‹ Recueil d'archéologie orientaleChapitre 38 sur 213 · LES TROIS KARAK DE STRIE · texte numérisé non relu

LES TROIS KARAK DE STRIE

et il cite les noms de quelques-uns d'entre eux', noms qui ont une physionomie franchement turque orientale 1 .

Il se peut que, dans le nombre, bien que la liste ne remonte peut-être pas assez haut, se trouve celui du naib de notre document, dont nous n'avons plus, malheureusement, que le surnom arabe banal : Seîf ed-dîn. En tout cas, le fait que le document était écrit en caractères mongols s'explique suffisamment par la nationalité à laquelle, comme nous l'apprend Khalîl edh- Dhâheri, appartenaient de droit les gouverneurs de Karak.

Vérification faite dans les manuscrits, le feuillet découpé dans la lettre originale n'est pas de couleur rouge; l'emploi du papier ordinaire semblerait donc indiquer qu'il ne s'agit pas d'un document appartenant à la correspondance officielle, mais de quelque pièce d'administration courante, d'une valeur secondaire.

J'ai publié précédemment' une inscription arabe de Nebî Hàroùn (près de Pétra), contenant les noms mutilés d'un grand émîr Seîf ed-dîn... qui semble avoir été, lui aussi, gouverneur do Karak, peut-être sous le règne du sultan Mohammed, fils de Qelâoûn (684-741 de l'hégire). On pourrait se demander si ce personnage ne serait pas le nôtre. Mais tout dépend d'une question de date. Le manuscrit arabe où se trouve intercalé le fragment de lettre mongole est daté de l'an 660 ou 667, ce qui, a priori, semblerait impliquer que cette lettre, déjà mise au rebut au moment où le scribe en a coupé un morceau pour en tirer un feuillet, doit remonter à une époque sensiblement antérieure.

J'ai laissé de côté, à dessein, dans cette petite élude de la question des trois Karak, une autre localité syrienne qui, à première vue, semblerait avoir quelque titre à y figurer. On sait que le nom du Karak de Moab était couramment transcrit Crac par les

1. J'y signalerai celui de l'émir Qadid, parce que je le relève dans une autre inscription arabe de Karak (de Luynes, op. cit., p. 201, n° 19) avec le titre de JjCll JK (encore avec l'article!) ayjly (< 1vUh d'KI-Karak et d'Ech-Chaubak », en Tan 792 de l'hégire.

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