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U est à noter que le but de Bouddas, en recourant à ces cérémonies, était
BETOMARSRÀ-MAIOUMAS ET LES FÊTES ORGIAQUES BE BAALPEOR 339
Enfin, il ne sera peut-être pas hors de propos de signaler Tusage, encore en vigueur aujourd'hui chez les Bédouins chrétiens sédentaires du pays deMoab, de faire des sacrifices solennels sur la terrasse de la maison :
La victime est parfois égorgée sur la terrasse, de manière à ce que le sang coule le long de la porte. Il y a deux ans, 'Aouâd el-Boulqât, habitant de Kerak, tua son veau, en cette occasion (cérémonie du mariage), sur la terrasse de sa maison : le sang coula le long de la porte et s'y voit encore '.
J'inclinerais volontiers à voir dans cette pratique une survivance du vieux rite sémitique 1 .
Betomarsea-Maioumas et les fêtes orgiaques de Baal-Peor.
Comme je l'ai expliqué succinctement plus haut (p. 276), M. Bûchler me paraît avoir réussi à démontrer que la localité figurant dans la carte mosaïque de Mâdeba sous le non énigmatique de BYjTo;ju%p<jea ^ xat Matou(xaç y représente l'emplacement où la tradition de l'époque fixait la scène fameuse de la fornication d'Israël avec les filles de Moab.
On peut tenir désormais pour établis les faits suivants : 1° BnjTqjiaparea est la transcription exacte de rmo ira, Beit Marzeah, « la maison du Marzeah » ;
de réduire au silence les contradicteurs qui lui faisaient de l'opposition. Ce trait est bien d'accord avec ce que nous montre le contenu de plusieurs tabellw deftxionis grecques, dirigées contre les parties adverses, ou leurs avocats, et destinées à leur paralyser la langue au cours des débats.
1. P. Jaussen, Coutumes arabes aux environs de Mâdaba, dans la Rev. Bibl. 1001, p. 505.
2. Il est intéressant de constater d'autre part, à ce propos, l'existence de sacrifices sanglants chez ces chrétiens, plus ou moins bon teint, du pays de Moab. On peut rapprocher de ce fait les immolations de moutons en l'honneur de saint Georges qui se font encore annuellement à la porte de l'église de Sahouet el- Khidr dans le Haurân (Dussaud et Macler, Voyage au Safd, p. 163). Ces pratiques se rattachent certainement à un état primitif du culte chrétien qui nous est révélé par certains anciens rituels grecs, arméniens et géorgiens (cf. Les sa* orifices d'animaux dans les anciennes églises chrétiennes, par Gonybeare, Rev. de VRist. des Relig. 9 1001, pp. 108 et suiv.).
2° Le Marzeah était une grande fête populaire syrienne, de nature plus ou moins licencieuse ;
3° Les sources talmudico-midrachiques se servent précisément de cette expression (au pluriel : Marzihim) pour désigner les rites impurs de Baal Peor auxquels les Israélites, campés à Chittim, se laissèrent initier ;
4° Enfin, le mot Maioumas, donné par la carte comme équivalent (•*) %%>) de Betomarsea, n'est autre chose que la dénomination grecque du Marzeah orgiaque cher aux Syriens, dénomination que le Midrach et le Talmud connaissaient aussi fort bien sous sa forme grecque (dq^d) et emploient eux-mêmes comme équivalent de Marzeah.
Bien que la question me semble ainsi résolue, et très ingénieusement résolue, dans le fond, elle comporte encore, cependant, quelques points qui demandent à être élucidés ou complétés.
D'abord, à première vue, il y a une difficulté topographique, dont M. Bûchler a peut-être fait trop bon marché. Il trouve que la position assignée par la carte mosaïque à Betomarsea concorde assez bien avec celle indiquée pour Baal Peor ou Beth Peor par la tradition courante et, notamment, par YOnomasticon d'Eusèbe (en face de Jéricho, à dix milles au-dessus de Livias).
11 est permis d'être, à cet égard, d'un avis différent. Même en tenant compte des libertés, parfois grandes, que prend la carte mosaïque dans la position relative des diverses localités, on ne saurait nier que Betomarsea, au contraire, n'apparaît pas du tout dans la région où on l'attendrait, étant donné ce qu'elle est censée représenter. Il est incontestable qu'elle est, et à dessein je pense, étroitement rapprochée de Earak ([Xap]ax Mco6a), à une distance comparativement énorme de Jéricho, et très loin encore de la région, aujourd'hui détruite, où devait figurer le Mont Nebo et ses entours, y compris Mâdeba elle-même.
Comment expliquer une telle anomalie qui, en critique stricte, pourrait constituer une objection grave contre la conjecture, d'ailleurs excellente, à mon avis, de M. Bttchler? Je croirais vo-