SCEAUX ET POIDS A LÉGENDES SÉMITIQUES
et que le troisième est certainement un j et non un a. pS pourrait s'expliquer soit par p + b (cf. m» n. pr. masc, fréquent en punique), soit, mieux encore, par pb, Laban (cf. le n. pr. bibl. = « Blanc »?).
— N° 7. Cylindre :
Figures grossières, formées de points et de traits, où je crois discerner le symbole solaire, le croissant lunaire, des étoiles, etc. Lidzbarski lit : pibjnb, ou mieux, dit-il : Mibvab.
II compare les noms propres hébreux Dn et *}Sq"Dm1. 11 ajoute que la dernière lettre pourrait être aussi n ou D,
Je ferai remarquer que l'inscription est gravée à l'endroit; ce fait est rare, mais il n est pas sans exemple sur les gemmes sigillaires; aussi serait-il peut-être téméraire de s'y appuyer pour considérer ce monument comme une amulette consacrée à un dieu Baal Dagon, plutôt que comme un simple cachet portant le nom de son propriétaire. En tout cas, le dernier caractère semble bien être un ], et non un d ou un n, encore moins un a.
— N° 8. Scarabéoïde :
Six caractères incertains; authenticité suspecte, dit M. Lidzbarski.
La légende pourrait être considérée selon le grand a\e de l'ellipse, et non selon le petit, comme Ta fait l'auteur; elle se composerait alors non pas de trois lignes de deux caractères, mais de deux lignes de trois caractères chacune. Vus dans ce sens, ceux-ci rappellent l'hébreu carré ou le pehlevi.
— N° 9. Gemme hémisphérique. Au sommet de la calotte : un poisson (?). Au-dessous trois signes d'aspect phénicien où M. Lidzbarski croit reconnaître : 2? S-
— N° 10. Gemme ellipsoïde. Des deux côtés, trois ou quatre lignes séparées par de doubles traits et contenant des caractères qu'on ne peut plus reconnaître.
— N° H. Poids de bronze, en forme de bœuf couché, appar-'
tenant aussi au Ashmolean Muséum. Il pèse 10* r ,679. Sous la base sont gravés quatre caractères phéniciens archaïques : rurrbtt, dans lesquels M. Lidzbarski reconnaît le nom de nombre trois. Il en conclut que l'unité pondérale, dont nous aurions ici le multiple 3, était de 3* r 56 environ, soit à peu près 1/5 de sekel.
La chose ne me semble pas aussi certaine qu'elle en a Pair. ruzrbtzr pourrait être aussi, à la rigueur, « un tiers » ou « une tierce » ; l'unité pondérale serait alors 10& r ,679 X 3 = 32^,037, chiffre qui pourrait faire penser à un double sicle, ou sicle de la série forte ??
Ce poids doit être rapproché d'un autre poids très analogue, provenant de Saïda, que j'ai fait connaître autrefois 1 ; c'est un petit lion de bronze portant sous la base une inscription en caractères phéniciens : ... tton ... (5, ou 1/5, ou 50 ?), et pesant 20* r ,9, soit environ le double de celui-ci (10e r ,679 X 2 = 21& r ,358). On peut rapprocher aussi, d'autre part, les neçeph, poids antiques de Palestine, pesant entre 20 et 21 grammes dont j'ai déjà dit quelques mots plus haut 1 et sur lesquels je reviendrai plus en détail à une autre occasion. Cf. encore le 1/50 de la mine commerciale phénicienne de 1005 gr. =20& r ,10, et le 1/50 de la mine d'argent babylonienne, série forte = 21* r ,80.
Il y aura lieu également de comparer, au point de vue métrologique, la nombreuse série de poids puniques publiés, avec leurs pesées, dans le Musée Lavige?ne, I, p. 661-664.
L'inscription phénicienne de Tort ose.
M. Dussaud a découvert en 1896, à Tortose (région de Marathus, en face de l'île d'Aradus), donné au Louvre et publié* une iuscriplion phénicienne gravée sur une petite plaque de marbre