‹ Recueil d'archéologie orientaleChapitre 203 sur 213 · id., id · texte numérisé non relu

id., id

2. Cette position très méridionale ne constitue pas une objection, car les textes épigraphiques (de Vogué, n ot 5 et 6) nous montrent que Spasinou Charax, encore bien plus au sud, à la hauteur de Bassorah, était une des têtes de ligne des caravanes palmyréniennes. ,

3. Inscription latine du Liban, publiée par de Vogué, Journ. As. 1896, II, p. 324. Cf. Rec. cTArch. Orient., II, p. 134.

4. C. i. L., VIII, n<» 16752, 10832. La dernière inscription, surtout, est bien curieuse où nous voyons le vieux sacerdos Saturninus, mort à 85 ans, ajouter triomphalement : « Si quis possit observare vinum non bibere annos XXXVIII, menses sep te m, ipse possit sacerdos essel » Faut-il conclure de là que l'état sacerdotal entraînait l'abstinence du vin? Ou bien, plus simplement, que certaines pratiques d'austérité valaient à ceux qui les observaient le titre en quelque sorte honorifique de sacerdosl Cela pourrait peut-être expliquer cette pro-

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de phrase doit être rapporté au dieu lui-même, et signifie que celui-ci proscrivait l'emploi du vin dans les libations à lui offertes. Il faut reconnaître que les raisons d'ordre philologique sur lesquelles il s'appuie sont très fortes, et corroborées encore par certaines analogies religieuses qu'il invoque avec raison et sur lesquelles j'aurai à revenir en traitant plus loin la question d'ensemble. On pourrait encore envisager une troisième hypothèse à laquelle M. Chabot avait songé et qui consisterai ta comprendre : « le dieu bon, qui récompense celui qui ne boit pas de vin ». Mais il semble bien qu'ici, comme il Test certainement ailleurs 1 , to^tt, « rémunérateur », est employé d'une manière absolue, sans force verbale active, et n'est qu'une simple épithète qualificative en symétrie grammaticale avec km, a bon », ainsi que l'est *ocm souvent associé à celle-ci dans des expressions similaires : Nnbtf kmitTï K3T2. « le dieu bon et miséricordieux ».

— L. 5. wro. Si la leçon doit être maintenue, et je ne vois pas pourquoi elle ne le serait pas, nous pourrions l'accepter comme un exemple nouveau et intéressant de la flexion en I de la désinence nabatéenne oû* y dans le dialecte palmyrénien : = « de irrçra ». Pour ce nom, cf. suprà, p. 173, et le safaïtique t&q.

— L. 7. mw : je crois qu'on ne doit pas, ainsi qu'on le fait couramment, et comme le fait M. Littmann lui-même, vocaliser Zebaida ou Zebeida, avec une diphtongue, mais bien Zebtda. Dans la transcription de ce nom, Ze6s(3cu (génitif), et représente simplement, comme d'habitude, un i long.

Ll. 7-9. La structure générale de la phrase est, à mon avis, tout autre que ne l'admet M. Littmann. Les mots mp, etc., ne

fession de sacerdotes que nous trouvons dans l'épigraphie africaine et qui n'étaient peut-être pas tous des prêtres dans l'acception complète du mot, mais des espèces de nezîrim, des affiliés du tiers ordre, s'il est permis de s'exprimer ainsi.

1. Euting, Epigr. Mise, I, n° 4, et aussi Lidzbarski, Ephem., 1, p. 202 (là, orthographié N12D), qui attribue l'emploi de ce mot dans le dialecte palmyrénien i une influence juive ; on pourrait aussi bien, semble-t-il, invoquer l'usage de l'arabe où jfë, à côté de l'acception courante de « reconnaissance », a aussi fréquemment celle de « récompense (de la part de Dieu) ».

2. Voir, sur cette question, liée. d'Arch. Orient., 11, 385-387; III, p. 172, no 3.

I Kicowl d'Ahcukologik ohibntalk. IV. Décembhk 1901. Livh. 25 |

dépendent pas de rorvi mu, mais bien de wr ; 'Obaidou ne veut pas dire, comme le pense M. Littmann, que le Palmyrénien Chim r oùn est « son hôte et son ami devant le dieu », mais, ce qui n'est pas la même chose, il souhaite « que son h 6 le et ami Chim'oûn soit béni * devant le dieu » ; la formule anbN... Dip (p) ...T:n est constante dans l'épigraphie nabatéenne, et il ne faut pas oublier que avons affaire ici à un Nabatéen. La nuance a une certaine importance, car elle est de nature à exclure l'idée de prosélytisme religieux que M. Littmann serait tenté d'attribuer au mot 1U ; elle ne lui conserve que son sens ordinaire d' « hôte ». Le ger, chez les Sémites, est celui qui reçoit l'hospitalité ; on est le ger d'un dieu tout aussi bien que d'un homme ; cette condition implique toujours une idée de protection s'exerçant en faveur du ger et, par suite, pour celui-ci, une situation analogue à celle du client vis à vis d'un patron. S'il en est ainsi, on pourrait être un peu surpris de voir un citoyen de la riche et puissante Palmyre traité de « client » par un simple cavalier d'extraction nabatéo- arabe. Le contraire semblerait plus naturel, d'autant plus naturel que 'Obaidou est, en somme, un étranger à Palmyre, et devait y être l'hôte de ChinToùn. On peut dire, il est vrai, que 'Obaidou, en sa qualité de convoyeur de caravanes, avait eu à protéger les intérêts de son ami Chim'oùn, quelque riche commerçant de Palmyre et que, de ce chef, il le considérait comme son obligé, son client, bien que, selon toute apparence, celui-ci lui eût payé largement ses services. Les rapports des deux personnages pourraient être, mutatis mutandis, comparés à ceux que les Arabes citadins de nos jours entretiennent avec les Bédouins nomades, pour le commerce des moutons, chevaux, céréales, etc.. Ces transactions créent entre les parties contractantes des obligations réciproques caractérisées surtout par les devoirs sacrés de l'hospitalité de l'un vis à vis de l'autre selon que le Bédouin vient en ville ou que le citadin se rend au campement des nomades*. Néanmoins, je préférerais de beau-

1. T3*T, littéralement p-vt)<t6tj, équivaut sensiblement à "jnx

2. Je me suis trouvé personnellement dans une situation analogue vis-à-vis

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coup, si la chose était grammaticalement possible, prêter à lu le sens d* « hôte » dans l'acception active, confinant à celui de « patron». L'expression norm mu rappelle singulièrement celle que nous trouvons dans d'autres inscriptions palmyréniennes ' nnr»çn nom, et qui y est rendue, dans la contre-partie grecque, par w# <p(Xov xod rcpodrarrjv, « son ami et son patron ». Dans notre formule, Ta a peut-être bien la même valeur que o^p dans cellesci. Quant à l'emploi d'un mot différent, pour rendre la même idée, il pourrait s'expliquer soit par l'écart de date assez sensible, entre notre inscription (132 J.-C.) et celles que je cite (264 et 267 (J.-C), soit plutôt par le fait que l'auteur de notre inscription est un Nabatéo-Àrabe et qu'il employait peut-être une expression appartenant en propre à sa langue nationale. Il est à remarquer que l'équivalent arabe du mot en question (jU) a, entre autres, les deux sens opposés de « client » et de « patron », et aussi celui, dont il faut peut-être tenir quelque compte en l'espèce, d' « associé dans le commerce ». Je me suis servi à dessein, dans la traduction, du terme vague « hôte », qui, tout en étant bien conforme à la signification fondamentale, a l'avantage de présenter justement une ambigûité analogue.

Ll. 9-11. Ici, je m'écarterai tout à fait de l'interprétation générale de H. Littmann, qui a compris ainsi :

... et qu'on se souvienne de tout '[ce qui] célèbre (?) ces autels, et il dit (et dis?) : qu'on se souvienne de tous ceux-ci en bien.

Il considère "Ot comme pouvant être soit au parfait, 3 e pers. masc. : « et il dit »; soit à l'impératif, 2 e pers. masc. : « et dis »; dans ce dernier cas, le mot aurait la valeur du Jy de l'arabe vulgaire : « en résumé, en un mot 1 », et la phrase, depuis ton, se-

de mon vieil et fidèle ami le cheikh Djemil, des Àbou N'seîr, avec qui j'étais en relations suivies pendant mes années de résidence à Jérusalem. Chaque fois qu'il venait à Jérusalem, il se considérait de droit comme mon hôte, lui et sa suite, et il me considérait comme le sien lorsque j'avais à aller dans le territoire de sa tribu ou à recourir à ses bons offices pour des négociations archéologiques.

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