Hauteur de la partie conservée
60 RËCXTEIL d'archéologie ORIENTALE
question, et aussi celui d'une antre inscription découverte par lui depuis, non loin de la précédente. De plus, il m'envoie le relevé de deux inscriptions grecques provenant du même endroit. Je dirai d'abord quelques mots de celles-ci. La première se lit sans difficulté :
ICOAN I NA€Y0 | POCYNH I(i)àvva EuçpOffuvYj.
Comme l'a bien vu M. Breccia, le premier des deux noms portés par la défuntç décèle suffisamment l'origine juive de celle-ci. La seconde est ainsi conçue :
CIMOT€PA I HAIOACOPOY i CIACONIA
« Je ne connais pas, m'écrit M. Breccia, SiiAoxépa comme nom grec^ et le démotique me semble un indice de rorigine non grecquejde cette femme. Est-ce que ces éléments confirment l'origine sémitique des deux premières inscriptions? »
Le nom de noire Sidonienne est en effet nouveau dans l'onomastique hellénique; mais je crois qu'on peut en expliquer sans peine la formation. C'est tout simplement le comparatif de l'adjectif (H[Lri « camarde »; on a peut-être suivi l'analogie de $tXa)'U£pa> comparatif de <p{XYj, nom qui, mis à la mode par la sœur de Ptolémée II, a pu contribuer à la création en Egypte de noms morphologiquement similaires. En tout cas, si bizarre qu'il puisse paraître au regard de nos idées modernes, le nom de ]St(jL'^ est assez fréquent et semble avoir été porté souvent par des courtisanes*. Peut-être avons-nous là une indication sur la condition sociale ;de la défunte. Il est à noter [que le nom, ou plutôt le surnom de E'j<ppo<juvT), porté par sa voisine de cimetière, le Juive lohanna, avait également quelque vogue dans ledemimonde antique.
1. Voir un nouvel exemple dans une inscription d'Ëleuthéropolis de Palestine, dont j'ai pu rétablir le véritable sens méconnu par les premiers éditeurs (cf. Recueil d'arch. orient,, IV, p. 238 : SifjiTj xaXrj Soxsî e^jiot). — Cf. le nom, ou plutôt le surnom de la célèbre poétesse arabe Khansâ, qui a exactement la même signification, «