Corp. inscr. yraec, n
LA NULLE SIMÈ d'ÉLEUTHÉROPOLIS 239
peut-être bien quelque soldat de passage, ou en garnison dans le pays — la sentimentalité naïve de Dumanet est de tous les temps. Le nom porté par notre homme n'est pas sans offrir quelque difficulté : A. NIKATEIAW.
Il s'agit certainement d'un nom de forme patronymique caractérisé par la.désinence st3r^ — ièr$. NtxaTsfôiQç (tiré de Nixifaxç) serait, assurément, très plausible; je doute seulement qu'il ait été écrit au datif, NixaTe(8[(s)t], comme l'admet, non sans hésitation du reste, M. Macalister. Je préférerais restituer : ou Nnurréâlr,], en considérant le I final comme la haste droite d'un H ; ou même Nixr:£i3(r,)i, avec le iota adscrit; cette dernière orthographe impliquerait une date asse? reculée, mais qui ne serait pas, somme toute, en désaccord avec l'Age apparent de l'écriture (cf. entre autres, la forme ancienne du I et des M).
Une question plus grave, parles conséquences chronologiques qu'elle peut entraîner, est celle que soulève le groupe A., précédant NEIKATEIAII.
Si la lecture matérielle était assurée, on ne pourrait guère interpréter cette sigle, suivie d'un point, que comme l'abréviation d'un prénom romain tel que A(cJxioç). Cela tendrait à abaisser sensiblement la date de l'inscription; il y aurait peut-être alors désaccord avec les indications paléographiques; mais, d'autre part, il y aurait peut-être plus d'accord avec les indications archéologiques, la disposition intérieure de l'hypogée rappelant beaucoup celle des columbaria romain. Toutefois, il convient de remarquer que la lecture A. n'est rien moins que sûre. M. Macalister dit luimême ne pas être certain que le point soit accidentel ou intentionnel; et, quant à la lettre, il hésite entre A et A. Dans ces conditions, il est permis de se demander s'il ne conviendrait pas de lire ANIKATEIASI, en considérant le A comme partie intégrante du nom propre; 'AvuurefêYK (== 'Aviv^^ç) serait tiré très régulièrement du nom propre 'AvCxr^:? (= 'Avfeorcç), qui existe réellement. La question, comme on le voit, ne manque pas d'importance, et il serait vivement désirable d'avoir un bon estampage qui permit de la trancher.
Si elle Tétait dans le sens de la seconde hypothèse, si Ton devait lire 'ÂvixaTefô-qç, sans prénom à la romaine, et si Ton passait outre à l'objection assez sérieuse, je le reconnais, de l'origine romaine des columbaria, on serait conduit, en tenant compte de la paléographie du texte qui pourrait remonter facilement à la fin du ni e siècle avant J.-C, à admettre que Aneikatidès pouvait avoir appartenu à Tune des armées qui se trouvèrent en présence à la bataille de Raphia en 217 et dont le passage à Sandahanna est attesté par les inscriptions ptolémaïques officielles dont j'ai essayé précédemment 1 d'établir la véritable date et signification.
Les poteries rhodiennes en Palestine (PI. I, B, C).
Le Prof. Th. F. Wright a publié récemment* deux anses d'amphores estampillées, trouvées en Palestine et conservées, Tune au Semitic Muséum de la Harvard University, l'autre au Muséum du séminaire théologique d'Andover (Massachusetts).
Il lit sur la première estampille : O METAI IEPEQI (sic)... ; il veut y reconnaître la mention d'un « grand-prêtre juif », dont le nom, en partie détruit, serait peut-être celui d'Ismael, compétiteur de Annas (le Anne des Évangiles); il voit au centre de la légende circulaire (et rétrograde) un symbole juif.
Je crois qu'on peut affirmer sans crainte de se tromper que c'est, en réalité, une estampille rhodienne; le symbole n'est autre que la fleur emblématique de Rhodes (rose, ou plutôt fleur de grenadier sauvage, (3aXau<mov). La légende rétrograde doit être lue :
[ElT ou EO'] IEPEQI À(P)MOIIAA, « sons le prêtre Harmosilas ».
Je ferai remarquer que, justement, le nom de Harmosilas se retrouve en toutes lettres, avec la même fleur emblématique, sur trois des anses estampillées de l'abondante série rhodienne re-