‹ Recueil d'archéologie orientaleChapitre 163 sur 213 · Page 182 (H · texte numérisé non relu

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2. Vie d'Isidore, dans la Bibl. de Photius, éd. Bekker, p. 347.

3. Cf. les monnaies de Bostra (de Saulcy, Num. de la Pal., pp. 367 sq.) frappées sous Sévère-Alexandre, avec légendes purement latines, et l'apparition du titre Colonia Bostra (parfois môme avec l'adjonction de l'épithète Alexandriana) qui se maintient dans les monnayages ultérieurs. A partir des Philippes la ville est même qualiOée de metropolis, sur les monnaies, rang qu'elle gardera plus tard, lors de l'organisation ecclésiastique de la province d'Arabie

BOSTRA ET SON MUR D'ENCErNTE NABATÉEN 263

Par les Dionysiens, voisins de Bostra (xoîç xéXaç Aiovuateyatv), dont parle Damascius, il faut entendre les habitants de Dionysias, ville de la province d'Arabie, dont j'ai autrefois discuté l'identité et la position 1 . Ce témoignage du philosophe originaire de Damas, qui était à même de bien connaître l'histoire et la géographie de la région, peut fournir un nouvel argument en faveur de la localisation de Dionysias à Salkhad ; le phrourion de Bostra aurait eu pour objectif stratégique de couvrir les approches de Salkhad du côté de l'ouest. En tout cas, quelle que soit la ville de l'Arabie qui réponde à Dionysias, il convient, je pense, pour expliquer l'origine de cette dénomination hellénique, de tenir compte du fait constant que l'équivalent mythologique du dieu nabatéen Dusarès était Dionysos *; par conséquent Dionysias, la ville de Dionysos, était, en d'autres termes, la ville du dieu Dusarès. Il ne serait pas impossible, sous le bénéfice de cette observation, qu'il y eût quelque rapport entre le renseignement de Damascius, d'après lequel les rois nabatéens auraient fortifié la place de Bostra « pour les Dionysiens » et la teneur de notre inscription disant que le travail a été fait « pour Dusarès ». Cette dernière expression, quelque peu singulière, surtout si Ton admet qu'il ne s'agit pas d'un sanctuaire, s'éclairerait d'un jour nouveau, étant donnée l'identité de Dusarès et de Dionysos ; elle équivaudrait à : « pour les habitants de la ville du dieu Dusarès », autrement dit : « pour les Dionysiens ».

Puisque l'occasion s'en présente, je crois utile d'enregistrer, sans prétendre me prononcer sur sa valeur, une conjecture qui vient d'être émise par M. Halévy * pour l'interprétation de la dernière ligne, fort obscure, de cette inscription de Bostra. Comme je l'ai rappelé plus haut (p. 182), M. de Vogué lisait et traduisait :

1. Études (Tarch. or. f I, p. 178, 186. Je penche pour Salkhad, Waddington pour Soueîda (que j'identifierais plutôt avec Maximianoupolis) ; son opinion est adoptée par Gelzer et Noeldeke.

2. Hesychius, sur l'autorité d'Isidore, s. v. : Aov(xapt)v «cbv At6w<rov NotfiaxaTot,

*>C ?Y]<TtV 'I?COO>pOC*

3. Séance de la Société asiatique, du 8 mars (J. As. 1901, I, p. 341).

Pour Doucbara et., it dieux...

Il inclinait à voir là un couple composé du dieu Dusarès et d'une déesse parèdre dont le nom mutilé se terminait en U ; wftbtf, suivi d'un, qualificatif disparu, formant apposition aux noms des deux divinités, comme dans nombre de dédicaces similaires.

M. Dussaud, qui a revu et estampé la pierre, au moins pour cette dernière ligne, lit le mot douteux : nntr;, et il le considère comme l'équivalent du substantif nn^tt? ; ce quil'amène à traduire ainsi : « pour Doucharâ et le reste des dieux... »

Il est certain que rPW = nniw, avec élimination du a radical, ne va pas sans quelque difficulté. Aussi, M. Halévy, combinant l'idée première de M. de Vogué avec la lecture matérielle de M. Dussaud, propose-t-il de voir dans row le nom d'une déesse parèdre, qui, si j'ai bien saisi ses explications verbales, serait une forme féminine dérivant du nom même de *rw(n) ou, pour parler plus exactement, du second élément de ce nom. Le rapprochement ne laisse pas d'être spécieux. Toutefois, on s'attendrait plutôt, senïble-t-il, en pareille occurrence, aune forme mtoxvt, qui serait le pendant symétrique et normal de Nitz; rr : « la maîtresse, la dame du Ghârâ », comme « le seigneur du Clt&râ ». Il faudrait admettre alors que le nom de cette déesse problématique affectait la forme d'un simple ethnique et équivalait à « la Charaïte ». Un tel sobriquet est-il suffisant pour avoir constitué, chez les Sémites, un vocable divin réellement spécifique ? On voudrait, pour l'admettre, avoir d'autres exemples de vocables similaires.

Sur quelques noms de vêtements chez les Arabes de

Palestine.

M. Bauer vient de donner 4 une liste étendue, et intéressante à plusieurs égards, des noms de vêtements, et accessoires similaires,

1, Zeitschrift des deutschen Palaestina-Vereins, t. XXIV, fasc. 1.

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