LES POTERIES RHODIENNES EN PALESTINE
cueillie dans les fouilles de Tell Sandahanna 1 . Il s'agit donc d'un simple prêtre rhodien, faisant fonction de magistral, et non pas d'un grand-prêtre juif.
La seconde anse porte une estampille rectangulaire disposée autour d'une tête de taureau (voir pi. 1, C).
M. Wright lit : ETTI KAAAIITOY MOP[OY], et traduit « for the sake of the most fortunate destiny ». Le symbole se rapporterait, selon lui, au culte du taureau ou du veau adoré par les Israélites idolâtres.
Ici encore il s'agit d'une anse d'amphore rhodienne. La légende ne contient nullement un vœu de bonne fortune, mais bien le nom d'un autre magistrat rhodien, de l'ordre civil.
Elle doit se lire :
ETTI KAAAIITOY MOP[MIOI]> Sous Kallistos, fils de Mormis.
Le nom de ce magistrat, caractérisé par le même patronymique, avait déjà apparu sur des anses notoirement rhodiennes 1 ; il y est accompagné également du même symbole — le bucrâne — qui, par conséquent, n'a certainement rien à voir avec les veaux d'Aaron ou de Jéroboam.
Ces deux anses estampillées, bien que leur provenance palestinienne soit assurée, n'ont donc, quoi que ce soit de commun avec l'histoire et la religion des Juifs, n'en déplaise à M. Wright qui s'est laissé égarer par de trompeuses apparences.
Je rappellerai, en terminant, qu'on trouve en Palestine une grande quantité d'anses d'amphore marquées aux estampilles rhodiennes*. Le fait doit s'expliquer probablement par une im-
1. Pal. Expl. Fund, Quart. Stat., 1901, pp. 25-43 î no» 55, 56, 57.
2. Cf. par exemple, Dumont, Inscr. céram., p. 292, n°» 127, 128.
C'est peut-être le môme patronymique MOP[MIOZl qu'il faut restituer sur une autre anse rhodienne exhumée en Palestine (a Tell Dj'deiiè; n°121,p. 40- 41 de la liste du Quart. Statcment, l. c), et portant également le môme symbole : le bucrâne.
3. Cf. la trouvaille de Tell Sandahanna mentionnée plus haut. Les deux premiers exemplaires connus ont été recueillis par moi, il y a une trentaine d'années. Tune à Jérusalem, l'autre à Jafîa (voir mes Arckaeoloyic. [iesearclu'< , t. II, p. 248).
D'autres anses à estampilles rhodiennes ont été trouvées depuis, çà et là, en
Rbcukil d'Archéologie ohisntale. IV. Mai 1901. Livr. 16
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porlation considérable d'amphores rhodiennes contenant du vin de Tile, un vin réputé qui venait concurrencer les crûs locaux.
Un sceau des Croisades appartenant à la Léproserie de Saint-Lazare de Jérusalem (PI. I, D, E).
Le P. Paul de Sainl-Aignan, de la Custodie franciscaine de Jérusalem, a acquis dernièrement d'un fellah une très curieuse bulle de plomb des Croisades dont il a bien voulu m'envoyer des moulages et des photographies. Il y voit avec raison le sceau, jusqu'à ce jour inconnu, de la Léproserie de Jérusalem placée sous l'invocation de saint Lazare.
Sur Tune des faces (E) est figuré un évêque (?) ou abbé mitre, tenant la crosse de la main gauche et bénissant de la droite. Sur l'autre face (D) un lépreux, la tète encapuchonnée dans une sorte de bonnet à oreillettes pendantes, le visage ravagé par le terrible mal, agite de la main droite la triple cliquette ou crécelle qui lui était imposée par les règlements sanitaires 1 de l'époque pour signaler son approche et mettre en garde contre un contact dangereux: sa main gauche est ramenée contre sa poitrine.
La légende, en partie mutilée, semble devoir être lue : (E) + Sigillum [? d(omu.s)* lepro]sorm?i (D) + s(ancti) Lazari j? de lhe]rusalem
Palestine. Je citerai, par exemple, celles qui sont sorties des fouilles de Gulhe" à Jérusalem (/. />. P. Y., p. 318 et suiv. ; cf. pi. XI) ; une autre de la collection von Ustiuow (Jafïa) publiée par Euting (iïpigr. Mise, I, n° 86), etc.
1. Cf., par exemple, la Coutume du Hainaut (revisée un 1183): Coût umiw général, t. Il, p. 37. Le document parle également d'un « chapeau », probablement de forme spéciale.
2. Je m appuie pour la restitution du mot domus sur les qualifications officielles de l'établissement telles qu'elles sont données dans les documents contemporains dont je parlerai plus loin. Vu le peu d'étendue de la lacune, je suppose que le mut était écrit en abrégé l>\
Lp I\ P. de Saint-Aignan, qui a l'avantage d'avoir l'original sous les yeux, inclinerait plutôt à restituer [ll)ospitii\ ce qui m.» fait hésiter à admettre* cotte restitution, c'est que le terme de hospitlum n'apparaît pas dans 1 s documents officiels. Sur l'autre face, il propose de restituer L-izari [c](ivitati$) '/j/metac Jérusalem.