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Nom d'homme dont on a des exemples

La carte de la Terre Promise d'après la mosaïque de Mâdebâ.

On se rappelle la découverte sensationnelle faite, il y a quelques années, à Mâdebâ 1 , dans le pays de Moab, d'un monument extraordinaire et jusqu'ici unique en son genre : celle d'un grand pavement de mosaïque ayant appartenu à une ancienne basilique et représentant sur une échelle considérable, une véritable carte de la Palestine telle qu'elle se comportait à l'époque byzantine. C'est, de l'aveu de tous, un document inappréciable au point de vue géographique et archéologique.

Il a déjà été l'objet de nombreux travaux destinés à en élucider l'interprétation, souvent difficile, cette vaste mosaïque ayant beaucoup souffert, et plusieurs parties étant même entièrement détruites.

M. A. Schulten vient d'en reprendre l'étude dans un mémoire 1 qui, à en juger par son étendue, aurait semblé devoir être, comme disent les Anglais, « exhaustive of the matter ». Malheureusement, il est loin d'en être ainsi, et la lecture achevée, on éprouve un certain sentiment de désappointement. On peut dire qu'à part quelques rectifications de détail et, malgré un grand déploiement d'érudition sur certains autres points — déjà mis en lumière ailleurs du reste — les questions essentielles soulevées par la mosaïque n'ont pas fait un pas de plus.

M. Schulten s'attache à démontrer longuement que la carte de Mâdebâ dépend étroitement, sous le rapport toponymique, de i'Onomasticon d'Eusèbe. Ce n'est pas là un fait nouveau; le P. Lagrange, dans son excellent petit mémoire, avait, dès le début, fait à cet égard les remarques nécessaires et suffisantes.

1. Voir Recueil d'Arch. Orient., II, p. 161 et suiv. Cf. Quarterly Statement, 1897, pp. 167, p. 213-225 (Glermont-Ganneau), p. 29 (Sir Charles Wiison).

2. Die Mosaikkarte von Madaba, etc. (Abhandl. der K. Gesellsch. der Wilsensch. zu Gœttingen). Berlin, 1900; 121 pp. in-4°, 3 taf.

A ce propos, M. Schulten discute la question de savoir si, en dehors du texte de YOnomasticon, il n'y aurait pas eu, accompagnant l'ouvrage complet d'Eusèbe, une carte figurée qui aurait pu servir de modèle au mosaïste de Màdebâ, et il conclut pour la négative. Il se refuse à voir dans la xxwtYpaçT} dont Eusèbe parle dans son introduction, une carte de la Palestine au sens géographique du mot ; pour lui, ce mot désigne la simple liste énumérative des localités, à l'exclusion de toute image topographique, soit faite par Eusèbe, soit empruntée par celui-ci à quelque source antérieure. La chose est loin d'être démontrée. Saint Jérôme, qui devait avoir naturellement sous les yeux un exemplaire complet de Y Onomasticon qu'il a traduit en latin, parle expressément d'une chorographia et d'une pictura ; c'est bientôt fait de dire avec M. Schulten que saint Jérôme s'est mépris sur la valeur exacte des termes employés par Eusèbe. M. Kubitschek 1 , a élevé contre cette conclusion de sérieuses objections. J'estime, quant à moi, jusqu'à plus ample informé, que l'hypothèse de l'existence d'une carte eusébienne, et, par suite, d'un rapport possible entre cette carte et celle de la mosaïque, n'est pas « ausgeschlosscn » comme on dit en Allemagne.

M. Schulten s'applique, d'autre part, à établir, par une discussion minutieuse, qu'il n'y a aucun lien direct entre la carte de Mâdebâ et les plus anciennes cartes médiévales de la Terre Sainte venues jusqu'à nous. Personne que je sache n'avait eu une telle idée, et c'est peut-être dépenser beaucoup *de temps et de peine à la réfuter si longuement. On aurait préféré voir l'auteur s'occuper davantage des problèmes topographiques et autres soulevés par l'examen intrinsèque de la carte elle-même. Bien qu'il

\. Die El osaikkarte Paldstina (Mitth. d. k. k. Geogr. Gesellsch. in Wien, 1900, pp. 335 380). Bien que de dimensions plus modestes que le grand mémoire de M. Schulten, la dissertation du prof. Kubitschek lui est supérieure à plusieurs égards, notamment au point de vue de l'information bibliographique concernant les travaux antérieurs ; elle a, en outre, l'avantage d'être accompagnée d'un excellent index des légendes toponymiques de la carte, index dont l'absence se fait cruellement sentir dans l'ouvrage de M. Schulten, ouvrage touffu jusqu'à en être quelque peu diffus.

RKCUBIL D'ARCHÉOLOGIE ORIENTALE. IV. J CI LUT 1901. LlVHAIdON 18.

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se défende, en principe, de traiter ces problèmes, les abandonnant un peu dédaigneusement à ceux qu'il appelle les «theologen », il a été amené à le faire à plusieurs reprises, mais pas toujours d'une façon très heureuse ou très nouvelle. J'ai constaté qu'il ignorait complètement le petit travail que j'ai publié autrefois, dans le présent Recueil ', sur la carte de Mâdebà. Je le regrette, parce que cette lecture eût pu lui épargner quelques erreurs, lacunes ou redites. Je me permettrai d'en relever quelques-unes au courant de la plume, en reproduisant, pour plus de commodité, les n°* d'ordre qu'il a donnés aux localités, et en y ajoutant, à l'occasion, quelques observations nouvelles :

— N° 16. [Su>/apVj vOv ..^/(.ipa. Qu'on restitue [2u]x*/topa, ou bien [Ac]xy(â)pa,[Aaj]xx<*>pa, le second nom de Sychar, il convient de rapprocher, pour la vocalisation, la forme samaritaine : moy nnp» Kariat 'Askur, employée concurremment avec la forme iddst, 'As/car '.

— N°23. L'identité de 'AXwv 'Axae (='A6a$) avec la « Area Atad» de saint Jérôme (Genèse, l, 10), dont l'équivalent manque dans nos manuscrits d'Eusèbe, identité qui avait échappé au P. Lagrange, avait été signalée déjà et établie par moi ainsi que la singulière localisation à Beth Hoglah (Recueil, 1. c).

L'omission peut paraître d'autant plus singulière que M. Schulten renvoie pour la a kleinere Litteratur » de la question aux Comptes-rendus de l'Académie, 1892, p. 144. Il est -à présumer que ce n'est là qu'une citation de seconde main, faite par acquit de conscience; elle est matériellement fausse — la date 1892 devant être changée en 1897; et, de plus, les références contenues dans la note qu'elle vise — et qui est de moi — concernent uniquement les découvertes archéologiques faites à Màdebà avant celle de la mosaïque.

2. Chronique Samaritaine, éd. Neubauer, Journal Asiatique, 1869 noy., pp. 463, 464; cf. p. 462 et aussi, pp. 434, 436. Je ferai remarquer, à ce propos, que la glose arabe (p. 462 JUJI JZ^] = nzvbyn n:riD, rapprochée de l'autre glose (p. 434): 13D1 =jKLc, tend à confirmer le rapprochement étymologique que j'ai fait autrefois pour ce nom de lieu (voir mes Archaeolog. Researches iu Pal., vol. II, p. 325). En outre, cette forme "DD^ peut servir à expliquer comment s'est introduit, par la suite, le ain prosthétique dans ce nom de lieu. 11 ne serait pas impossible que le jSC«p moderne fût une contraction d'une série de formes successives telles que : idd WJ, 13D^ TO t « la source de Sychar », étant donnée l'importance de la source qui existe en ce lieu.

— N° 29. Il n'est nullement démontré que To<pva figure sur la carte à titre de représentant du Nahel EskoL Eusèbe lui-même fait la plus expresse réserve * sur la tradition rapportée par lui à propos de ce nom de lieu. D'ailleurs, la carte inscrit maintes localités auxquelles ne se rattache aucun souvenir biblique.

— 43. M. Schulten transcrit, ici et passim, TtStOpa, bien que l'original ait nettement ri&pôa, forme beaucoup plus vraisemblable en soi. Je ne pense pas que ce soit une faute d'impression, car (p. 93), il transcrit expressément Gidithra*.

— N oi 48, 49. — Sur les identifications possibles de Ôeparaç et BeTojjieXYïîfo (corrigez B£Tdp.eXYeÇi<;)> voir mes observations (Recueil, 1. c.)

N°5i. L'identification deKa epoutx avec KaptoO Iapeip. est des

plus arbitraires. Kefr Rût que j'avais proposé conviendrait aussi bien pour la position et beaucoup mieux pour le nom.

— N° 56. Evexa6a = m pr du Talmud, comme je l'ai montré.

— N° 58 [Sa<p]apea, entre Lydda et [Bet]odegana, ne saurait correspondre, pour la position, à la Sarafia d'Antonin de Plaisance, laquelle est près d'Ascalon, c'est-à-dire bien loin de là ; je propose de l'identifier avec Safiriyeh, (Sâfritjeh) qui est précisément entre Lydda et Bett Dedjan.

— N° G5 (à Àscalon). 11 faut restituer, comme je l'ai fait voir • : [xwv Tptwv ? (jLoprjpaJv AtYuwtfcov, et reconnaître là la mention du sanctuaire des trois fameux martyrs égyptiens d'Ascalon dont Eusèbe 4 a raconté lui-même ailleurs l'histoire.

— N° 66. Axxa[p(Dv] ii v3v Ax[ap«v?]. Il est peu probable que le mosaïste aurait ajouté la forme moderne du nom si elle n'eût différé de l'ancienne, comme l'admet M. Schulten, que parl'ab-

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