‹ Recueil d'archéologie orientale (volume 2)Chapitre 20 sur 41 · Aristophane, Oiseaux · texte numérisé non relu

Aristophane, Oiseaux

'AjxaÔYiç Y*P ^?^Ç» ^où TcoXuTcpaypLwV) oû8' Ala-wiïov neTcccTyjxaç • "Oç ^çaffxs Xéytûv xopuôbv Tcavuwv nptoTYjv opviOa y^véaSat, IIpoTêpav T^ç YTj; • xaTceira vodo) tov itarép' auTY)ç aiioôVTp<xxety ' rîjv 8* oùx elvat • tbv Sk npoxeîaôai ireixTcxaîov, tY|v 8* àicopoOaav ^Yiz àptYj'/avia; tov iraxsp' aÔTÎi; èv tî) xeçaXY) xaxop^SÇai.

elle-même. » Étonnement du chœur* : « Voilà par Jupiter ce que je ne savais pas. » Peisthetairos reprend alors :

Tu es vraiment ignorant et bien peu curieux, et tu n'as pas pratiqué Ésope, lequel dit que l'alouette a été le premier oiseau créé, antérieurement à la terre ; que son père, ensuite, étant mort de maladie, resta gisant pendant cinq jours sans sépulture, puisqu'il n'y avait pas de terre ; et que Talouette, en ce grand embarras, n'eut d'autre ressource que d'ensevelir son père dans sa tête.

Sur ce, exclamation du comparse Euelpide^ qui ne manque pas l'occasion de faire un assez mauvais calembour :

Voilà donc pourquoi le père défunt de l'alouette repose maintenant à £^p^/é^' Il joue sur le nom de Ke^aX^, dème ou bourg de TAttique dépendant de la tribu Acamantide. Peut-être y aurait-il un rapprochement à faire entre ce prétendu père de Talouette enterré à Képhalè, dont il n'est question nulle part ailleurs, et une assez singulière légende rapportée par Pausanias à propos des villes messéniennes de Korônè (la Corneille) et de Kolônis. A 80 stades de la première s'élevait un temple très vénéré sous le vocable d* Apollon KopuSoç (Apollon-alouette), grand guérisseur de maladies (voir plus bas, p. 43, les observations que je ferai sur les vertus médicales de l'alouette). D'autre part, les habitants de Kolônis assuraient qu'ils étaient originaires de l'Attique d'où ils étaient venus s'établir auprès de Korônè sous la conduite de Kolainos, guidé par une alouette sur l'ordre d'un oracle. Est-ce que, par hasard, ils auraient entendu viser ainsi particulièrement le dème attique de Képhalè?

La comparaison du texte syriaque qui, malheureusement n'a pas été publié, permettrait sans doute, grâce au texte grec, maintenant connu, d'améliorer la traduction sur divers points. 11 en est un en tout cas, où nous pouvons à coup sûr corriger une erreur qui s'est glissée dans celle-ci par suite soit d'une faute de

i . Voir l'observation faite à la note suivante.

2. 'O iraTTjp apa ty); xopuSoO vuvt xeïTai TeôVÊœç KeçaXrjffiv. Il me semblerait plus rationnel, malgré le textus receptus, de placer également dans la bouche d*Euelpide la petite phrase qui est attribuée plus haut au chœur des oiseaux et qui provoque la réplique de Peisthetairos.

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copiste, soit du mauvais état du manuscrit dont disposait le traducteur. C'est Tendroit où le syriaque parle, ou a Tair de parler d'une « strophe » d'Aristophane. L'expression prêtée à notre poète comique est faite pour surprendre. C'est du moins ainsi que M. R. Duval a entendu le mot dont il donne en note la transcription estouphos et qu'il semble en conséquence considérer comme devant être rétabli en est[r\ouphos. Mais estrouphos impliquerait une forme grecque aipoçoç qui, en l'espèce, serait un barbarisme inadmissible pour aTpocp-^, seul mot ayant le sens visé. La leçon actuelle est probablement Dlst3DJ< ou disitsdk, avec un u parasitaire qui est le résultat ou bien d'une mauvaise graphie ou bien d'une mauvaise lecture. La leçon primitive devait être certainement disidn. transcription syriaque très exacte, et justifiée par ailleurs, du nom du fabuliste Ârj(i)xoç. Par suite, la traduction : « tu ne connais même pas la strophe qui disait, etc. », doit être modifiée ainsi : « tu ne connais même pas Ésope, qui disait, etc. >»

Quant à la seconde citation, celle de Théocrite, je n^'hésite pas à croire qu'elle vise Tidylle \II, 23 :

ouS £xtTU[JL6(8cot xopuSaXXiSeç i^XaCvovri et (à Theure où] n'errent pas les alouettes huppées.

L'épithète èxiTU[JLê{Sioç donnée ici à l'alouette est assez bizarre. Elle signifie proprement « qui est sur un tombeau' »; mais il n'est guère douteux qu'elle a trait à la huppe caractéristique de Toiseau et que le poète l'entend au sens de « qui a une tombe, un tertre sur la tête », faisant peut-être ainsi allusion à la légende rapportée par Aristophane et, d'après celui-ci, par Ésope. Le mot a beaucoup intrigué les scoliastes de l'antiquité, et l'un d'eux* lui a consacré un long commentaire où il agite la question à des

1. Dans une des fables, d'ailleurs suspecte, de Babrius (72, 20), il est dit de ralouelte : xopuSaXÀb; o5v tâçoiç Tcatîjwv. L'expression semble être un essai d'interprétation de e7»TU(x6t8ioc dans son sens apparent.

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