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que fériée. Il est permis d'induire de là que le Marzeah phénicien n'était peut-être pas une fête annuelle, mais une fête quadriennale, lui aussi. En aurait-il été de même, par hasard, pour le Marzeah moabite, celui tout au moins que visent la tradition talmudique et la tradition de la carte mosaïque?
§ 65 La mosaïque hébraïque de Kefr Kenna f
On a fait, dans le courant de Tannée dernière, une découverte archéologique extrêmement intéressante à Kefr Kenna, village arabe de Galilée, qu'une tradition ancienne et peut-être justifiée, bien qu'elle ait donné lieu à de vives controverses, considère comme représentant la fameuse Cana de l'Évangile ». C'est celle d'un grand pavement de mosaïque contenant une assez longue inscription en anciens caractères hébraïques carrés. C'est la première inscription de ce genre qu'on ait trouvée jusqu'à ce jour. 11 y a bien, en effet, la grande mosaïque de Naron ', en Tunisie, qui a certainement décoré le sol d'une ancienne synagogue juive, comme en font foi les symboles caractéristiques 4 et les
1. Parmi les témoignages antérieurs aux Croisades, il n'y a guère que celui d'Antonin de Plaisance à retenir comme suffisamment explicite pour faire pencher la balance en faveur de cette identification. Il place nettement la Cana de l'Évangile entre Diocésarée (Sephoris) et Nazareth, à 3 milles de cette première ville (Théodosius en compte 5) ; il dit y avoir vu deux des vases où s'effectua le miracle du changement de l'eau en vin, et avoir môme gravé dans le sanctuaire le nom de ses parents. Il est fâcheux que nous n'ayons pas retrouvé ce proscynème, qui permettrait de trancher la question. Je rappellerai, à ce propos, qu'on a découvert en 1885, à Elatée, en Phocide, dans les ruines d'une ancienne église de la Panaghia, une grande dalle de marbre gris, portant une inscription grecque en caractères du vi* siècle ainsi conçue : « Celte pierre vient de Kana de Galilée où N. S. Jésus-Christ changea l'eau en vin ». La pierre avait dû être apportée de Terre-Sainte en Grèce par quelque pieux pèlerin plus ou moins contemporain d'Antonin.
2. A Hammam Lif, près de Tunis. Cf. Revue Archéologique, 1883, p. 157 et p. 234; 1884, p. 273, pi. VII-XI.