Strabon, XVI, 4 : 18; Diod. Sic, iïl
perdu, d'Artémidore d'Éphèse. Nous sommes là, ne l'oublions pas, précisément dans l'habitat des Nabatéens, dans la région qui nous a livré tant d'inscriptions sinaïtiques. Les deux récits, puisés respectivement à cette source commune, se contrôlent, se complètent et s'éclairent l'un l'autre. Ils nous parlent, d'abord, du territoire du Phœnikôn, la grande et fertile palmeraie des environs deTôr, auprès du cap Posidion, avec son enceinte sacrée gardée par deux néocores des deux sexes, où s'élevait un autel antique bâti en pierres dures, portant une incription en vieux caractères inconnus 1 . Puis, passant à la description de la côle qui s'étend au sud et retourne vers Test, à la pointe même de la péninsule, au pied du massif du Sinaï, ils nous disent que cette région appartenait autrefois aux Maraniles, population mi-partie agricole, mi-partie nomade, mais que ceux-ci en ont été évincés dans les circonstances suivantes. On a l'habitude de célébrer au Phœnikôn une grande fête pentaétérique* à laquelle viennent prend part toutes les populations des alentours. On y sacriiie aux dieux, dans le sanctuaire vénéré, des chameaux gras, et l'on en rapporte une certaine eau qui jouit de la vertu de guérir les malades. Or, profitant de l'absence des Maranites, partis pour assister à cette fête nationale, leurs voisins les Garyndéens», envahirent à Timproviste leur territoire et s'en emparèrent après avoir massacré tous ceux qui y étaient restés.
Nous voilà donc, incontestablement, en présence d'une fête cyclique qui existait déjà vers la fin du n* siècle avant notre ère*, chez les habitants de la région Sinaïtique. Sans doute, il n'est pas dit expressément que les Maranites, non plus que les Garyn-
1. Ce dernier détail n'est donné que par Diodore ; il contient une indication archéologique bien précieuse. L'inscription barbare gravée sur cet autel qu'on retrouvera peut-être quelque jour, pouvait être nabatéenne, voire même protonabatéenne ou araméenne.