Onomasticon, MyjçaaO, Mephaath
3. Cf. von Starck, Palaest, widSyr.,?. 121, et Germer-Durand, Cosmos, mars 1897, p. 375.
LA VILLE LÉVITIQDE DE MÊPHAAT 59
et de réussir là où les autres ont échoué. Mais, je crois pouvoir y introduire, au moins, une donnée nouvelle qui a échappé à mes devanciers et qui est de nature à conduire directement à la solution définitive. Suivant en cela une méthode qui m'a déjà, plus d'une fois, donné d'excellents résultats, — comme en témoigne, entre autres, la découverte des villes de Gezer et de Hippos — j'emprunte cet élément d'information à une source inépuisable, et toujours trop négligée par les protagonistes de la haute exégèse biblique : les géographes arabes. L'auteur des Maràçid el-ittiid* 1 enregistre, à sa place alphabétique, le nom d'un village de la Belqâ
de Syrie*, qu'il appelle <*i^, Metfa'a. Selon moi, c'est, lettre pour lettre, le nom de notre Mêphaat biblique, et, de plus, la région concorde absolument. J'en conclus que le nom, et, par suite, l'emplacement de Mêphaat, étaient encore parfaitement connus de la tradition locale, au commencement du xiv° siècle de notre ère. II y a, par conséquent, de grandes chances pour que, si même le village a disparu entre temps, le nom attaché aux ruines en ait été conservé par cette tradition locale dont nous avons appris à connaître la tenace fidélité.
Je recommande expressément cette piste aux futurs explorateurs de cette région encore bien imparfaitement connue. 11 faudrait interroger avec soin les indigènes nomades et sédentaires qui la parcourent ou l'habitent, notamment ceux des parages de Hesbàn etdeMâdebà; je ne doute guère qu'on retrouvera, de cette façon, une Khirbet Meifa'a; et, alors, c'est là qu'il conviendra de fixer remplacement de la vieille cilé lévitique que se disputèrent longtemps les Rubénites 3 et les Moabites.
Il ne s'agit plus désormais que de vérifier sur le terrain un point nettement circonscrit sous le rapport toponymique. C'est