‹ Recueil d'archéologie orientaleChapitre 3 sur 213 · JARRES ISRAÉLITES MARQUÉES A L* ESTAMPILLE DES ROIS DE JCDA · texte numérisé non relu

JARRES ISRAÉLITES MARQUÉES A L* ESTAMPILLE DES ROIS DE JCDA

s'expliquer de différentes manières; par exemple, il est possible que les timbres ne fussent apposés parfois, sinon toujours, que sur Tune des anses de la jarre; ou bien, on peut s'imaginer des jarres qui, bien que contemporaines et de même fabrication, étaient dépourvues de tout timbre parce qu'elles n'appartenaient pas à la catégorie spéciale de celles qui étaient marquées expressément de ces timbres, timbres dont il nous reste maintenant à déterminer, en même temps que la lecture, l'origine et la raison d'être.

Jusqu'à ces derniers temps les avis ont été partagés sur la manière dont il fallait lire et, surtout, interpréter les courtes épigraphies, dont une seule (anse A) nous est parvenue à peu près intacte.

M. Gre ville Chester 1 , s'appnyant sur l'autorité de Samuel Birch, proposait la transcription et la traduction suivantes des deux estampilles qui sont le mieux conservées :

Anse A. — LeMeLeK ZePIIa.

Au, ou du roi Zepha.

AnseB. — LeK SHaT.

... roi Shat.

Le malheur est que l'histoire est parfaitement muette sur le compte des prétendus rois Zepha et Shat; aussi, l'existence de ces illustres inconnus semblait bien difficile h admettre. Il fallait chercher autre chose.

Une idée semblait tout d'abord, assez naturelle, surtout si l'on tient compte des habitudes de la céramique grecque; c'était de supposer que ces estampilles apposées sur les anses des jarres pouvaient contenir tout simplement le nom du potier qui les avait fabriquées ou bien des magistrats en charge à l'époque de la fabrication. Partant de là, on était amené à se demander si l'on n'avait pas affaire à des noms propres théophores, de personnes, composés de l'élément divin Moloch, en combinaison avec les

i. Rer.overy of Jérusalem, 1871, p. 473- 474.

éléments adventices *p et iw... Je m'étais moi-même contenté de ce pis-aller 1 , un peu trop facilement, je dois l'avouer, car à la réflexion, des scrupules m'étaient venus : cette série de noms de personnes dans la composition desquels l'élément divin Moloch reviendrait avec une persistance vraiment faite pour surprendre; l'impossibilité d'expliquer d'une façon satisfaisante les éléments adventices combinés avec cet élément divin; l'insistance marquée avec laquelle le mot -jba est mis en vedette et détaché du reste de l'épigraphie, etc., étaient autant de contre-indications.

Plus tard, M. Sayce fut conduit, par des considérations analogues, à reprendre la question. Il proposa d'interpréter ainsi ces légendes obscures 1 :

B, C : tw "jbab, « Au Moloch Set ».

A : «]T -jWJ, « Au Moloch de Ziph ».

E : n[D]ttr -jSdS, « Au Moloch de Socho ».

Il s'agirait, selon lui, de vases dédiés au dieu Moloch. Ce dieu sémitique serait identifié, dans le premier cas, avec le fameux dieu égyptien Set; dans les deux autres cas, 'déterminé par le nom de deux villes de Juda où il aurait été adoré, la ville de Ziph et celle de Socho.

Ainsi que je le montrerai tout à l'heure, cette solution d'ordre théologique n'est pas recevable. Toutefois, il y avait dans l'hypothèse de M. Sayce une part de vérité qu'il convient de retenir, c'est que les seconds mots des légendes sont bien réellement des noms de villes, et de villes de Juda : l'une, Ziph, écrite en toutes lettres; l'autre, Socho, très sagacement restituée. Cette explication partielle est applicable, comme nous le verrons, même au groupe TW...J lequel n'a rien à voir avec le nom du dieu Set, contrairement à l'idée de M. Sayce qui se lance à ce sujet dans une longue dissertation mythologique n'ayant qu'un tort, celui de pécher par la base.

Somme toute, le problème attendait encore sa solution*.

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