‹ Recueil d'archéologie orientaleChapitre 27 sur 213 · III. — Zenon · texte numérisé non relu

III. — Zenon

Puisque j'en suis sur ce chapitre, j'ajouterai une brève observation sur un autre passage du même auteur arabe qui vient quelques lignes plus loin (p. 429 de la traduction, p. 139 du texte) :

Dhinoîîhermdwis croyait que les principes sont : Dieu, le motif agissant, l'élément passif ainsi que les quatre corps simples.

Évidemment, nous avons affaire là au nom étrangement déformé, d'un philosophe grec. M. Huart hésite entre Zenon de Citium et Démocrite. A ne considérer que la doctrine qui lui est attribuée, ce philosophe doit être Zenon, plutôt que Démocrite; il suffit de comparer, à cet égard, l'exposé d'El-Balkhi à celui de

Chahrastani 1 où le nom de « Zenon l'ancien » jjSyl j^3, est

correctement écrit, et dont les termes essentiels concordent littéralement*.

La question est de savoir comment le texte d'El-Balkhi en est arrivé à défigurer aussi complètement le nom du fondateur du

stoïcisme : ^ jL.^^^. On .reconnaît sans trop de peine, dans le premier groupe, y**, les éléments du nom même (j)>^3 Zenon. Mais que faire du reste : «j-jL»^?

La première idée qui vient, c'est que le nom était accompagné de quelque déterminatif, par exemple d'un mot correspondant à

l'épithète jf\, « l'ancien », épithète qui doit être elle-même l'équivalent d'un adjectif grec tel que xpsaô'JTspoç ou raXatoç. On "sait, en effet, qu'il y a eu plusieurs philosophes du nom de Zenon, entre lesquels les Grecs ont éprouvé parfois le besoin de distinguer. Les Arabes ont, sur ce point, suivi leur exemple; c'est ainsi que Chahrastani, après nous avoir parlé, ici et ailleurs

(p. 264), do Zenon joVl, nous parle (p. 351) d'un autre Zenon

^£-*Vl, « le jeune » = vswtspoç 5 . Le groupe ^3^^ a bien une

physionomie grecque; mais il est difficile d'en tirer paléographiquement une transcription quelque peu plausible de zperffoepoç ou xaXa'iç, qu'on attendrait, étant donnée l'identité incontestée de

notre Zenon, qualifiée de joVt, « l'ancien », par Chahrastani. Même difficulté, si même Ton admet que l'épithète employée était vecoTspc;, îeuTepoç, dans l'hypothèse, très peu probable en soi, que les Arabes auraient voulu le distinguer de son homonyme

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