‹ Recueil d'archéologie orientaleChapitre 204 sur 213 · De Vogué, Palm., nos · texte numérisé non relu

De Vogué, Palm., nos

2. L'impératif vulgaire J^â (pour Jï) dans cette acception, revient à peu près au même que notre « c'est-à-dire ».

rai t une répétition ou, plutôt, une récapitulation des bons souhaits que 'Obaidou prononce en élevant cet autel.

Je conçois les choses autrement. Selon moi, ion est un participe présent ton « disant », pendant exact, au point de vue grammatical, du participe qui le précède : TOC ou WO, quel que soit le sens réel de celui-ci. C'est comme s'il y avait : "WQ bs "TOTi

« Et béni soit aussi tout (homme) qui ....ra ces autels et qui dira : » Les mots qui suivent : "pTzn etc. doivent être considérés comme une nouvelle phrase placée dans la bouche même du tiers éventuellement visé. Gela revient à ce sens général : « béni soit aussi quiconque bénira lui-même ceux dont les noms figurent dans les dédicaces gravées sur ces deux autels ».

Les deux participes présents VTO et "Ot ainsi associés ont, en réalité, ici la valeur d'une sorte de futur analytique, bien conforme au génie des langues sémitiques et, en particulier, des langues araméennes : « celui qui (sera) faisant telle chose », c'est-à-dire : « celui qui fera 1 »:

Quant à la signification et à la lecture même de (l?)1tyB, elles restent encore indéterminées. On pourrait, à la rigueur, penser à un dérivé de toîi avec l'acception de napfupeTv 1 . Mais ce qu'on attendrait plutôt c'est un verbe ayant le sens de « respecter », ou « avoir soin, honorer d'un culte », ou simplement « voir, considérer ».

11 demeure douteux qu'il faille restituer n au commencement de la ligne 10; cette particule n'est pas nécessaire, et la lacune, si même lacune il y a, semble être au plus d'une lettre, si tant est qu'on puisse se fier absolument aux apparences de la copie.

A la ligne 11, si la lacune initiale était capable de trois lettres, y compris le débris de Yaleph encore reconnaissable, je serais bien

1. Cette tournure comporte aussi bien, sans parler du présent, le futur passé, et même, dans certain cas, le passé : « celui (qui est, qui aura été, qui a été) faisant ».

2. Dans ce sens, le palmyrénien (cf. inscriptions bilingues) emploie ordinairement Tito = j+z,. P.-é. faut-il comprendre « répéter » (-WÏ)?

LE DIEU NABATÉEN CHAÎ* AL-QAUM 389

tenté de restituer [kto], « les noms », soit à l'état construit, soit même, comme cela est fréquent en palmyrénien, à l'état emphatique, du pluriel; dans le premier cas, il faudrait traduire littéralement : « les noms de tous ceux-là » ; ou : « tous les noms de ceux-là »; dans le second cas : « tous ces noms-là ».

J'arrive maintenant à la question la plus intéressante et aussi la plus ardue. Que peut bien être au juste ce nouveau venu dans le panthéon sémitique, ce dieu au nom étrange Chaî f al- Qaum?

Nous pouvons tenir pour assuré que c'est un dieu spécifiquement nabatéen. C'est dans une inscription nabatéenne, où il avait passé inaperçu, que j'en ai pour la première fois, comme je l'ai rappelé plus haut, découvert l'existence 1 . D'autre part, dans notre inscription palmyrénienne, le personnage qui l'adore se présente formellement à nous comme un Nabatéen. Sur ce point, donc, aucun doute.

11 n'en va pas de même en ce qui concerne la nature de ce dieu et sa fonction mythologique. Ici, nous n'avons pour nous guider que de bien faibles indices : d'un côté, la physionomie même de son nom ; de F autre, une particularité caractéristique de son culte :1a proscription du vin. Examinons successivement ces deux éléments d'information.

Le nom Dlpba 7>w, composé visiblement de deux termes, a l'aspect d'un vocable devant avoir une signification précise qui, si Ton pouvait la déterminer, nous renseignerait peut-être sur l'essence même du dieu. A première vue, ces deux termes suggèrent une série de rapprochements plus ou moins spécieux dont j'avais déjà indiqué sommairement quelques-uns*. Sur ce terrain étymologique, M. Littmann nous a fourni une nouvelle donnée fort importante, grâce aux inscriptions safaïtiques, recueillies et déchiffrées par lui.

Page 1