Rev. bibL, 1901, p
4. Le nom du roi des Zakkari, Bidil, pourrait fournir un indice û cet égard. Il est lu Bidir par M. Max Millier et considéré par lui comme étant de souche philistine; malheureusement personne encore ne sait ce qu'était le philistin. M. Maspero (Rec trav., XVIII, p. 120) avait proposé de l'expliquer par bxi2, nom phénicien dans le genre de mnWT2 HoSo^xw?, etc. Le I\ Lagrange {Rev. bibL, 1899, p. 481) pensait àbNmE. assyr. Vudiilu. Il faut peutêtre en rapprocher le nom sémitique assez étrange SxT2 qui apparaît sur un très vieux cachet publié autrefois par moi (Sceaux ut cachets, etc., n° 10) ; la focalisation du signe égyptien (bai, bi, bê) serait assez en faveur de ce rapprochement. Si l'on accepte la lecture matérielle de M. M. Millier Bidir, cette forme serait, elle aussi, aisément réductible à un radical sémitique : 112, j-i, Btôpoç, et ce, sur le terrain araméo-arabe vers lequel nous allons être conduits tout à l'heure d'une façon assez inattendue.
onomastique. Je suis tenté, néanmoins, de me demander s'il ne faudrait pas faire entrer en ligne de compte le nom d'un peuple dont, il est vrai, il n'est question que tardivement, mais dont l'existence peut fort bien remonter beaucoup plus haut que l'époque à laquelle il en est parlé; ce sont les Dacharènoi, groupe nabatéen, ou nabatéo-arabe, qu'Etienne de Byzance mentionne à plusieurs reprises 1 .
Il résulte de l'explication étymologique même relatée par Etienne de Byzance (ap<j£viy.c( « les mâles »), que sa transcription ÂayapTjvc! recouvre quelque forme originale telle que] n 3"T> *0"dt«, ou se rattache, en tout cas, .au radical nn « mâle », radical dont la forme primitive est à rapporter à l'hébreu w, même sens,
comme le montre suffisamment la forme arabe intermédiaire j*.
Dans le nabatéen, tel que nous le connaissons, comme dans les autres dialectes secondaires de la famille araméenne : palmyrénien, syriaque, etc., le 7 = S a évolué normalement en T; mais nous avons la preuve qu'à un stade plus ancien de la langue, le t se maintenait encore; c'est ce que monire clairement une des plus vieilles, sinon la plus vieille des inscriptions nabatéennes connues, celle relalivc au roi divinisé Rabbel I, que j'ai publiée antérieurement 1 ; nous y voyons, en effet, que le pronom relatif conserve encore sa forme archaïque ^ (= ^S), au lieu de
\. Steph. Byz., s. t\ : Aa/aprjvo'i, ê'Qvo; *Apa6:a;, ocuo Nséâtou TzpQazyopujQhi Naêataîov. S^jxa-'v^i %l tb Ai*/apr,voi ipisvtxo^;. — 1(1., S. V, Aouaapr, : Oeo; èï o'jto; irapà "Apa^iv xa\ Aa/apr.vo'i; -ci[i(^|j.£vo; • o\ oîxoOvts; Aov<rapr,voi ro; Aa/aprjvoî. Cf. Eustathe, Comment. IHonys. Pcrieg., 954, qui ne fait guère que copier le passage en le résumant, et Plolémée, VI, 7, 23 (éd. Wilberg, p. 407) qui place les Aa/apr.voi assez au sud, vers l'Arabie Heureuse.
Eustathe reproduit à ce propos une singulière étymologie du nom du Nabatès ancêtre fabuleux des Nabatéens : NarôârY); II, ?a<riv, 'ApaSum h 1% nor/si*ç Yevopevo;. On ne voit pas bien ie mot, arabe ou autre, visé par cette étymologie peu flatteuse. Peut-être repose-t-elle sur quelque légende plus ou 'moins bien comprise par Eustathe et dans le goût de celle relative à l'origine incestueuse des Ammonites et dos Moabites? Ou bien y aurait-il en jeu quelque paronomasie entre ï2X3 et jL' (cf. *j~+ « enfant supposé, enfant trouvé »)? Cf. aussi DVZ2 et les sens péjoratifs de izX f £■- ' *?