgré l'existence réelle de ce nom théophore ainsi constitué.
2. Simonsen, op, c., pi. V, C, I; cf. Rec, d'Arch, Or., I, p. 133 (n® i5).
NOUVELLES INSCRIPTIONS PALMTRÉNIENNES 11
ici certaine, cf. les observations que j'ai présentées plus haut (I, n" 9). De plus, Ja généalogie concorde, pour trois degrés, dans les deux épitaphes. Il semble, en conséquence, que les deux défunts appartenaient à la même famille, et que les deux monuments sortent du même hypogée. Étant donnée l'alternance papponymique, il est possible que le nom du défunt, détruit à la 1. 2, ait été 'Até'aqab, et que ce personnage fût le propre père du défunt Yedî'bel de l'inscription précitée I, n® 9. Toutefois, cette induction est subordonnée au chiffre de la date qui, comme on va le voir, présente une difficulté assez sérieuse.
B, — Les formules ]'^2W N^n « a vécu n années », et ...n'»a « mort à telle époque )> sont rares, mais non sans exemples. Pour la première, cf. entre autres, i{£5., 25, 26; pour la seconde, îrf., 49. Celle-ci se retrouve encore dans Tinscr. précitée I, n" 9, mais sans le mot caractéristique rviû. Ce mot s'y trouvait-il gravé en première ligne de A et aurait-il disparu? C'est un point à vérifier sur l'original, qui appartient aujourd'hui à M. Bertone.
L'âge de notre défunt semble avoir été 55 ans. Mais il y avait peut-être encore une barre d'unité après le chiffre 5 (trait oblique à gauche, s'appuyant sur la queue du Vl), Cela ferait alors 56 ans. Si Tartiste n'a pas flatté son modèle, celui-ci, avec sa figure pleine, imberbe ou rasée ad cutem^ et ses traits d'une juvénile fermeté, était remarquablement bien conservé pour son âge; cependant une large ride^ horizontale, barrant discrètement le front, nous avertit suffisamment que le défunt n'était plus en réalité de la première jeunesse.
Le libellé de la date « l'an 73 » nous offre un nouveau cas de la particularité que j'ai discutée plus haut à propos de l'inscr. I, n* 2 : omission systématique du centésime. J'inclinerais ici à le suppléer : {400). Cela nous donnerait : Séleuc. 47 3 =l6i/i62 J.-C*. Or, comme nous l'avons vu, le jeune Yedî*bel de l'inscr. I, 9
1, Je ne crois pas devoir faire état, pour plus de précision, de l'indication du mois. Adar correspond bien à mars dans le calendrier syro-macédonien ; mais il n*est point encore démontré que Tannée palmyrénienne commençât en octobre et non pas à l'équinoxe vernal.
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est mort en 433* des Séleucides = 14i/142 J.-C. Si, comme plus d'un autre indice nous y invite, nous admettons qu'il était le fils de notre personnage, il en résulterait qu'il avait précédé son père de vingt ans dans la tombe; la chose n'a en soi rien d'impossible, le père marié à 20 ans, ayant pu perdre à 35 ans un fils âgé d*une quinzaine d'années.
Parmi les dédicaces d'autels palmyréniens, toutes taillées à peu près sur le même patron, il en est une qui a résisté jusqu'ici à tous les eiïorts, du moins dans une de ses parties essentielles. MM. Mordtmann père* et fils*, M. Littmann*, moi-même', M. Lidzbarski^, nous avons successivement attaqué le problème sans arriver à un résultat tant soit peu satisfaisant.
La difficulté gît dans le mot Y\Th que M. Littmann a cru lire au commencement de la 1. 3 de cette inscription et qui est tout à fait déroutant. C'est à tort que M. Lidzbarski^ m'attribue la conjecture : « au dieu Trône ». Je n'ai jamais rien dit de tel. 11 a dû y avoir dans son esprit quelque confusion avec les observations de M. Littmann sur la conception sémitique du trône divin, conception dont je me suis occupé autrefois en effet, comme celui-ci le rappelle, mais en mo plaçant à un tout autre point de vue et sans faire intervenir, ni peu ni prou, dans la question l'inscription en litige. En ce qui concerne cette dernière, je me suis borné à parler uniquement de la possibilité non pas d'un
1. Si l*on admet la rectification que j'ai proposée pour d'autres motifs et qui trouverait ainsi sa confirmation.