Ct. Rec. d'arch. or., II, 189, n
prendre dans la dissertation de Reichel *. J'y relève, à cet égard, un détail frappant ; c'est celui qui figure sur certains vases peints où l'on voit le dieu assis sur [autel même. On peut dire qu'au fond, l'autel est le meuble par excellence de la divinité, meuble servant à deux lins : c'est, avant tout, la table où il vient prendre ses repas sous forme de sacrifices; mais c'est aussi, à l'occasion, la desserte une fois enlevée, le siège où il prend place. C'est peut-être bien ainsi qu'il faut entendre le mystérieux livra du grand dieu nabatéen Dusarès, qu'on se serait attendu à voir mentionné dans la savante étude du P. Lagrange. Je crois utile d'en dire quelques mois.
On a longtemps hésité sur la signification de ce vocable * : nom spécifique d'une divinité, ou simplement substantif dérivé de la racine irv = am = aw « siéger » ? La première hypothèse semble exclue par la tournure même de l'expression : « Dusarès et son motab (rarvnn ktott) ». Reste la seconde. Tout d'abord M. Noëldeke 1 opinait, non sans quelque hésitation, pour la signification « trône »; plus tard il inclinait vers celle de « assistance, consistoire »,un cr i>*-»,une sorte de conseil des dieux assesseurs de Dusarès. Si Ton se met au point de vue rituel que je viens d'indiquer, le sens de « trône » paraîtra beaucoup plus plausible. C'est celui qu'ont adopté définitivement, avec raison, je crois, les éditeurs du Corpus inscriptionum semiticarum \
J'irais même plus loin dans cette voie et je serais tenté de me demander si dans le motab de Dusarès, il ne faudrait pas voir cette pierre noire carrée de Pétra dont on a tant parlé d'après les passages mainte fois cités de Maxime de Tyr, Suidas et Cedrenus 5 .