Clermont-Ganneau, Rec. arch. or., IV, p
3. R. Dussaud {Voyage en Syrie), Rev. arch., 1897, H, 322 et suiv. Cf. Comptes rendus Acad., 1897, p. 213.
l'inscription phénicienne de tortose 197
blanc : m ,10X0 ra ,083; épaisseur, 0'%028 à ra ,033. La face postérieure est seulement dégrossie ; l'écriture est du type sidonien, avec quelques particularités de récriture des monnaies d'Aradus et de Marathus.
Il Ta lue ainsi :
D>nan i
Su^n n33 1D1 3 Cet autel est celui qu'a élevé Eldamad fille dlïchel.
D^m serait une transcription de gw;j.(; « petit autel », dans lequel la plaque aurait été encastrée.
J'ai repris, dans une leçon à l'École des Hautes-Études (avril 1897), l'étude de ce texte et proposé une lecture sensiblement différente :
S ws j ^to? i ^ wt3 ' rs D*a-in
Hermeiasou (Hermaios). — Quiltf) a érigé pour lui(-mrtno)... qui est (ou sont) à lui?
Il s'agirait, suivant moi, d'un titulus funéraire. Le nom du défunt (p.-ê. de condition servile, vu l'absence de patronymique), à lire D^cin, serait la transcription d'un nom tel que 'Kp^zrxz, 'Epi*'*; ou 'EpjjLaToç (plusieurs affranchis ont porté ces noms). — On voudrait pouvoir traduire S nip -jn « que lui a érigé un tel» ; mais il est difficile de tirer un nom propre satisfaisant des caractères suivants. Le premier et le troisième pourraient être, à la rigueur, non des "T, mais des 3? analogues à ceux de certaines légendes monétaires d'Aradus. La formule a peut-être un sens voisin de sibi posuît t de suo fecit, iv. t&v 13{wv; cf. C. /. S., II, 1;>8. — Pour l'orthographe h = ^ « à lui » et S tfx = *b trs\ cf. C. I. S., I, 7, 1. 4.
Un peu plus tard, M. Lidzbarski 1 a proposé, a sou tour, de lire :
\. Orient. Lilter. 7Aq, janv. 1898; cf. du môme, Ilan'W. d. y. San. Epigr., p. 504.
198 KECIÎE1L D'ARCHÉOLOGIE ORIENTALE
Hermès, den hat axifstellen lassen ldmd (XaSaftxvx?), SoAn cfes t'sl.
D'DVi serait, selon lui, le nom du dieu 'Epjjtfjç; il s'agirait d'une statue de Hermès, dans la base de laquelle aurait été encastrée la petite plaque; LDMD serait le nom de l'auteur de la dédicace, laquelle serait religieuse et non pas funéraire.
Cette explication ne parait guère satisfaisante et je préfère m'en tenir, jusqu'à meilleur avis, à celle que j'avais mise en avant, donn ~ 'Ep^ç est contraire aux habitudes orthographiques du phénicien; il serait surprenant, dans ce cas, que le tj eût été rendu par un \ Les deux autres prétendus noms propres offrent des formes invraisemblables.
Enfin, l'insertion d'une plaquette dans la base de la statue supposée serait une dérogation k l'usage constant de graver la dédicace sur la base même. La même objection archéologique s'oppose à l'hypothèse d'un autel. Les tituli funéraires, au contraire, étaient fréquemment encastrés ou scellés dans la paroi des sépulcres.
Sur quelques inscriptions puniques du Musée Lavigerie.
M. Berger vient de publier l'importante collection des antiquités puniques sorties des fouilles du P. Delattre à Carthage et conservées dans le Musée Lavigerie '. Il y donne de nombreuses inscriptions puniques dont quelques-unes étaient déjà connues ou ont été étudiées par moi soit ici même *, soit ailleurs ', par
1. Musée Lavigerie de Saint-Louis de Carthage. Première partie, par M. Pli. Berger. Paris, 1900, 279 pp. in-4° et 36 planches phototypiques.