‹ Recueil d'archéologie orientaleChapitre 183 sur 213 · LA STÈLE PHÉNICIENNE DAMR1TO · texte numérisé non relu

LA STÈLE PHÉNICIENNE DAMR1TO

fait penser à toute catégorie de noms propres phéniciens dans la composition desquels entre cette racine verbale; dans ces noms l'élément dSs occupe la seconde place et se combine avec un nom de dieu occupant la première ; on pourrait, à la rigueur, supposer que ce premier élément théophore se cache dans les caractères indéterminés qui précèdent. Mais l'espace semble bien limité pour cela, et de plus, cSs est suivi encore d'un caractère, malheureusement très douteux, dont l'existence fait difficulté à ce point de vue 1 . Peut-être vaudrait-il mieux chercher, dans ce groupe si obscur, un qualificatif, ethnique, titre, nom de fonction ou de métier, intervenant entre le nom du dédicant et celui de son père Abdis? Seulement, je ne vois guère lequel; icbs..., dérivé d'un nom de ville grecque terminée en icokiç serait une conjecture bien aventureuse ; nsbs ]z[d] ( pour rnzrbs), encore davantage. Il convient de réserver son opinion sur ce point jusqu'à plus ample examen de l'original.

En somme, voici comment on pourrait à peu près se représenter l'ensemble du texte :

Ceci est la stèle (nesib) qua dédiée..*, baaltf), , fils de

Abdis (?), à son seigneur Chadrapha (?), parce quila entendu la voix de ses paroles (?).

N. B. —Tout en admettant que le dieu Satrape corresponde bien au NST7E? palmyrénieu, il y aura lieu d'examiner, cependant, si cette équivalence ne serait pas le résultat d'une étymologie populaire et si le vocable NSTtttf, étant données, surtout, les conditions nouvelles dans lesquelles il se présente sur la stèle d'Amrith (à supposer que la lecture matérielle soit exacte) ne serait pas d'origine sémitique. En se plaçant à ce point de vue, on pourrait penser, par exemple, à le décomposer en W (cf. nttf) et NSI (cf. II Chron. xx, 4, 6, 8, et les D'NSI» voire même le mystérieux Ptjçàv, Pai?àv, Pspçav des LXX dans le passage d'Amos, v, 6).

1. L'existence de ce caractère empêche aussi de considérer dSs comme un nom complet en soi qui, rapproché du nom IDnSs (C. R. de l'Acad. f 1890, p. 428; cf. p. 614), serait à D*OS, comme 0129 est à ONT». Je crois inutile «le mettre en garde contre le mirage assyrien IdSe, d'autant plus qu'il ne parait pas matériellement possible de voir un rech dans le dernier caractère.

I Recueil d'Akchéolooib oriewtalb. IV. Sbwbmbrb-Octobrb 4901. Livr. 22 |

Le culte sur les toits chez les Sémites

J'ai eu l'occasion, il y a quelque temps (vol. II, p. 372), à propos de la sahouat nabatéenne, de parler de l'habitude, répandue chez les Sémites, et même chez les Grecs, de se livrer aux pratiques du culte sur le toit ou la terrasse de la maison, qui devenait ainsi une sorte de sanctuaire domestique. J'avais cité à ce sujet divers témoignages caractéristiques. J'en ai, depuis, relevé deux autres que je crois utile de joindre aux précédents.

Ce sont, d'abord, deux passages d'incantations magiques assyriennes récemment étudiées par Ch. Boissier \ Dans le premier il est dit :

Soit (une victime) mâle, soit (une victime) femelle sur le toit tu la feras monter (ana ùri tuèelima).

Dans le second :

Au matin, sur le toit du palais il arrangera une place, il l'aspergera d'eau pure, puis, après avoir présenté aux dieux des gigab et offert des sacrifices, etc.

L'autre témoignage nous fait descendre à une époque beau* coup plus basse, mais il n' en est pas moins curieux. C'est un épisode que rapporte saint Epiphane dans son intéressante histoire des origines du manichéisme*. Ici encore, il s'agit d'opérations magiques; mais, dans l'antiquité, la magie a toujours tenu de bien près à la religion. Scythianus, le maître de Bouddas ou Baddos, lequel fut le précurseur de Manès, mourut en tombant du haut du toit de sa maison sur lequel il était monté pour procéder à ses incantations'. Telle aurait été aussi la fin de Bouddas luimôme; ici seulement, saint Epiphane croit devoir agrémenter l'accident d'un détail surnaturel : c'est un ange qui aurait précipité du haut de la maison l'auteur des maléfices *.

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