‹ Recueil d'archéologie orientaleChapitre 30 sur 213 · UNE NOUVELLE DÉDICACE A ZEUS HÉLIOPOLITE · texte numérisé non relu

UNE NOUVELLE DÉDICACE A ZEUS HÉLIOPOLITE

serais tenté de lire et de restituer ainsi les deux premières lignes :

TAit Me r :*T](o> r HÀw)^3A{[T]ij. Viïz[ç.] ....Oscu, <e>(U)peî»(ç)- syéveTJo ts-) [3]s cto etc..

Les lettres restituées, en tout ou partie, répondent aussi bien que possible soit au nombre des points représentant l'étendue des lacunes, soit aux apparences paléographiques des caractères entrevus çà et là, caractères dont Waddington a signalé expressément la mauvaise facture et l'état fruste, ce qui nous met d'autant plus au large pour les corrections théoriques.

Le culte du Jupiter Maximus Heliopoli tamis, qui avait son centre à Baalbek, s'étendait dans un grand rayon sur toute cette région; j'en ai retrouvé cette titulature textuelle dans une inscription grecque du OuàJi Barada, où elle avait été successivement méconnue par M. Porter et M. Murray 1 . Or, il est à remarquer que le village de Hareiri, ou Horaîri, d'où provient l'inscription de Waddington, est justement situé tout près de Soùq Ouàdi Barada (l'antique Abila de Lysanias), à environ une lieue dans le nord-est.

Les prénoms romains étaient assez souvent employés en Syrie comme de véritables noms; celui de Gaios* l'est ici comme tel. Il est suivi d'un nom patronymique appartenant à la classe des théophores composés eux + Oso; ; cette classe est trop nombreuse pour qu'il soit possible de deviner quel était le premier élément du patronymique, élément qui a totalement disparu sans laisser la plus légère trace; j'inclinerais vers [TkjxojOsoî qui est assez

1. Recueil d'arch. orient., t. III, p. 397. Cf. Pal. Expl. F., Statemtnt, 1898, p. 31, p. 157, p. 252 et I8'.)9,p. 63. Tout eu reconnaissant le bien fondé de la lecture rectifiée que j'ai proposée : Ast Msy:<r:<!> 'IlXto^oXs'-r,, au lieu de Ait [T'Wtffïw 'HXioîroXsiïôv, M. Murray voudrait maintenant intercaler, en outre, le vocable -w[xf,pt] entre Au et MsyiVca). Je pense qu'il fait de nouveau fausse route et que les deux lettres prétendues C(a)> qu'il croit voir après Ait, à la fin delà ligne 1, ne sont autre chose que les deux premières lettres M€ du mot MîyîdTO), coupé en deux par la ligne, la ligne 2 commençant par yî<iT<i>, sans aucune lacune initiale : Ms-yioro).

2. Il apparaît comme simple nom propre, avec l'orthographe Tloç, dans une inscription de l'Auranite, Wadd., n° 2412 a : SaSsivo; %ï Ho; xs fcho&opo;.

Recueil d'Arcii :ologie orientale. IV. Mars 1900. Livraison 4.

fréquent dans l'onomastique gréco-syrienne et présenterait juste le nombre de lettres voulu 1 .

L'orthographe eUpsJç pour îspej; « prêtre » n'a rien de surprenant en Syrie; je la constate, d'ailleurs, dans une autre inscription de la Trachonite*; nous sommes ainsi avantageusement débarrassés de ce prétendu dieu 'EpOpeus, au nom si suspect.

Le nom de 'AfàXrfaî, qui se retrouve associé à un autre nom spécifiquement phénicien ('OÇép5aAoç= Ssnw) dans une inscription grecque de Beyrouth 3 , ne répond pas, comme on pourrait le croire, à une forme phénicienne bsmny, mais probablement à une forme araméenne Sm:; 4 .

La restitution du patronymique [Myj]8eou me paraît bien problématique. La lecture matérielle de la partie conservée est-elle même sure? On pourrait penser à ['ASj&bu = 'AôSafeu* ou à So](X)£so i . J'ai également de grands doutes sur la lecture du patronymique du second épimélète : 'ISeXi^ofu] ; je me demande s'il ne faudrait pas restituer paléographiquement : IA€AAMO en l(AC)AAMO[Y] ; y lis\zy.sq serait, avec une très légère variante vocalique, identique à 'IdbXepoç, nom qui nous est connu par une inscription de la Nabatène 7 . Je serais tenté de voir dans ces deux formes l'équivalent d'un nom araméen, peut-être nabataïsant, nbtZP 8 , ou mieux, idSw\ dont, à vrai dire, nous n'avons pas encore rencontré l'original, mais dont la formation serait très vraisemblable; il serait

1. On pourrait aussi penser à [Mvyjaijôto;, mais ce nom est relativement rare en Syrie; ou bien à |Aa><ïî]ôeo; qui, au contraire, y est fréquent; mais ce dernier serait un peu court pour l'étendue de la lacune.

Page 1