FICHES «T NOTULES
Arch,, 1899, p. 163, cf. Rev. Arch., 1899, II, p. 173, n» 42; — cf. M1J CIS.y I, 381 A); Nargilai (Bull. Arch.y 1891, p. 518 n« 74); Napajaç, nom numide donné par Polybe (I, 78).
Le Syrmaeon nabatéo-arabe. — Etienne de Byzance dit qu'on appelait Syrmaeon une plaine située entre les Nomades et les Nabatéens :
Supi^oiov, iceBiov [Ltix^j NojxaSwv te xai Na6aTa{a)v. To sÔvtxov Sup- |xaToç.
Il est probable que ce nom s'appliquait à la vaste rég^ion désertique qui, limitée par TEuphrate, s'étendait à Test de celle occupée par les Nabatéens sédentaires et qui était, alors comme aujourd'hui, le terrain de parcours des tribus bédouines.
Je ne sais si Ton s*est sérieusement occupé jusqu'ici de rechercher l'origine de ce toponyme. Je vois seulement, par l'équivalent « Zug », qu'en donne le dictionnaire de Pape-Benseley, qu'on a cru y reconnaître un dérivé grec du mot aiJpfjux, en visant aupo). Mais ce rapprochement n'est guère vraisemblable. Il est bien plus naturel a priori de supposer que nous avons affaire à un vocable oriental, d'autant plus qu'Etienne de Byzance a, nous le savons par maint exemple, fait de larges emprunts aux Arabica d^Ouranios, lequel était parfaitement renseigné sur les choses nabatéennes. Je ne serais pas éloigné de croire que c'est encore à cette source que le lexicographe byzantin a puisé son intéressant renseignement. L'existence même de l'ethnique Sup{xaTo{ nous avertit qu'il doit s'agir de quelque toponyme très spécifique.
J'inclinerais à y voir une transcription tout à fait fidèle de l'arabe %^j^ sarmâ^ « désert », pluriel ^^ sourm, La racine, qui se retrouve identique en araméen, a le sens général de « diviser, séparer », ce qui répond bien, d'autre part, à la position du Syrmaeon séparant les Nabatéens des Nomades. Cela nous autorise dès maintenant à présager, dans quelque inscription nabatéenne qui peut être découverte d'un jour à l'autre, Tappari-
lion soit d'un toponyme qui aiïectera la forme Qisr, ndiv, soit d'un ethnique tel que N^aiSf.
L acclamation liturgique a;ioç. — A propos de racclamation aj^£t, si longtemps méconnue, dont j'ai établi^ Texistence et la fréquence relative dans Tépigraphie grecque de Syrie, j'avais cru pouvoir faire* un rapprochement avec une certaine acclamation syriaque DVD31K dont on saluait autrefois les évêques en se portant à leur rencontre, et qu'on n'avait pu jusqu'alors. expliquer d'une façon satisfaisante. Ce dernier rapprochement, qui d'ailleurs ne touche pas au fond même de la question, semble devoir être écarté, aussi bien que celui qui avait été mis en avant autrefois (eùxToto;), M. Chabot n'ayant suggéré du mot syriaque une explication judicieuse à laquelle je me rallie très volontiers. Il le considère comme une transcription plus ou moins exacte du grec à^ioç, « dignus ». Je ne saurais mieux faire que de reproduire l'intéressante note qu'il a bien voulu me remettre à ce sujet :
Dans les ordinations grecques et latines le mot â^io; est une acclamation liturgique qui revient souvent. Entre autres exemples, dans les ordinations grecques, voir Codex liturgicus d'Assemani, p. iv, p. 177. Après l'ordination de Tévéque on le revêt du manteau pendant que le clergé l'acclame en disant : aÇio; (XéyovTo; tov xAïQpov tb ot^io;). — A la fin de Tordination d'un évoque, le patriarche, en le conduisant à son trône, dit trois fois DVD31N» et le peuple répète trois fois le mot {Morinus, Ordinationes Syror. JacobitarutUf p. 415). — La transcription a = in ne fait pas difficulté ; cf. «Çwv =: K3DD1K ; «vcvpuajiA; = NDOmaiK ; *'AvexTo; = D'n2p\3\y etc.
Nonna et StephanoUy de Aila. — M. Grégoire, dans une intéressante élude qu'il vient de publier" Sur la date du monastère du Sinaïy donne comme nouvelle une lecture de l'inscription rupestre du Sinaï (Euling, SinaU. Inschr. n* 37). Je me permettrai de rappeler que la lecture proposée par lui, notamment celle
1. Rec, d'Arch. Orient, IV, 119, n. 1; V, 368 ; VI, 298; VII, 211.