‹ Recueil d'archéologie orientaleChapitre 29 sur 213 · IV. — Les Cathares · texte numérisé non relu

IV. — Les Cathares

Au commencement du même chapitre 1 consacré à Manès, 1. Pognon, op. cit., p. 125 et 181 (cf. n. 2).

Théodore bar Khouni raconte que le célèbre hérésiarque avait d'abord étudié les dogmes de la secte « des Purs » (Nipin). A ce sujet, M. Pognon dit en note :

« Je ne sais quelle est la secte à laquelle Théodore donne ce nom. D'après Bar-Bahloul, on appelait les Novatiens : NlpJQ (voir le Dictionnaire de Bar- Bahloul, au mot NiW3) ; mais Novatus ne fut antérieur à Manès que de très peu d'années. »

# 11 n'y a pas lieu, semble-t-il, de s'arrêter à l'objection chronologique ; il suffit que Novatus soit antérieur à Manès ; que ce soit de peu ou de beaucoup d'années, peu importe. La solution formelle de cette petite difficulté me parait être fournie par Théodore lui-même dans le simple intitulé d'un autre paragraphe ' :

Sur les Cathares qui sont les Novatiens.

Il résulte clairement de là que la secte des Purs ou Menaqdé, à laquelle aurait été affilié Manès, n'était autre que celle des Cathares (xaôapo( « purs »)et, par suite, celle des disciples de Novatus. Les dires de Théodore (A et B) et de Bar-Bahloul sont, en effet, rigoureusement équivalents et convergents, abstraction faite de l'identité de sens des dénominations mêmes. C'est ce que montre matériellement le simple schéma que voici :

Théodore : Bar-Bahloul :

A. Nipan = « Les Purs » = Hljpx

B. KTDXp (= xaôapof)

KJWU Novatiens

1. Pognon, op. cit., p. 123 et p. 179. Le passage est emprunté en substance à saint Épiphane, op. cit. y col. 868.

48 KECUEIL D'ARCHÉOLOGIE ORIENTALE

Une nouvelle dédicace à Zeus Héliopolite.

Waddington a copié autrefois à Hareiri, petit village de la région de Damas, une inscription grecque aux lettres mal faites et frustes, dont il n'a réussi à lire qu'une partie. Voici sa copie etsatranscription 1 :

oyi • hcttoai • HrAio..

6ÉOY€POPÉYÉÉr€N€T • - •

. EAIOEniMEAHTCONABIABHAOY . . AÉOYK€ZHNCON IA6AAMO . . 6KTATOYOÉOYKÉTHCKCOMHC

.... 0eoI3 'EpôpsOe- èy£vsT[o S] à 8to èiutiJLeXrjTÛv 'A6tcôr ( Xcj Mrj]Séou xè Zrjvwvfoç] ISsXijjLs

Il ne peut rien tirer, dit-il, de la première ligne. Quant au mot 'EpOpeOe, tout en avouant qu'il est « fort bizarre », il croit pouvoir en garantir la lecture matérielle ; il semble incliner à y voir quelque nom de divinité, à çn juger par V epsilon majuscule dont il le gratifie, ainsi que par la façon dont il accentue le mot 8eo3 qui le précède ; et, de fait, M. Chabot a dû l'enregistrer comme tel à l'index. Par contre, il explique fort bien l'orthographe syrienne cio pour 8ti s , ainsi que le solécisme èx vx tgO Ôecu pour ex xwv. Il est probable que, dans le dialecte grec syrien, l'expression consacrée, xi xcO Oeoîj, avait fini par devenir une sorte de mot composé indéclinable, e le trésor du dieu » ; c'est peut-être, comme je l'ai indiqué autrefois, par suite d'un phénomène analogue que nous avons dans la dédicace de la corporation des couteliers de Sidon : taèp to xotvcu, au lieu de Û7;èpTou\

Après avoir attentivement étudié la copie de Waddington, je

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