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Inscription B (cf. pi. III).
que c'est également une épitaphe. Mais est-ce une épitaphe juive? C'est ce qu'il serait téméraire d'affirmer.
Bien que les lettres soient exécutées avec soin et très bien conservées, sauf peut-être la première, quelques-unes d'entre elles offrent des formes particulières qui rendent incertain le déchiffrement même. Cette incertitude est encore augmentée par la façon dont le texte est réparti en deux espèces de colonnes
1 . Non seulement la forme, mais Texistence même de cette lettre est douteuse. Le calque donne en cet endroit quelques traits dont la photographie ne montre pour ainsi dire pas de trace. En outre, les caractères semblent être répartis symétriquement en quatre groupes de deux. Cette symétrie serait rompue, si Ton admet un premier groupe de trois lettres»
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constituées par les deux vantaux de la porte feinte. Faut-il lire en deux lignes horizontales continues, ou bien en deux groupes verticaux distincts? L'essai de transcription ci-dessus est donné sous toute réserve.
S'il s'agit bien, comme tout porte à le croire» d'une épitaphe^ il semble qu'on doive chercher là le nom, ou les noms du défunt, peut-être suivi d'un patronymique, peut-être aussi précédé d'un mot ayant le sens de « tombeau ». Toutes les combinaisons que j'ai tentées dans ces diverses directions ne m'ont pas donné de résultat satisfaisant. La multiplicité des samek — si telle est hiw la valeur du second caractère répété trois fois, et je n'en vois guère d'autre possible' — et particulièrement leur juxtaposition à)a ligne 2 seraient de nature à faire soupçonner des noms non sémitiques. J'avais un moment, entre autres hypothèses,
pensé à : ^}^q Scoxi^p; mais je ne vois pas de nom grec du
type X + 5y)|xoç dont le premier élément x répondrait convenablement aux premières lettres de la ligne 1. On pourrait peutêtre aussi songer, en désespoir de cause, à faire intervenir l'onomastique égyptienne, voire iranienne, bien que, pour les raisons exposées plus haut, nous devions placer cette inscription après la domination achéménide ; mais de ce côté non plus je ne trouve pas pour le moment de solution plausible. Force m'est donc de laisser la question en suspens jusqu'à plus ample informé.
1. La valeur yod est improbable paléographiquement. Ce qu'on pourrait se demander c'est si le signe est alphabétique ou bien numéral. Dans ce dernier cas, il répondrait assez exactement à Tune des formes du vieux chiffre araméen = 20, tel qu'il apparaît sur les papyrus et les monnaies. Nous aurions ainsi, au début de la ligne 1 : 20, et au début de la 1. 2 : 20 + ilO ==: 40. Mais que faire alors des lettres restantes? Je n'ose vraiment supposer en lisant en deux colonnes, quelque notation abrégée, dans le genre de celle-ci, par exemple :
At,iiViTp(io;) = inD-T. 40 (D1D))D, 20 (]«n)K Arca 20, locus iO^ Demetrius. .
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Je viens de recevoir par les soins du D' Breccia une seconde photographie de Tinscription araméenne juive (il) de la nécropole d'El-Ibràhimiyé. Cette photographie, prise dans des conditions meilleures que la précédente et à plus grande échelle, permet de se rendre un compte exact delà forme des caractères. Elle ne fait, d*ailleurs^ que confirmer la lecture que j'avais proposée.
Les fouilles poursuivies par M. Breccia dans cette intéressante nécropole viennent d'amener la découverte de deux nouvelles inscriptions dont le président du Comité du Musée d'Alexandrie a bien voulu me faire tenir des photographies et un calque. Comme les autres, elles sont peintes en rouge sur la paroi stuquée du rocher.
L*une (fi, gravée pi. IV) est tracée sur le vantail gauche d'une sorte de porte peinte, figurée sommairement^ Elle estgrecque et se compose de six caractères qui sont disposés d'une façon assez capricieuse et qui, malgré leurs formes un peu cursives, dénotent une haute époque pouvant remonter aux premiers temps de la période ptolémaïque. J'y reconnais le nom propre ^uXXaç. Ce nom est rare, mais non sans exemple. Il s'est déjà rencontré dans une inscription de Corcyre {CIG^ n"" 1845). Cf. le nom de femme TuXXo). Doit-il être rattaché aux noms^ topique \FuXXa, ville de Bithynie, ou ethnique ^jXXot^ peuplade africaine de Cyréncuque? Est-il, au contraire, apparenté aux mots (j/ûXXoç, <l/uXXa, tj^uXXa^ «puce» ou «puceron»'? En l'espèce on peut se demander si ce n'est pas à ce dernier titre qu'il apparaît dans notre nécropole juive. En eiïet, l'onomastique biblique connaît, à l'époque du retour de l'exil un nom d'homme COTS Phar'och^ identique
1 . Remarquer le croisillon surmontant le vantail droit, à comparer à ceux que l'on voit sur la porte feinte conten^t l'inscription I, fig. B et pi. III.
2. Cf. le cpgnomen Pulex, dans une inscription romaine d'Afrique (Ephem Epigr., V, 656).
L*ANTIOU£ NÉCROPOLE JUIVE d'aLEXANDRIE
au mot hébreu signifiant « puce » ou '< puceron » S Peut-être le choix de ce nom hellénique si peu fréquent a-t-il été ici déterminé par le sens» au moins apparent, qu'il offrait» et le défunt était-il un Juif portant dans sa langue nationale le nom équivalent de Phar*och.
La seconde inscription (fig. G; cf. pi. Y) est en caractères
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Fig. C (cf. pi. V).
araméens tout à fait comparables à ceux des deux autres inscrip* tions du même lieu dont j*ai parlé plus haut. Elle doit donc être vraisemblablement à peu près contemporaine de celles-ci. Elle se compose de deux lignes dont la deuxième est d'un déchiffrement difficile» les lettres qui la terminent ayant sérieusement souffert. Ce qui augmente encore la difficulté c'est que plusieurs
1 . La version des Septante rend le substantif i^yis par 4/uXXoc. Sur l'espèce véri* table de rinsecte ainsi désigné, voir les observations que j'ai publiées autrefois dans mes É;tude$ d'archéologie orientale^ in-4«, t. Il, p. 14, n. 5,
KZMÊeua::Mi
des traits sont doublés par suite du mauvais état du pinceau dont on s*est servi pour les tracer. Voici ce que je crois lire :
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La forme archaïque du yod à la 1. 1 est remarquable, surtout si on la rapproche du yod plus cursif de Tépitaphe de Aqabyah. Elle rappelle le type lapidaire de cette lettre, tel qu'on Tobserve, par exemple, dans l'inscription du CIS, II, n*» 122, datée de l'an 482 av. J.-C Néanmoins^ pour les raisons historiques déjà exposées, les épitaphes de la nécropole d'El-Ibrfthimiyé ne sauraient guère être antérieures à la fondation d'Alexandrie, c'està-dire à 332 av. J.-C.
Le premier mot Q^i semble =: DVl « au jour », bien que cette orthographe défective soit faite pour surprendre, les papyrus ayant toujours pour ce mot l'orthographe pleine. Le signe suivant n'est pas une lettre, mais le chiffre /0, bien connu en araméen sous cette forme. Le tout donnerait : « au 10« jour ».
Cette expression inviterait à chercher dans le mot indécis de la 1. 2 quelque nom de mois. Les premières lettres ... hw pourraient faire penser tout d'abord à une transcription de 'AxeXXaToç, quatrième mois du vieux calendrier macédonien. Mais les éléments graphiques qui suivent, tout incertains qu'ils soient, se prêtent mal à cette conjecture. Faut-il admettre que le nom du mois, qui semble nécessaire, se trouvait tracé, et aura disparu par suite de quelque accident, à la tin de la 1. 1, après le chiffre /0? Dans ce cas, on pourrait chercher au début de la 1. 2 un [nom propre, celui du défunt, ai la quatrième lettre est un waw \ dont la hampe aurait été indûment doublée par suite de Tétat défectueux du pinceau que j'ai déjà signalé, on serait tenté, en utilisant les débris de caractères qu'on distingue audelà*, de restituer [DITIiSsk = 'ATCoXXéSwpoç, ou peut-être
1. Le second trait parallèle est armé en haut du crochet caractéristique de cette lettre.