‹ Recueil d'archéologie orientaleChapitre 198 sur 213 · Cf. aussi le n. pr. palm. NpVD, R. Ê. S., n · texte numérisé non relu

Cf. aussi le n. pr. palm. NpVD, R. Ê. S., n

2. Cf. les toponymes similaires : Oumm el-'Amoild (el- x Amed,el-*Aouâmid) 9 « la mère des colonnes » ; Oumm ed-Daradj 9 « la mère des escaliers » ; Ouirtm et-Taoudqi, « la mère des arceaux ». Il est possible que le nom exact soit Oumm er-Roudq, avec l'article qui, dans ces conditions phonétiques, peut échapper facilement à une oreille européenne peu exercée.

3. Présenté pour l'acquisition au Musée de Bruxelles; estampage qui m'a été communiqué en août 1899 par M. Cumont. Je ne saurais dire si le monument a été acquis par cet établissement.

4. L'alternance des noms Zabdibôl et Nourai dans la généalogie pourrait faire supposer qu'il s'agit d'un descendant de la même famille; mais la chose n'est rien moins que sûre.

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Les généalogies respectives des neuf personnages sont énoncées avec une régularité remarquable : 1° le nom du personnage (A); 2° le nom de son père (B), précédé du mot « fils »; 3° un troisième nom (G) qui suit immédiatement le patronymique, sans l'intervention d'aucun mot. On admettait généralement jusqu'ici que ce troisième terme (C), ainsi formulé, doit représenter le 2' degré de la généalogie, celui du grand-père, avec omission systématique du mot m, et constitue une sorte de génitif virtuel, un peu à la manière grecque 1 . Cette habitude parait être, d'ailleurs, chez les Sémites, plus ancienne qu'on n'aurait pu le supposer; c'est ce que montrent les exemples, chaque jour plus fréquents, fournis par les légendes des cachets israélites archaïques. M. Littmann estime, au contraire, que les noms propres palmyréniens ainsi isolés, ne seraient pas des patronymiques, mais bien des sortes de gentilices; en l'espèce, des noms de tribus. L'explication est ingénieuse et assez séduisante, au premier abord 1 . Toutefois, j'ai peine à m'y rallier; il semble bien me rappeler que, dans certains cas — repétitions de mêmes généalogies, avec le m tantôt supprimé, tantôt exprimé, ou bien bilingues gréco-palmyréniennes — ces noms ainsi isolés font véritablement fonction de patronymiques et non de gentilices ou d'ethniques. Dans cette dernière occurrence, le palmyrénien a l'habitude de se servir d'expressions ad hoc (m ]o, ira ]D, etc.) qui ne laissent prise à aucun doute. Je me bornerai à citer, entre autres, deux exemples assez topiques qui me reviennent à la mémoire.

Un même personnage est appelé, sur deux autels offerts par lui, à quelques années de distance : 1° wfl la **nw na iwn; 2° naan

1. Dans certains cas, mais pas très assurés, on supposait aussi qu'il pouvait s'agir d'un double nom.

2. M. Littmann a dû y être amené par la considération qu'un de ces noms, dans son inscription, celui de N1D2, apparaît formellement ailleurs comme un nom de tribu : les N1D3 ^2 = 9vXtj tû>v Xo|iapyjvûv. Mais on peut répondre à cet argument que Komara était, à l'origine, un simple nom de personne, celui de l'ancêtre de la tribu, et que c'est à ce premier titre que ce nom, plus ou moins répandu, figure ici. Cf. 1C3, n. pr. m. palm. dans une inscription publiée par Chabot, J. A.?., 1898, II, p. 76.

irn* «w m (voir mes Études d'Arch. Or. y II, p. 58 sq.). Nous devrions, en suivant la théorie de M. Littmann, comprendre dans le second cas : « Haggàgou, fils de Yehîba {de la tribu de) Yarhai ». La chose pourrait se soutenir, à la rigueur, si l'inscription était isolée; mais le premier monument nous prouve qu'elle n'est pas possible, puisque nous y lisons, en toutes lettres : « Haggàgou, fils de Yehîba, fils de Yarhai ». L'indice du patronymique, m, a donc été intentionnellement omis.

Autre exemple, d'une espèce différente, et qui a l'avantage d'être d'une époque (328 des Séleucides) assez voisine de celle de l'inscription I de M. Littmann. Une bilingue de Palmyre (de Vogué, Journ. Asiat. f 1883, 1, p. 243, avec les rectifications que j'ai données dans mes Études d'Arch. Or. y II, p. 106 1 ), mentionne un certain w biWV in ïwsr. Ici encore, nous nous retrouvons en face du cas controversé (A fils de B + C), et Ton devrait, d'après la nouvelle théorie, comprendre : « 'Azlzou, fils de Yedî'bel {de la tribu de) Barkai » ; mais la suite du texte nous montre clairement que c'est impossible, puisque le nom, incontestable cette fois, de la tribu, suit immédiatement: Vonn *aM, « des Bené- Hattabôl » (çuXffc Mav0a6o>Xe(a>v) ; par conséquent le terme C représente bien le 2° degré de la généalogie, un patronymique et non

\ . M. de Vogué lisait 12, [to]o Xolou, « fils de Kai », nom peu vraisemblable. J'avais proposé de corriger "0"D, nom propre tiré de la racine "pi a bénir » et congénère d'un autre nom palmyrénien ^"D, Bapetyetc. En outre, acceptant la leçon TXAIOT, donnée comme sûre dans la transcription de M. de Vogué, je supposais un équivalent grec [Baplv/atov, qui aurait impliqué pour la forme palmyrénienne une vocalisation Barikai. Mais le fac-similé hèliographique, qui n'existe que dans le tirage à part du travail de M. de Vogué et dont je n'ai eu connaissance que tout récemment grâce à l'obligeance de M. Chabot, semble prouver, comme celui-ci Ta reconnu avec raison, qu'on peut et qu'il vaut mieux restituer [Bap]-/atou, ce qui nous conduit à une vocalisation plus normale *D"u = Barkai. Tout en signalant ma correction, M. Lidzbarski (Handb. N. S. Ep m> p. 245) croit pouvoir rapprocher 13"D de Bapxaïo; (corriger Bopxaîo;), dans l'inscription de Waddington, n° 2016; le x me parait exclure ce rapprochement et suggère plutôt une forme originale 'pli, apparentée au n. pr. palmyrénien p")2. A remarquer, à propos de cette dernière inscription, que le patronymique de ce Bopxaîoc est vraisemblablement à restituer en Na(x)apov (au lieu de Naxaéou) ; pour le nom lui-môme, cf. le n. pr. (juif?) identique, Bopxaîo; (Josèphe, G. J., II, 19 : 3).

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un ethnique, et il faut traduire : « (fils de) Barkai » ([BapJ/otou).

On remarquera incidemment, à propos du rapprochement fait par H. Littmann entre les noms kjdo et binno = biunn (MaôôataXtwv), cette curieuse variante M<xvôa6ti>Xeui>v\ où le n radical remplace la réduplication du /.

J'arrive, maintenant, à la partie la plus difficile et aussi, la plus importante de l'inscription : la lacune intervenant entre les lignes 1-2. Mais, préalablement, je ferai observer qu'à la fin de la ligne 2, les restitutions [nuis nti]Sn » dieux bons », ou m]Sk [iDin « dieux de Palmyre », restitutions auxquelles pense H. Littmann, semblent être matériellement trop longues; c'est ce qui m'a engagé à proposer [].th]Sk. La même objection matérielle doit nous faire écarter les restitutions : [nn wom] « et ce cippe solaire », à la fin de la ligne 1, et fin n[JY)]ta tut] « ont fait ces seigneurs », au commencement de la ligne 2. M. Littmann reconnaît lui-même, d'ailleurs, tout le premier, que le sens ainsi obtenu est loin d'être irréprochable; sans compter qu'il faut faire violence à sa propre [copie, généralement très fidèle, en admettant qu'il aurait confondu les lettres uni avec Nm. La leçon de son carnet me paraît, au contraire, être excellente et devoir être intégralement maintenue. A mon estime, il ne doit manquer qu'environ 4 lettres, lant à la fin de la ligne 1, qu'au commencement de la ligne 2 ; c'est ce qui résulte de l'examen rigoureux de la justification des autres lignes intactes. De plus, le lapicide a une tendance manifeste à éviter de couper les mots à la ligne. C'est en tenant compte de ces diverses conditions que j'ai établi une

1. M. de Vogué (/. c.) avait lu et transcrit M<xv06b>Xetb>v, forme qui répugne aux habitudes phonétiques du grec. L'examen du fac-similé héliographique m'a permis de constater qu'il y avait, en réalité, sur la pierre : MavOaéwXeuov, comme on devait, du reste, s'y attendre à priori ; le second a, omis d'abord, par le lapicide a été gravé par lui en surcharge, dans l'interligne, au-dessus de SB; bien que très petit, il apparaît nettement en blanc sur le fac-similé. Le nom de cette même tribu, déjà connue par ailleurs, se retrouve encore, sous une forme similaire, dans une nouvelle inscription copiée à Palmyre par M. Sterrett (The Wolfe Exped. to Asia Minor, n° 640) : MAN9BBCÛA6IC0N ; M. Sterrett corrige Mav8(a)66toXe:o>v ; mais il est plus probable que le premier B, mal gravé ou mal copié, est à restituer en A et qu'il faut lire, ici encore, Mav6(a, - 6a>Xef(i>v.

restitution qui y satisfait pleinement et qui, d'autre part, nous donne un sens, à mon avis, très plausible. Les neuf personnages qui se sont associés pour l'érection de l'autel constituaient un groupe qui est défini par l'expression * de itroUo un], littéralement « les enfants* du marziha 9 » c'est-à-dire « les membres du marziha », exactement comme on appelait, à Palmyre : m Nmnzr 4 « enfants de la caravane » les membres faisant partie de divers syndicats commerciaux. On voit immédiatement qu'il doit s'agir ici d'un petit collège religieux, constitué en thiase et fonctionnant sous les espèces orgiaques d'un festin sacré ou d'un symposion. Entre autres avantages, cette explication, qui se recommande par sa simplicité, a celui de rendre compte du groupement de ces neuf personnes qui, bien que n'ayant entre elles aucun lien de parenté ou d'origine, se trouvent cependant étroitement associées dans un même acte religieux. C'est justement là le propre des thiases et autres confréries pieuses.

Nous nous trouvons ramenés ainsi, de la façon la plus inattendue et la plus intéressante, à cette question capitale du marzeah phénicien et du marziha syrien que j'ai eu à traiter déjà longuement et à plusieurs reprises". Inutile d'y revenir et d'insister sur les conséquences considérables qui en découlent pour l'histoire des cultes sémitiques. Je me bornerai à rappeler que

1. M. Littmann à qui j'avais soumis ma lecture nnvilo], s'y est pleinement rallié. Il s'était demandé s'il ne conviendrait pas, dès lors, d'y voir un participe pael, d'une forme hypothétique Nn?T[p], qui, combiné avec le pronom démonstratif ?SKi signifierait : « ces personnes qui constituent un marziha. » J'ai lieu de croire qu'il préférera maintenant la restitution, beaucoup plus satisfaisante a tous égards : ]Sk Nrm[Q ^2], que je n'ai pu lui commmniquer en temps utile, n'en ayant eu l'idée qu'un peu plus tard.

2. Je traduis à dessein « enfants », et non pas « fils », ayant montré autrefois que V22, aussi bien que son équivalent uloi, avait très souvent à Palmyre le sens général d' « enfants » (= xéxvot), sans acception de sexe.

3. On m'excusera si je conserve, dans la transcription, pour plus de commodité, le mot à l'état emphatique.

4. De Vogué, Palm., n 0B 4, 5, 6. Euting, Epigr. Mise, II, n° 103.

5. Voir, entre autres, plus haut, pp. 339 etsuiv., et, particulièrement, pp. 343- 345. Cf. tome III, pp. 28-30.

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nous avons dans une des inscriptions grecques de Palmyre* la mention d'un <ju|i.xoa(ap£oç tôv toO ôeou Atoç BVjXou lepécov. Déjà, j'avais cru pouvoir * induire de l'apparition de ce symposion palmyrénien l'existence, à Palmyre, d'un équivalent possible du nnc ou thiase * phénicien tel que je l'avais expliqué. L'inscription de M. Littmann, avec ses nhtid m, adorateurs de Aglibôl et de Malakbel, vient apporter à cette induction une confirmation inespérée. Si la contrepartie palmyrénienne de l'inscription grecque que j'invoque avait été conservée 4 , peut-être y aurionsnous lu en toutes lettres le titre **rmo m =, ffujrrccxrfapxoç 8 , qui serait exactement à arma vi comme celui de htxvxo m =z <juv$îtapxiQÇ 6 est à Mmw m. Quant à l'emploi de jm « fils », ou plutôt « enfants », au sens de membres d'une association, il se justifie suffisamment par cette dernière expression palmyrénienne 7 , sans parler d'une foule d'autres analogies sémitiques dont la plus topique est peut-être l'expression syriaque *orwo un, « compotatores ».

1. Waddington, n° 2606 a. Cf. mes amendements à ce texte dans mes Études cTarch. Or., t. II, pp. 106-107.

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