jUSClï iUi, avec la prononciation rustique J = tch
LES INSCRIPTIONS ROMAINES DE l'âQUEDUC DE JÉRUSALEM 209
Tombeau dil de Radie), sur l'un des blocs de recouvrement du canal, un mot isolé, gravé en caractères latins de dix centimètres de hauteur : STROS1.
La forme des lettres lui avait paru indiquer le xu* siècle, et il inclinait à voir là le nom de quelque Croisé italien, appartenant peut-être à l'illustre famille des Strozzi. Il est permis de se demander aujourd'hui si celte courte épigraphe, qui est susceptible d'une tout autre lecture, ne ferait pas partie du groupe de celles qui viennent d'être découvertes par le P. Germer-Durand, et dont l'écriture cursive pourrait, à première vue, donner le change sur leur âge réel.
En tout cas, c'est certainement à ce groupe qu'il faut rapporter une autre épigraphe au sujet de laquelle j'ai retrouvé dans un de mes anciens dossiers une note dont voici la transcription textuelle :
Bethléem. — Sur un fragment provenant de l'aqueduc. D'après une copie succincte qui a été envoyée en 1877 à M. Arsène Darmesteter, et qu'il m'a communiquée à cette époque; quelques caractères dans lesquels je crois reconnaître : 7 QVART... (centuria) quarlaï
On pourrait lire aussi c{enturionis) Quart(ini)1
Il est possible, enfin, que ce soit au même groupe épigraphique qu'appartiennent également les fragments de « pierres taillées » que Berggren a vus autrefois sur la route de Bethléem à Jérusalem, à la hauteur du tombeau de Rachel, c'est-à-dire sur le tracé du mémo aqueduc, et sur lesquels il avait relevé les mots TITI... et EL... AVREL 1 .
Sur le système très développé d'aqueducs d'âges divers, qui amenaient à Jérusalem les eaux des sources abondantes situées dans les parages sud de la Ville Sainte (Ouàd 'Arroùb et Ou&d el-Btâr), et, en particulier, sur l'aqueduc qui vient de livrer cette série d'inscriptions romaines, consulter les levés et les observa-
1. Berggren, Guide français-arabe vulgaire, col. 466. Cf. A. Scholz, Reise, eic, 1822, p. 162 : 7 EL- AVREL., et Auctarium additament. ad C 1. L., vol. III, n* 4328. Le passage de Scholz cité dans Y Auctarium avait été signalé par moi i M. Mommsen, ainsi que celui de Berggren .
Rkdiil d'Archéolocib orientale. IV. Avkil 1901. Livr. 14
tions techniques de Sir Charles Wilson, Ordnance Survey, 1865, pp. 80 et suiv., pi. VII et XXVIII, et ceux de Schick, Zeitschr. des deutsch. Palaest.-Vereins, t. 1, p. 132-176 et pi. annexe.
Comme je l'ai montré dans le temps ! , c'est cet ensemble hydraulique vraiment remarquable, qui s'étendait jusque à Teqoù* — l'antique Thecoa, — à une quinzaine de kilomètres au sud de Jérusalem, que Behâ ed-])în, rapportant les délibérations du conseil de guerre des Croisés présidé par Richard Cœur-de- Lion, désigne sous le nom, au premier abord assez singulier, de : « rivière (nahr) de Teqoû' ».
Sur quelques noms propres puniques.
M. Lidzbarski 9 a eu l'excellente idée de dresser la liste alphabétique des noms puniques nouveaux qui apparaissent dans les inscriptions de Carthage contenues dans le dernier fascicule publié (1899) du Corpus Inscr. Semitic, I, t. II, fasc. secundns, n oi 907-1901. Il y a joint certaines des observations de l'éditeur, M. Ph. Berger, sur la forme et l'explication de ces noms, en y ajoutant, à l'occasion, ses propres observations. On me permettra d'en présenter à mon tour quelques-unes sur plusieurs de ces noms qui, malgré ce double essai, ne paraissent pas être encore définitivement élucidés.
toraa, 1886. "on = Ta« ; nom analogue à bjraYw, selon Lidzbarski. — Je me demande si ce ne serait ce nom même, bien connu, avec une simple faute de lapicide, a pour T?
la, 1109; peut-être hypocoristiquede * '"JlNou ' -TTN?(Lidzb.), — Cf. les n. pr. phén. *na et hébr. tw î
hjik, 1476; cf. Sa* (1110) et Aeneas (Ph. B.). — Peut-être est-ce l'abréviation épigraphique deprcat&K (avec le n additionnel qui, comme le \ suit souvent ce genre de sigles abréviatives) ?
[nfibana», nom de femme, 1561; corriger : [-jftnnaN ou
2. Lidzbarski, Ephemeris Sem., I, p. 34-37; Neue punische Eigennamen.
SUR QUKLQUES NOMS PROPRES PUNIQUES 21 l
lmp]boro*? (Ph. B.). — Peut-être une abréviation épigraphique de ce dernier nom?
!hm, lHO; = peut-ètreb*«N; cf. v Evimoç, roi de Byblos, mais la forme authentique W fait difBcullé (Pli. B.). — Peut-être abréviation épigraphique de bsraaTN?
djjn, 1538; ou d:d«? d::h? cf. n. pr. pun. p*, n° 309 (Ph. B.). — Peut-être abréviation épigraphique de pH ou \obh +??
n:s«, 1546; ...as avec** prosthétique? (Lidzb.). — Peut-être faut-il lire, en coupant tout autrement les lettres : n]ipbr:nDtf nasNn [ni; rusan serait alors une transcription de ©eosavïj* ou (mieux phonétiquement) dcôsoçavci, n. pr. f. métronymique??
Voth, 1387; pour bNDia? cf. baTO, 1052 (Ph. B.). — Cf. n. pr. hébr. wbai (Lidzb.). — Peut-être abréviation épigraphique de
TOP*, 1360; congénère des noms pr. phén. masc. «ph, «ma, wrm, et fém. rwriK, bsniWT* (Ph. B.). Peut-être hypocoristiquo de bjnnuPM, dont on a dit à tort, au C. /. 5., I, n° 390, qu'il était aussi un n. pr. masc. (Lidzb.). — Pour l'addition du \ cf. les observations que je fais plus bas, à propos du nom Tiwyj.
TTKttK, 1178; « vir Adari », cf. bibl. bram; Euting : = irr» w» (Ph. B.). — Peut-être abréviation épigraphique d'un nom tel
que TTR3XMK "?
Mban, 1315= Bibulusl? (Ph. B.). — Peut-être abréviation épigraphique d'un nom tel que bwra (cf. b«TO)? ou même, malgré le \ bjrxna?by:m?
n», f., 1519. Cf. n. pr. aram. (Lidzb.). — Peut-être forme fém. du n. pr. masc, fréquent à Carthage, h»?
\hn, 1294; faute du lapicide pour ^bin? (Ph. B.). — Ou, plutôt, peut-être abréviation épigraphique de ce dernier nom?
«pia f nom de femme, 1256 (ou opina). Cf. n. pr. bibl. pia et Barca, surnom de Hamilcar ; et, d'autre part, chald. npil, fira, « émeraude » (Ph. B.). — Serait-ce 'p:ia, Ikpsvta;, une métathèse populaire favorisée par la mobilité propre au n ??. On pourrait songer à un ethnique tiré de 13ipxr n de Cyrénaïque, mais le sexe du personnage fait obstacle.
p, 1398; peut-être contraction poia? (Ph. B.). Peut-être n. pr. numide? (Lidzb.)- — Non pas contraction, mais plutôt abréviation épigraphique de poia, ou depoa, forme qui, elle, semblé bien être une véritable contraction d'ordre phonétique (— Giscon).
wna, nom de femme, 1573. Cf. n. pr. masc. pun. twu, otwu (Ph. B.). — Pour soulager la difficulté signalée aux lignes 2-3, on pourrait peut-être lire : \xo p nfabonj na na wu « Girgasi, petite-fille (par sa mère) de [?Himilca]t fils de Magon »?).
ia*T, 974; fréquent dans les néop. de Mactar (Ph. B.). « Sprecher »? (Lidzb.). — Je propose de voir la transcription exacte de ce nom dans celui de Dabar des inscriptions romaines d'Afrique.
OttOT, 951 ; tiré du nom divin Dom, Djn (Euting: oottTi « quem Dom constitua) (Ph. B.). — Peut-être abréviation épigraphique de o!nran?
nSosn, voir ^osn.
"•apii, 1057; cf. Apaxwv? (Euting : — aptjr?) (Ph. B.); cf. n. pr. phén. pyj (Lidzb.). — Ne pourrait-on lire : '"^pia? cf. supra, up-», f.
apan, 981 ; cf. opan (Ph. B.); et pan, npan, f. (Lidzb.). — Le nom pr. avî (cf. aan) semble être une variation orthographique de pan, et celte variation même (p =a ; a = i) pourrait être l'indice d'une origine libyque.
]n*\ 1381 ; cf. n. pr. bibl. ra* (Ph. B.). — Ce nom s'était déjà rencontré au n° 746. Peut-être est-ce un nom libyco-numide (comme le patronymique ]D"un g. v.); cf. Iaphtmi? (génitif, à corriger peut-être laphtnil ), dans inscr. rom. d'Afrique.
bin\ 1312; cf. n. pr. bibl. Snr ; Sx, dieu inconnu, cf. ote, aram. (C. /. S., II, 113) ? A lire peut-être S[«]an (Ph. B.). — Le 2« caractère est peut-être un i ? Nom libyco-numide ? cf. les noms pr. commençant par V( lu), av, et celui de la bilingue d'El- Amrouni f : pbîtfai*, transcrit Iuzale, peut-être pour Iubzale. Le patronymique est à restituer peut-être [p]bo; cf. Malminus, dans les inscr. rom. d'Afrique.