‹ Recueil d'archéologie orientaleChapitre 186 sur 213 · Lévitique, xxv · texte numérisé non relu

Lévitique, xxv

BETOMARSEA-MAIOUMÀS ET LES FÊTES ORGIAQUES DE BAAX-PEOR 343

en l'espèce, de l&Tarat-el-Benât, « the ascent of the girls », que porte aujourd'hui encore « the couspicuous knoll » adjacent à *Àin el-Minyeh et à ses vieux monuments de pierre brute? Ce point, auquel la tradition rattachait peut-être le souvenir licencieux des filles de Moab, n'est qu'à environ 7 milles anglais de Hàdeba, dans le sud-ouest.

Enfin, il est un dernier point sur lequel je crois devoir insister. Comme je l'ai rappelé en passant, j'avais déjà démontré autrefois que le mot phénicien nrra, resté jusqu'alors inexpliqué, était étroitement apparenté au mot similaire hébreu, et devait avoir, dans les deux inscriptions phéniciennes où il s'est rencontré, le sens de « festin sacré » « grande fête religieuse ». L'apparition du Marzeah moabite vient apporter à cette interprétation une confirmation inattendue, en même temps qu'il en reçoit lui-même une certaine lumière.

Le grand Tarif punique des sacrifices [Corp. Inscr. Sem. n° 165, 1. 16), après avoir réglé les conditions des offrandes individuelles, aborde le chapitre de celles faites en commun par certains groupes collectifs qu'il définit : curie, phratrie, et Marzeah elim. Ce dernier groupe, avais-je dit, doit représenter une de ces associations, si fréquentes dans l'antiquité classique, dont les membres se réunissaient pour des agapes religieuses, lesquelles étant donnés le tempérament et les rites sensualistes des Orientaux pouvaient facilement tourner à l'orgie ad majorera dei gloriam. Le Marzeah punique était un véritable thiase. Or, il est frappant de constater que l'expression biblique nno ma (Jérémie, xvi, 5), laquelle est représentée fidèlement par lajtranscription Bipopapaea sur la carte mosaïque, est justement rendue dans la version des Septante par OCaroç* 1 II est probable que le Marzeah punique devait ressembler au Marzeah moabite par ses côtés les mains recommandâmes.

Le second exemple du mot phénicien Marzeah se rencontre au début du grand décret de la communauté phénicienne du Pirée :

1. Bien, que, d'après le contexte hébreu, il semble plutôt s'agir d'une cérémonie funéraire!

px ayb 15 nrcn rmob 4 on, « le 4 e jour de Marzeah, en Tan 15 du peuple de Sidon 1 ». Tout le monde a cru que, dans cette formule de date, comparée à celles que nous connaissons déjà,' Marzeah ne pouvaitèlre autre chose que le nom,jusqu*iciinconnu, d'un des mois du calendrier phénicien. J'avais émis des doutes à rencontre de cette façon de voir, en faisant remarquer que, dans ce cas, le nom du mois, si c'était réellement un mois, devrait être précédé du mot déterminatif m', « mois », mot qui ne manque jamais dans les formules ordinaires. D'une part, cette omission significative ; d'autre part, le sens nouveau que j'avais été amené à attribuer au mot nna dans le Tarif punique des Sacrifices, m'avaient conduit à cette conclusion que le Marzeah du décret du Pirée était peut-être bien, non pas un nom de mois, mais plutôt le nom de quelque grande solennité religieuse phénicienne qui durait, au moins, quatre jours, et qui, revenant à époque fixe, pouvait, par conséquent, servir tout aussi bien que l'indication du mois, à définir avec précision une date : « le 4° jour du Marzeah » et non « de Marzeah ».

J'ai traité plus haut tout au long 1 cette question, extrêmement importante, des grandes fêtes périodiques, soit annuelles, soit quadriennales, chez les anciennes populations syriennes. Il me suffira de retenir ici ce fait qui rapproche encore plus étroitement le Marzeah phénicien du Marzeah moabite en montrant qu'ils avaient.en réalité, le caractère d'une grande institution religieuse extrêmement populaire chez les Sémites.

Dans les pages que je viens de citer, je crois être arrivé à démontrer l'existence, chez les Syriens, d'une grande fête quadriennale, réglée par un cycle pentaétérique qui, chose remarquable, coïncide chronologiquement avec le cycle olympique, année par année. J'ai essayé de donner les raisons de cette coïncidence. J'ajouterai que l'an 15 du Décret phénicien du Pirée, c'est-àdire l'an 96 avant J.-C. se trouve correspondre exactement à l'an I de la 171 e Olympiade, par conséquent, aune année pentaétéri-

{. L'an 96 avant J.-C.

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