IspoçuXaÇ, vao?'j).aS> aedituus, curator ténlpli, etc
2. Voir, par exemple, la figure reproduite dans le Dict. des Antiq. de Rich, s. v. Aedituus.
Je proposerai donc, sous le bénéfice des observations et réserves ci-dessus, de traduire l'inscription comme suit :
A Arsou et à 'Azîzou, dieux bons (et)..., (i')a fait Ba 11 ... fils de Yarhiboûlà, le néocore(?) de 'Azîzou, dieu bon et miséricordieux, pour son salut et celui de ses frères, au mois de Tichri, Tan 500 + ...
Les inscriptions romaines de l'aqueduc de Jérusalem 1 .
Le P. Germer-Durand, des Augustins de l'Assomption de N.-D. de France, à Jérusalem, qtii a déjà rendu tant de services à P épigraphie de la Terre-Sainle, vient de découvrir une série d'inscriptions romaines gravées le long d'un aqueduc antique de Jérusalem, dont on avait successivement attribué la construction à Salomon, à Ponce-Pilate, à Hérode. Il résulte de ces inscriptions que cet aqueduc, remarquable au point de vue technique (existence d'un siphon), a été, en réalité, au moins sur une certaine section de son parcours, construit, peut-être en 195, sous le règne de Septime-Sévère, par les soins des ingénieurs militaires delà X e légion, tenant garnison à Jérusalem.
Je ne saurais mieux faire que de reproduire l'intéressante lettre qu'il a bien voulu m'adresser à ce sujet :
Jérusalem, le 3 décembre 1900.
Nous venons de faire la découverte d'une série d'inscriptions latines
sur un canal qui amenait jadis des eaux de source à Jérusalem. Ce canal est désigné sur la carte anglaise sous le nom de highlevel aqueduct,
1. La troisième lettre du nom du dédicant est incomplète; ce peut être un lamed, comme l'admet M. Sobernheim, mais ce n'est pas sûr; elle pouvait être suivie, au maximum, d'une quatrième lettre, totalement disparue; je rappelle, seulement pour mémoire, le nom palmyrénien, lui-même douteux, d'ailleurs, WJ2 (de Vogué, n<>92 ; Lidzb., Hondb., p. 576, n° 12, propose de corriger 1D"U). La lecture NV2 semble matériellement exclue par les éléments subsistants du troisième caractère.
2. Communication à l'Académie des Inscriptions, séance du 7 décembre 1900.
LES INSCRIPTIONS ROMAINES DE l'aQUEDUC DE JÉRUSALEM 207
pour le distinguer du canal de niveau inférieur, plusieurs fois restauré dans des temps plus rapprochés du nôtre.
Dans une section de son parcours 1 , cet aqueduc faisait siphon, et se composait d'une série de blocs de pierre perforés, solidement emboîtés les uns dans les autres. Le tube ainsi formé n'avait pas moins deO m ,40 de diamètre intérieur.
Ce beau travail, depuis longtemps laissé a l'abandon, a été coupé sur divers points, et plusieurs de ces monolithes percés à jour ont été utilisés comme bouches de citerne. Ceux qui ont été brisés ont été laissés sur place, ou employés dans des murs de pierres sèches.
C'est dans un de ces murs que nous avons découvert par hasard une première inscription dont l'interprétation n'était pas sans difficultés. J'en ai publié, non sans hésitation, une lecture dans les Échos d'Orient, n° d'octobre 1900», dont je vous envoie un exemplaire.
Je serais heureux que cette lecture fût confirmée ou corrigée par les hommes compétents.
Convaincus par cette découverte que l'inscription de TUianus ne devait pas être isolée, nous avons cherché le long du canal, et nos trouvailles ont dépassé nos espérances.
La plus précieuse est celle de la date exacte de l'ouvrage, par l'indication du consulat.
L'inscription est ainsi formulée, en écriture plutôt cursive que monumentale :
EOà • ICLEMENT///
co(n)sule) I(ulU>) Clement[e.
C'est en 195, sous le règne de Septime Sévère, que Julius Tineius Clemens occupa la charge de consul avec Scapula Tertullus.
Le cursus honorwn de ce personnage nous est connu par une inscription gravée sur le colosse de Memnon. C'est donc près de 80 ans après la fondation d'Aelia Capitolina, que le canal à siphon a été construit, et ce bel ouvrage ne doit être attribué ni aux rois de Juda, ni à Hérode, ni à Ponce-Pilate, mais aux ingénieurs de la Legio décima Fretensis, qui présidèrent aux travaux publics de la colonie.
Comme preuve supplémentaire, voici trois autres textes découverts sur divers points du canal. Ils portent chacun le nom d'un centurion, sans doute le chef d'équipe chargé de diriger un groupe de travailleurs.
1. A la hauteur du Tombeau dit Rachel,sur la route de Bethléem à Jérusalem (Cl.-G.).
2. P. 9, le P. Germer-Durand y proposait de lire : S TITlANI P, «umptibus) ou s(umptu) Titianipv(aefccti). Une photographie de cette inscription est jointe à sa lettre. La comparaison des autres épigraphes congénères découvertes ultérieurement lui suggère aujourd'hui une lecture ditférentc : c(enturionis) Titianip(raepositïî) (Cl.-G.).
Le premier est gravé avec soin, et, quoique mutilé, confirme la date du consulat par le galbe des lettres. Il est ainsi formulé :
7 CLO • SAT/// c(eniurionis) Clo(dii) Sat[urnini.
Les deux autres noms sont d'une écriture moins soignée : la forme des lettres rappelle celle de l'inscription mentionnant le consulat. Il n'y a pas lieu de s'en étonner : toutes ces inscriptions étaient destinées à être noyées dans un épais blocage. Aucune n'était apparente, et leur découverte est due à la destruction partielle du canal.
Voici leur transcription :
7 SEVERI
• c^enturionis) Severi.
Le troisième nom était si mal écrit, qu'il a été répété au-dessous, d'une façon plus correcte :'
///////////// 7 VEr TT VERI c(enturionis) Veri*.
Il semble que le graveur ait écrit d'abord avec des lettres grecques, comme certains lapicides des catacombes de Rome.
Il n'a pas été possible d'acquérir les originaux de ces deux derniers textes; mais les trois premiers ont pris place dans le Musée de Notre-Dame de France, où sont réunis déjà un certain nombre de documents précieux pour l'histoire et la préhistoire de la Palestine.
Veuillez agréer, etc.
L'importante découverte due au P. Germer-Durand me remet en mémoire quelques faits qui me semblent avoir avec elle certains rapports intéressants.
Je rappellerai, d'abord, qu'en 1850, M. de Saulcy % examinant les ruines de ce même aqueduc désigné par les Arabes sous le nom de Qanat-el-Tchouffar *, « l'aqueduc des Infidèles », avait relevé, précisément dans cette même région, à la hauteur du
1. Peut-être faut-il restituer, comme dans l'inscription précédente : (Severt)? (Cl.-G.).
2. De Saulcy, Voyage autour de lamer Morte, t. I, p. 136, et Atlas, pi. XLII, - n<> 6.