‹ Recueil d'archéologie orientaleChapitre 177 sur 213 · Solinus, édit. Mommsen, pp · texte numérisé non relu

Solinus, édit. Mommsen, pp

NOTES DE MYTHOLOGIE SÉMITlUl'E

Notes de mythologie sémitique.

M. Pinches a publié - sur la religion babylonienne une petite étude d'ensemble qui est fort intéressante parce qu'il a su y condenser en quelques pages, et mettre ainsi à la disposition des non spécialistes, une quantité considérable de données fournies principalement par l'onomastique.

J'ai noté çà et là, au courant de la lecture, quelques points qui me paraissent prêter à des observations ou des rapprochements.

— [Page 276]. Le dieu du Soleil, Chamach, avait deux suivants ou serviteurs : Micharou, ou Micharoum (cf. p. 276) et Dàanou. — Je comparerai le rôle des deux acolytes de Hélios : Monimos et Azizos, dont j'ai eu déjà l'occasion de parler plusieurs fois ici.

— [P. 277]. On rendait des honneurs divins au Char du dieu du Soleil. M. Pinches rapproche avec raison les chars du Soleil dont parle la Bible (II Rois, xxm, 11). — On pourrait aussi en rapprocher le nom suggestif du 6ec7>v ïyr t \xx, « Char des dieux » donné par les Phéniciens à une haute montagne (volcanique ?) de la côte occidentale d'Afrique {Périple de Hannon, § 16); le nom original pouvait être quelque chose comme tkiv^z dSk.

— [P. 277], La ville de Sippara — ou plutôt « l'esprit de la ville » — avait le caractère d'une personnalité divine; il semble en avoir été de même d'autres villes babyloniennes. — Cet « esprit de la ville » rappelle singulièrement l'entité hellénique de la vjyx de la ville considérée comme un être de raison.

— [P. 278]. Les rivières étaient douées également de la personnalité divine et, à ce titre, leurs noms intervenaient comme

1. Revue de l'Histoire des religions, 1901 , L. XLIII, pp. 273-297 : Observations sur la religion des Babylonien* 2.000 ans avant J.-Ç.

élément dans la formation de ceux de personnes : Oummi-Ara- Ahtoum, « ma mère est l'Arakhtou » ; Oummi Idigna y « ma mère est le Tigre ». — A rapprocher certains noms gaulois similaires qui ont été l'objet d'une étude spéciale* de M.d'Arbois de Jubainville (Comptes- Rendus de VAcad. des biscr., 1889, p. 14 1).

— [P. 280]. Le nom propre Ina-qat-Chamach est expliqué par « (qui a été fait) de la main de Chamach ». — La préposition via ne peut-elle pas avoir aussi simplement le sens de « dans »? Je comparerai, en tout cas, le nom phénicien Sntu « dans (ou « par »?) la main de El » (?), gravé sur un très vieux cachet que j'ai fait connaître autrefois 1 . Si ce rapprochement est valable il lèverait le doute matériel qui planait encore sur la valeur du troisième caractère phénicien et assurerait à la fois la lecture et le sens étymologique du nom propre.

— [P. 281]. Parmi les nombreux noms théophores formés avec celui du dieu Sin, le dieu de la lune, j'en relèverai un : Sinmagir « Sin est bienveillant ». Tel est bien, en effet, le sens du mot assyrien magir, de la racine magâru ian f « être favorable ». Je me demande si ce n'est pas là qu'il faudrait chercher l'explication de ce surnom énigmatique de l'Apollon phénicien de Cypre, dont j'ai eu l'occasion de m'occuper à diverses reprises * : Mayetpioç Maytp'.oç. L'épilhète convient biçn à la divinité; elle impliquerait une forme originale telle que "UO «jtn ; la transcription grecque serait tout à fait normale 3 et justifierait, d'autre part, Tétymologie populaire qui a donné naissance à la fable singulière dont j'ai parlé : Cadmus, « cuisinier » (\kiyv.pzç) d'un roi phénicien.

— [P. 282]. Le nom propre Itti-Êâ « avec (le dieu) Êâ » n'est pas si « étrange » qu'il paraît l'être à M. Pinches. Il est étroitement apparenté à celui de Itti-Milki « avec Milkou ». Il est possible qu'on doive expliquer les noms en sous-entendanl, comme le suppose l'auteur, le mot balatou, « vie » : « Avec Êà, avec

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