‹ Recueil d'archéologie orientaleChapitre 192 sur 213 · TON · texte numérisé non relu

TON

Il a lu et restitué ainsi :

[To [xv^iAeTov ex, tgW io]{o)V âvevicorav Ooa6a> [xépoç Tpfrov 8û>8£)utov, xl 2a6aà) Naxvaxfo) TpiTOv SurôixaTSv, xi 2a5aci exrov. [ v Exouç] TV.

Selon Waddington, cette inscription, datée de l'an 401 J.-C, serait relative à un édifice (vraisemblablement, funéraire) construit (ou plutôt reconstruit) à frais communs par trois personnes,

l t Rec, d'Arch. Orient., II, p. 12.

dont les deux premières auraient contribué chacune pour trois douzièmes et la troisième pour six douzièmes.

Si Ton accepte la restitution de Waddington il faut considérer avec lui les trois noms nabatéens Oiaôw, Sa5aw Naxvaxto et 2a6aci, comme étant les sujets du verbe àvevéoxiav, « ont renouvelé » et, partant, comme des nominatifs à accentuer, ainsi qu'il le fait logiquement, sur la dernière voyelle <i, laquelle dès lors, chose jusqu'ici sans exemple, représenterait à nu, et sans désinence grecque, la terminaison nabatéenne originale. C'est justement ce point, sur lequel j'ai partagé l'illusion de Waddington, qui me parait aujourd'hui tout à fait contestable. Je suis d'avis qu'il faut ici rentrer dans les analogies générales de l'épigraphie grécosyrienne et considérer ces trois noms comme de simples datifs : Oiaôw, Saôaw Naxvaxuo et Sa6aw, dérivés des nominatifs réguliers et ordinaires :Oua6oç,Sa6aoç,Nay.vaxtoç. L'inscription, mutilée au début, devait se composer de deux parties dans chacune desquelles les noms des trois personnages se trouvaient répétés ; je l'imagine comme étant à peu près conçue ainsi :

[Ouaêoç ! (ou Oiaôoç) %ï Sa6aoç Naxvaxioç %ï Eàôaûç TSîko to |avtqjjieTov ex, tgW tè](cov avevétoaav • Oua6(j) jxépoç Tpfoov SwSéxarôv, xl Sa6aa> Naxvaxiw Tpfrov SwBéxaxov, xl Sa6aa) sxtov, etc.

C'est-à-dire :

[Ouabos, Sabaos Naknakios et Sabaos] ont renouvelé [ce sépulcre]. — A Ouabos (appartient*) une part de trois douzièmes ; à Sabaos Naknakios, de trois douzièmes, et à Sabaos, de six; etc..

On obtient ainsi, sans parler du point spécial qui fait l'objet de cette note, une conception assurément plus rationnelle. Avec l'interprétation de Waddington, il fallait admettre, en effet, que le verbe àvsvéoxjov avait deux régimes, d'abord [xyrjixetov, puis jxépoç faisant une sorte d'apposition assez gauchement amenée, c'est-àdire que les chiffres fractionnaires n'auraient exprimé, comme le

1. Dans cette première partie, les noms étaient peut-être suivis de leur, ou de leurs patronymiques.

Page 1