‹ Recueil d'archéologie orientaleChapitre 106 sur 213 · Le texte original était peut-être disposé en 4 lignes · texte numérisé non relu

Le texte original était peut-être disposé en 4 lignes

LA UEIK AKSESOt ET n>MJfart* IT raiLOTATO* O PALESTRE 135

Poursuivant le développement de mon hypothèse, je serais bien tenté de rétablir:

• [Scapa* 9 fils de KmiAn 9 à Apollon adresse $rf prière. »

Le nom de Seopas offrirait juste le nombre de lettres — cinq — réclamé par l'étendue de la lacune telle quelle résulte de la restitution qui s'impose à la ligne 2. Si Ton admet cette leçon : Scopas, — ce personnage ne serait autre que le fameux général de Ptolémée IV, puis de Ptolémée V Épiphane, qui, après avoir conquis la Judée, et même une partie de la Cœlésyrie pour ses maîtres, finit par se faire battre par Antiochus le Grand, à Pànéas. aux sources du Jourdain. Il invoque Apollon. Pourquoi Apollon ? Parce que c'était le dieu par excellence des Séleucides, l'ancêtre même de la dynastie. L'acte serait bien conforme à l'idée si profondément enracinée et si généralement répandue chez les anciens, que, pour obtenir la victoire, il fallait, avant tout, gagner à sa cause ou pour le moins se concilier le dieu des ennemis. La formule ejyfp semble impliquer plutôt une demande adressée à la divinité, qu'un remerciement pour une de* mande déjà exaucée.

Un détail à noter, et qui n'est pas indifférent, c'est que ce fragment d'inscription est gravé sur la base d'une statue qui devait représenter un aigle colossal dont il ne subsiste plus qu'une des serres. Cet aigle — l'aigle des Ptolémées (cf. leurs monnaies)?— n'était-il pas là comme un symbole de victoire, de la victoire demandée, peut-être même de la victoire obtenue, si l'on n'insiste pas trop sur la valeur absolue du mot cj^v ?

Cette conjecture, si risquée qu'elle puisse paraître, car elle ne s'appuie que sur une base épigraphique bien précaire — \e sigma qui termine des milliers de noms grecs — cadrerait assez bien avec l'interprétation historique que j'ai proposée pour les deux autres fragments trouvés à côté de celui-ci. La principale difficulté à laquelle elle se heurte, c'est que, malheureusement, les

historiens, qui nous parlent assez longuement, cependant, du général Scopas, ne nous ont pas conservé, du moins que je sache, le nom de son père. Ce nom inconnu aurait-il été Kratân ? Jusqu'à preuve du contraire, il n'est peut-être pas interdit de le supposer ; quelque trouvaille ultérieure permettra peut-être, un jour, de l'affirmer.

J'ajouterai en terminant, que si quelque contre-indication formelle venait opposer à cette conjecture une (in de non-recevoir catégorique, il faudrait alors envisager une autre conjecture qui serait diamétralement l'inverse de celle-ci.

L'érection du trophée de victoire symbolisé par l'aigle et l'invocation à Apollon seraient à rapporter non plus à un représentant du pouvoir des Lagides, mais, au contraire, à un représentant du pouvoir des Séleucides, ayant voulu, après l'éclatante et prompte revanche de ceux-ci, effacer en quelque sorte par cette consécration, faite sur le même lieu, le souvenir humiliant, laissé derrière eux par les vainqueurs de Raphia.

L'envoûtement dans l'antiquité et les figurines de plomb de Tell Sandahanna.

Dans ces mêmes fouilles de Tell Sandahanna, le D r Bliss a recueilli 1 tout un groupe de monuments d'un genre bien différent, qui sont demeurés jusqu'ici une véritable énigme archéologique.

Ce sont seize petites figurines ' d'hommes et de femmes, en plomb, de 2 à 3 pouces de hauteur, d'une exécution extrêmement grossière et d'un aspect des plus bizarres. Elles sont découpées en silhouettes dans des lames de plomb. Les personnages, tous nus, sauf une exception, sont représentés dans des poses étranges et contournées, comme s'ils se tordaient dans les souffrances et les tortures. Ils offrent tous, sans exception, cette par-

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