SCEAUX ET POIDS A LÉGENDES SÉMITIQUES
conservateur de cet établissement, j'ai pu contrôler les lectures proposées. Je donne ici le résultat sommaire de cet examen qui a fait l'objet de quelques-unes de mes leçons au Collège de France, en mai 1900,
— N° 1. Scarabéoïde; sous le plat : scarabée aux quatre ailes éployées; au-dessus, étoile; au-dessous, croissant et soleil. En bas, quatre caractères phéniciens (?) archaïques que M. Lidzbarski a lu : yrh.
■pn serait, suivant lui, le nom propre biblique Henoch.
Je crois qu'il faut lire plutôt ]-nS « à Hanon ou Hanan », nom d'où l'élément théophore a été éliminé; cf. hébr. pn et ]Vn (roi ammonite). Le thème radical ]an f non usité dans l'onomastique punique (jn), Test dans l'onomastique phénicienne lb]3mm, C. I. S., 1, 15). Le cachet peut être hébreu, tant par l'écriture que par la forme du nom propre et par le symbole figuré qui se retrouve identique, et très fréquent, sur les anses d'amphores Israélites portant l'estampille royale avec les noms de diverses villes méridionales de Juda, cf. Rec. d'arch. or., IV, p. 10.
— N° 2. Scarabéoïde :
Soleil ailé ; au-dessous, deux étoiles. Séparée de la figuration par un double trait, une ligne de caractères archaïques, phéniciens ou hébraïques : W, nom propre où M. Lidzbarski voit la forme hypocoristique d'un n. pr. théophore commençant par sw, tel que irP3W\ Ce pourrait être aussi bien une forme doSwnzfl, nom qui a l'avantage de s'être trouvé déjà sur un autre scarabéoïde de Syrie 1 ; à noter qu'il y est également non précédé du b d'appartenance.
— N° 3. Scarabéoïde :
Lion courant adroite. Au-dessus, légende, en partie détruite, de 5 lettres, que M. Lidzbarski croit pouvoir lire : "nob. Vérification faite, le d est douteux; peut-être est-ce S ou :? La 3 e lettre, peut être"!? La dernière était une lettre à hampe dont la tèle a disparu. Le n. pr. serait-il ov'ib = ttsrs (n. pr. bibl.), ou bien un composé avec l'élément verbal [n]is ??
1. Clermont-Ganneau, Sceaux et cachets, p. 17, no 8. | Ricdml d'Archéologie orikwtale. IV. Mars 1901. Livh. 13 \
— N°4. Scarabéoïde. Une uraeus, avec la croix aasée (?) ; audessous, en caractères hébraïques archaïques :
dt, dit M. Lidszbarski, est difficilement dtp ; peut-être ar)h ou d^. — innoT doit être l'équivalent de vn^TOf- L'omission de p se rencontre parfois sur des cachets hébreux archaïques (HandbuchN. S. E. y p. 486).
Je me demande si DT, ne serait pas une forme apocopée de vpot « Jérémie »? nom qu'on veut tirer de nov = noi; cf. *ot, EsdraSy x, 30. La finale vp du patronymique servirait-elle même, ici, à deux fins ? — Quant à innoî, c ^ I e n - P r - bibl. npt. qui en est peut-être la contraction? — Noter les doubles traits séparant les lignes, disposition fréquente et presque caractéristique des légendes sigillaires hébraïques.
N° 5. — Scarabée. Caractères que M. Lidzbarski suppose pouvoir être hébraïques et lit, non sans hésitations :
bpij p
Il ajoute les observations suivantes : pan = ^onn ou pain. — bpia; on pourrait lire, au besoin, Spis = b*rpis ??
J'avoue que la paléographie me semble anormale et bien suspecte; il serait à désirer que l'original fût soumis à un examen rigoureux.
— N° 6. Cône tronqué :
Uraeus à quatre ailes, couronnée (?). Répartis dans les espaces Vides de la figuration, trois caractères hébraïques archaïques que M. Lidzbarski lit : mb. Ce sont, dit-il, probablement les initiales de trois mots qui seraient :1e premier et le troisième, deux noms propres; le second, le substantif p.
Je ferai remarquer que les trois caractères sont ainsi disposés :