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SUR QUELQUES INSCRIPTIONS PUNIQUES DU MUSÉE LAV1GERIE

Baalchillek, le Rab.

— G— [p. 47-56, pi. VII, n° H]. — Anse d'amphore estampillée. Dans un cartouche, deux lettres en relief séparées par un disque :

Je suis tenté d'y voir l'abréviation du nom propre (bï)i(:i)H. Adonibaal ou, mieux, ldnibaalt Le disque séparant les deux éléments leur donnerait, en quelque sorte, une autonomie suffisante pour qu'on fût en droit de les représenter par leurs initiales respectives, mode d'abréviation aussi fréquent que celui par l'initiale et la finale du nom complet.

— II — [p. 55-56, pi. VII, n° 16]. — Anse d'amphore, avec les deux lettres ]n, en relief, séparées par un disque et l'image d'une petite œnochoé. Je croirais volontiers qu'il faut y voir l'abréviation d'un nom tel que](n^attr)«, Echmounyaton.

I [p. 50-51, pi. VI, n° 9; cf. VII, n° 15]. - Anse d'amphore. Dans un cartouche ayant la forme d'un rectangle long, deux lettres en relief écrites de gauche à droite et suivies dune Tanit. Le cartouche est incomplet : nn.

Malgré Tordre dans lequel se présentent ces deux caractères et l'inversion qu'ils ont subie dans leur forme même, il me semble qu'on doit les lire de gauche à droite : nn = nn ; à ce second état rin, ce serait l'abréviation courante, et déjà recounue ailleurs par M. Berger, de rrabnn, Himilcat.

— J — [p. 49-50]. — Inscription latine gravée à la pointe, après la cuisson, sur une sorte de pilon oblong, en argile :

EXOFFICINA ABEDDONIS

M. Berger pense que le nom du potier, Abeddo, est une transcription du phénicien *nn:r, nom fréquent à Carthage. J'ai quelque doute à cet égard ; on ne s'expliquerait guère, dans ce cas, la présence des deux DD. Le génitif Abeddonis implique aussi bien un radical Abcddonque Abeddo. Ne serait-ce pas une transcription de wm» (C. /. S., I, 332) ?

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— K — [p. 60-66, pi. VI, n 08 1-27]. — Série de fonds de vases en terre noire vernissée, de style grec, portant des graffiti dans lesquels on distingue des lettres et des chiffres puniques, et aussi des caractères grecs auxquels M. Berger attribue, avec raison je crois, une valeur numérique. J'ajouterai seulement qu'il convient peut-être, à cet égard, étant donnée surtout l'origine hellénique de ces fragments de poterie, de comparer les graffiti avec indications numériques, sous les pieds des vases grecs. Letronne dans le temps, et, depuis, d'autres hellénistes, ont traité de ce genre d'épigraphes sur l'objet réel desquelles les avis sont encore partagés.

— L — [p. 246, pi. XXXIV, n° 39]. — Pierre gravée trouvée dans la nécropole voisine de Sainte-Monique. Ce petit monument est d'autant plus intéressant que les intailles épigraphiques à usage de sceaux sont extrêmement rares à Garthage. Il y a là une véritable singularité archéologique, si Ton tient compte de l'abondance relative des gemmes sphragisliques sémitiques en Syrie.

11 porte quatre lettres phéniciennes, nettement gravées, d'une écriture élégante; la dernière est mutilée : nnttfp.

M. Berger y voit un mot se rattachant à la racine TOp « être dur ». Il se demande s'il n'y aurait pas là une allusion à la nature de la pierre, qui est une sorte de cristal de roche enfumé, ou bien s'il ne faudrait pas y voir l'idée de « consolider, fixer ».

Il faut avouer que cette courte légende demeure encore une énigme. Le plus naturel serait d'y chercher un nom propre; nous avons des exemples, rares il est vrai, de légendes ainsi gravées à l'endroit 1 sur des gemmes à destination cependant notoirement sigillaires. Mais la forme d'un tel nom propre parait bien étrange, pour ne pas dire inexplicable étymologiquement. Peut-être faut-il couper le groupe en deux parties : rin + up, et appliquer à chacune d'elles, séparément, la règle de l'abrévia-

1. Je ne saurais dire si la gravure phototypique, qui présente les caractères à Tendroit, a été exécutée d'après l'original ou d'après une empreinte. Dans ce dernier cas, c'est bien à un véritable cachet que nous aurions a (Ta ire.

UN NÉOCORE PALMYRÉMEN DU DIEU 'aZÎZOL* 203

tion par l'initiale et la finale ; soit : (n:>bn)n + ir(7)p, Saiîit. — Himilcat'i s'agirait-il de quelque sceau employé à des usages rituels et à apposer, par exemple, sur certains objets consacrés?

Un néocore palmyrénien du dieu * Azizou.

M. Sobernheim' a publié une inscription palmyrénienne extrêmement intéressante à tous égards, gravée au-dessous d'un bas-relief qui doit avoir avec elle un rapport intime et dont, il me semble, on doit tenir compte pour la saine interprétation du texte. Malheureusement ce bas-relief est reproduit d'après une photographie très imparfaite. Auiant que je puis m'en fier à la gravure en simili, je distingue à gauche un groupe de quatre personnages assis, ou vus à mi-corps ; plus à droite, un cinquième personnage debout, paraissant tenir une sorte de long bâton (?) ; plus à droite encore, deux cavaliers, très mutilés; le premier, monté sur un chameau (?) et tenant une lance (?) ; le second, monté sur un cheval (?).

Voici comment M. Sobernheim a lu et traduit l'inscription :

...bya -ta? t*>D[b]ï s>3ts n^hSn nnybi isik[S] i

*otD snbw Ttny n Nbyrn rSi3ïtv "in 2

nvn m'a *rnrw *cm >nvn by sanmi 3

A Arsou et à. 'Azizou, les dieux bons, a fait les images (?) Baal..., fils de Yarhibôlà, et le temple de 'Azîzou, le dieu bon et miséricordieux, pour sa vie et la vie de son frère, au mois de Tichri, en Tan...

M. Soberheim discute en détail, d'après les données connues, le nom et la nature de ces deux divinités. J'ai eu l'occasion de traiter moi-même plus haut (p. 165), à ce propos, la question du dieu Monimos, fréquemment associé au dieu Azlzos, comme le dieu Arçou Test ici au dieu 'Azîzou.

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