‹ Recueil d'archéologie orientale (volume 2)Chapitre 15 sur 41 · TOPOGRAPHIE DE LÀ JÉRUSALEM ANTIQUE · texte numérisé non relu

TOPOGRAPHIE DE LÀ JÉRUSALEM ANTIQUE

Jérusalem rediiced by permission from the Ordnance Plan i 1^500 Scale, etc., to illustrate récent discoveries. Ce plan à échelle de 1/3670% publié vers 1898 (?), sous la direction du regretté sir Charles Wilson, Tauteur même du grand plan primitif sur lequel M. Krûmmel a opéré, et la Référence list qui raccompagne auraient montré à celui-ci une notable partie de sa tâche déjà faite, et fort bien faite. Il y aurait même trouvé plus d'une indication précieuse qui lui a échappé. Je citerai, par exemple^ dans la région sud : le « columbarium )),près de Bourdj el-Kibrît (F, 10) ; un « old wall » entre Tangle S. E. duBirket es- Soultân et l'aqueduc antique; le « old gateway», poterne que j'ai découverte et fouillée vers l'extrémité sud du mur oriental du Haram; anciennes chapelles creusées dans le roc, à Selouàn (J, 12-13); un peu plus au sud, « cave ». A l'intérieur de la ville (en F, 9), un ^< well brackish » et, un peu plus au sud, une « apse », un autre « well brackish » (en E, 9). Rien, du moins dans le texte, sur le grand aqueduc souterrain en aval de Bir Eiyoûb, dont l'amorce est cependant marquée sur la carte. Au nord, en dehors de la ville, manquent : « old tombs, steps » (en I, 6), cf. Statementy 1897, p. 267; au S. 0. des Qoboùr el-Moloûk (D, 2), « old tomb » {Stai,, 1896, p. 305) ; « old tombs», ruines diverses et canal creusé dans le rocher (D, 4) ; « cistern, tombs, etc. (E, 5), Stat., 1897, p. 105; « tomb » (D, 5); « mosaics » (G, 4) ; l'énorme colonne monolithe gisant encore dans son lit de carrière (A, 5), et destinée au temple d'Hérode, cf. mes Archaeolo^ gical Researches, t. 1, p. 254; nécropole de Kerm ech-cheikh (en G, 4), très importante pour la détermination de l'âge du fossé nord de Jérusalem, cf. op. c, p. 247. A l'intérieur de la ville, vieux mur au N. 0. de Téglise du Saint-Sépulcre (D,7), cf. Statement, 1891, p. 276. La carte est muette aussi sur les intéressants vestiges d'antiquités dégagés dans les excavations pratiquées au Hammam es-Soultân.

Je pourrais multiplier ces exemples d'omissions regrettables. Je me bornerai à en citer encore un. Par suite des circonstances exceptionnelles, j'ai réussi, en 1874, à faire un sondage clandes-

lin à l'intérieur même de Tinviolable sanctuaire musulman delà Sakhra; j'ai pu le pousser sinon jusqu'au roc même, du moins jusqu'au sol vierge, recueillant ainsi une cote de niveau dont M. Kiimmel aurait sûrement apprécié la valeur pour la question du temple juif, s'il s'était reporté à mes Archœolog. Researches, 1. 1, p. 216 (cf. le plan, p. 154, n*» 5). Dans le même ouvrage (p. 296), il aurait trouvé une constatation* remontant à 1871 et permettant de combler une lacune dans le tracé du mur d'enceinte d'Ophel, relevé plus tard par M. Guthe, un peu superficiellement.

En principe, M. Kiimmel s'est interdit toute hypothèse archéologique, prétendant s'en tenir à une exposition aussi objective que possible des faits matériellement constatés. Le principe était fort louable. L'auteur a eu le tort d'y déroger trop souvent, et cela justement sur quelques-uns des point les plus controversés. C'est ainsi qu'il se prononce carrément contre l'authenticité du Saint-Sépulcre. Soit! Mais alors pourquoi, d'autre part, faire aux rêveries de Gordon et de Couder l'honneur de les prendre au sérieux, d'inscrire sur sa carte même un « Golgatha ( verm.) », un Hl. Grab (n. Gordon) » % un autre « HÏ. Grab (n. Couder) »? Je crains qu'en sortant ainsi de la neutralité scientifique qu'il annonçait, Tauteur n'ait cédé là à je ne sais quel parti-pris tendancieux, voire confessionnel.

Ailleurs, de quel droit inscrit-il, sur une hauteur à l'ouest de Jérusalem, la légende aussi fallacieuse qu'alléchante : Epitaph des Herodes? Sans doute, on a découvert là, il y a quelques années, un sépulcre assez remarquable par son ornementation.

1. Fragment du mur d'enceinte antique disparu depuis, à localiser à 317 mètres S. E. du saillant de El-Khatouniyé, entre les courbes 615-678 mètres, au bord du sentier (à l'intérieur du carré conventionnel G, 11).

2. L'hypothèse absolument gratuite du héros infortuné de Khartoum a eu un très vif succès dans certains milieux protestants d'Angleterre. Elle n'avait même pas le mérite de la nouveauté, car c'est déjà sur ce tertre pittoresque que, bien des .années auparavant, Gérôme avait placé sa scène de la crucifixion. L'art peut prendre avec la réalité les plus grandes hbertés, mais il n'en va pas de même de l'archéologie.

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