‹ Recueil d'archéologie orientaleChapitre 197 sur 213 · Revue Sémitique, 1901, octobre» p. 374 seq · texte numérisé non relu

Revue Sémitique, 1901, octobre» p. 374 seq

374 recubil d'archéologie orientale

Un thiase palmyrénien.

M. E. Littmann a copié à Palmyre et vient de publier' deux nouvelles inscriptions palmyréniennes qui, chacune en son genre, offrent un intérêt exceptionnel. Elles nous font, en effet, sortir de la banalité de ces menus textes funéraires qui surgissent de tous côtés depuis quelque temps et elles nous permettent de pénétrer plus avant dans la connaissance du panthéon, et aussi, comme je vais essayer de le montrer, du culte sémitiques.

La première inscription, gravée sur un petit autel, a perdu quelques lettres au commencement et à la fin des premières lignes 1 . Voici comment je proposerais de la comprendre, en introduisant dans la transcription et dans la traduction de M. Littmann quelques modifications ou restitutions qui me semblent nécessaires :

[rnjr] m xrhv 340* isw imn] 1 [pnjbit basbabi biabayb ft* Rnn[a w] 2

N1D3 nSlST 12 ÎMITI TTO maïUT 13 tL 3

ram nbw 12 «rarro wno isba 12 "nm[n] 4

■nna'n -12 abiarm ^nn «biam* ia idSq[i] 5

•q îbuyi înba bajpn la bman proit 6

■rayo^n irrpD -ra ««boi bim? ma 7

1. Journal Asiatique, sept.-oct. 1901, pp. 374-31)0. Une circonstance accidentelle n'a pas permis à M. Littmann, actuellement en Amérique, de revoir les épreuves de son article dont il avait bien voulu me charger de surveiller l'impression. C'est seulement dans le tirage à part de cet article qu'il a été possible d'introduire les corrections et modifications indiquées par l'auteur; elles ont été reproduites sous forme d'errata dans le n° suivant du Journal Asiatique (nov. -décembre 1901), et je les ai fait suivre de quelques observations sommaires sur certains points importants que je discute plus en détail dans la présente étude.

2. J'estime que les lacunes initiales sont plus étendues dans le sens vertical que ne l'a supposé M. Littmann et qu'elles descendent, en décroissant, depuis la ligne 1 (4 lettres) jusqu'à et y compris la ligne 5(1 lettre).

3. Par suite d'une inadvertance (doublon visuel portant sur le y du mot HT)TJ) qui n'a pu être corrigée que dans le tirage à part, l'auteur avait transcrit 345 au lieu de 340 (des Sêleucides = 28 J. C).

C5 THUSE PALMTRÉNIKN 315

[Au mois de] Ch ébat de l'année 340, cet autel f(l>nt fait les membres du Ma?ziha (thiase) ci-dénommés, pour 'Aglibol et pour Malakbel [leurs] dieux : ... bai(?), fils de 'Atéooori, *Audou; et Haggagou, fils de Zabdelah, Komara; et Nebozabad, fils de Ifâlkou, Mattana; et Taimou, fils de 'Ogèlou, RBBT (?); et Mâlkou, fils de Yarhibola, Hattaïf?); et Yarhibola, fils de Tairaarçou, ABROUQ (??); et Zabdibol, fils de Yedî'bel, Alnou (?) ; et 'Ogèlou, fils de Noûrai (?), Zabdibol; et Mâlkou, fils de Moqtmou, Taimo'amed.

H. Littmann présente sur plusieurs des noms propres, de forme nouvelle ou obscure, de savants commentaires, dont quelques-uns appellent, toutefois, certaines réserves.

Il convient, tout d'abord, de remarquer que, contrairement aux variations admises par l'auteur, le nom de chacun des neuf personnages constituant le groupe des dédicants est, ou devait être invariablement précédé de la conjonction i « etc. ; il faut en conséquence, rétablir cette lettre au commencement des lignes 4 et 5, d'où elle n'a disparu que par suite de l'ébrèchement de la pierre qui va decrescendo de haut en bas. Cette donnée nous permet de trancher la question devant laquelle hésite M. Littmann, au milieu de la ligne 5, et d'adjuger, en toute certitude, le tvaw en litige, non pas à la désinence du nom propre, lequel serait alors mn, à la mode nabatéenne, mais bien au commencement du nom propre suivant, celui du 6 e personnage du groupe : Kbinmvi, « et Yarhibôla ». ^nn rentre ainsi tout naturellement dans la catégorie si nombreuse des noms palmyréniens terminés en \ La même solution s'impose pour la même alternative qui se reproduit au sujet du nom ipvaN, ou t + punn, à la ligne 6.

— L. 3. A la grande rigueur, la première lettre visible après la cassure pourrait être un s, ce qui conduirait à restituer le nom, connu à Palmyre : i3[bo]. Mais j'avoue que l'aspect de la lettre rappelle plutôt celui de a*.

1. A propos de la lecture hypothétique ^2[Ss], M. Littmann compare le nom nouveau XaX&wv. Cette dernière forme est à ajouter au groupe congénère nabatéo-palmyrénien : MaX^tov, Zafôûov, AÇiÇûov. Étant donné qu'on a 12S2, "oSo, H2Î, on pourrait prévoir l'apparition, quelque jour, d'une forme nny (voir, à ce sujet, mes observations plus haut, p. 114, n° 6, et celles qu'elles ont suggérées à Lidzbarski, Ephem. f. sem. Èpigr. I, p. 218). Cf. ]ino, dans la 2 # inscription d'Oxford, rapproché de Map ta» (tyran de Tyr à l'époque d'Hérode, Josèphe, G. Juive, I, 12 : 2) par Noeldeke (ZDMG., XXIX, p. 444).

Je salue avec plaisir l'apparition du nom m:ro, dont la forme confirme matériellement les inductions que j'avais risquées autrefois (Études d'Archéologie Orientale, II, p. 96).

— L. 6. Sous le bénéfice de l'observation que je viens de faire plus haut, nous sommes pleinement autorisés à distraire le 1 de la désinence du nom COpran pour lui assigner le rôle de conjonction. Cela ne contribue pas à éclaircir la forme réelle et l'étymologie de ce nom énigmatique.

Faut-il y voir un congénère du nom palmyrénien pna\ bien que cette forme dérivée ne s'explique pas très bien? Faut-il, au contraire, le décomposer en n« + pn, et, en s* appuyant sur l'un des

sens du mot arabe Jjj « qui tient lieu de »,le considérer comme une sorte d'équivalent du nom grec 'AvrfoaTpôç? En tout cas, le rapprochement fait, en désespoir de cause, par M. Littmann, avec

le toponyme hauranien J'jj ç\ doit être écarté; ce toponyme, tout moderne ne peut guère être, en effet, qu'un sobriquet, à la mode arabe, d'une localité où se voient les ruines de quelque ancien édifice : « la mère du portique" ».

— L. 7. ni:. S'il était admissible — mais la chose est très douteuse — que la ligne 7 ait, elle aussi, perdu une lettre au commencement, on pourrait penser au nom connu m:[n]. Je crois bien, d'ailleurs, avoir déjà rencontré le nom de m: dans une épitaphe accompagnant un buste funéraire de Palmyre'et ainsi conçue :

m: pin I [i]i bin-at | San

Hélas! Zabdibôl, fils de Hairan (fils de) Noûrai*.

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