LK LIEU DE LA LAPIDATION DE SAINT ETIENNE
d'un texte grec récemment découvert, qui introduit un élément nouveau dans cette question depuis si longtemps et si vivement débattue. C'est l'original grec de la version latine de la relation de l'invention des reliques de saint Etienne, original conservé dans deux manuscrits de la bibliothèque du patriarcat grec de Jérusalem et publié tout récemment par M. Papadopoulos Kerameus\
Ce passage est ainsi conçu (c'est Gamaliel, enseveli avccÉtienne, Nicodème et Abibon, qui est censé prendre la parole, s adressant au prêtre Lucien, auquel il apparaît en songe) :
'0 ôà tjv k[Lo\ xefyisvGs aixos 'ecriv b xupiç 2/céçavcç, ô Xi0s6oXr/)elç utA xa>v 'Iousatwv èv 'IepsusaXTjjji xai Tzo'.rpzî vu^8^[xepcv èpptjjiévcç elç Ta e;a>7rjXa tf t q zoXîw^ coç ki:\ ?ov KtjSip xnep^éjJisOa.
a Celui qui est couché avec moi (dans la tombe), c'est le seigneur Etienne lui-même, qui a été lapidé par les Juifs à Jérusalem et qui a passé une nuit et un jour jeté aux exopyla de la ville, du cftté où nous allons au Kedar. »
Comme le remarque le P. Lagrange, le mot grec èÇuroXa nous permet de comprendre aujourd'hui l'énigmatique exapeleo ou exapoli de la vieille version latine, qui était fort embarrassant et queTillemont voulait corriger en hexapylo, en y voyant « quelque place qui avait six portes ». Il ne serait pas impossible qu'il fût né de l'expression employée dans la narration du martyre par les Actes des Apôtres (vu, 58) : xal kôaXXovrsç s Ç o> -cf t q rcéXewç èXiOo- 66Xouv « et, le jetant hors de la ville, ils le lapidèrent ». Toutefois, je me demande si èÇcirjXa est simplement, comme le pense le P. Lagrange, un néologisme signifiant le « faubourg de la ville », littéralement « le dehors de la porte ». Je serais tenté d'y reconnaître quelque chose de plus particulier : la voirie de Jérusalem, les tas d'ordures situés en dehors des portes de la ville; cf., par exemple, les monticules de cendres d'aujourd'hui, dans la région nord. Les xéxp'.a sont, par définition et par essence, eÇwrjXa ; de là à les
i. 'ÀvàXexta» etc., Saint-Pétersbourg, t. V.
appeler des exopyla, il n'y a qu'un pas. Le corps du supplicié aurait été jeté, eu quelque sorte, aux gémonies; le mot èp^iivo? me paraît avoir, à cet égard, une force particulière ; à la cruauté du supplice viendrait s'ajouter l'ignominie du traitement infligé au cadavre.
Ces exopyla devaient, naturellement, exister sur plusieurs points de la périphérie de Jérusalem; les tas d'ordures sont la ceinture forcée de toutes les villes antiques. Aussi, l'auteur, ou, plutôt, quelque autre rédacteur transcrivanUa relation, a-t-il cru devoir distinguer entre eux; de là, l'addition de la petite phrase : « (du côté) par où nous allons au Kedar ». Ces mots placés dans la bouche du défunt Gamaliel produisent, il faut l'avouer, un singulier effet, et l'on comprend que la version latine ait cru devoir en atténuer l'étrangeté, en changeant la tournure du style direct qui, ici, est vraiment choquante: euntibus Cedar. Mais celte tournure même est suggestive et semble bien indiquer que cette partie de la phrase est une glose ajoutée après coup au texte, par quelque copiste ou commentateur familier avec les environs de Jérusalem et désireux de préciser un point laissé primitivement dans le vague. Il se peut, comme le soupçonne le P. Lagrange, que ce soit ce Cedar de la version latine qui ait été, à un certain moment, l'origine du transfert de la tradition du nord à Test, sur les pentes du Cedron. Assurément, ce Krfiip, Cedar, ne doit avoir rien de commun avec la vallée du Cédron. Mais, j'ai quelque peine à croire, d'autre part, qu'il faille entendre, par ces noms, comme le veut le P. Lagrange, la région de Cédar, c'està-dire les environs de Damas, en tenant compte de la dénomination moderne de Porte de Damas donnée à la porte de Jérusalem, d'où part la roule passant devant la basilique d'Eudoxie; ce serait bien savant pour les gens de l'époque. Kedar, ou plus exactement le Kedar — TONKHAAP — le nom est peut-être estropié par les copistes — me semble plutôt avoir été quelque point des parages immédiats de Jérusalem, point à nous inconnu, mais qu'on réussira peut-être à déterminer quelque jour.
LA VOIE ROMAINE DE PALMTRE A RISAPHA 69
La voie romaine de Palmyre à Risapha.
M. Sterreil 1 a relevé une série de milliaires romains entre Pal* myre et Erek, localité située à 27 kilomètres au droit est de Palmyre. Ce sont, dans Tordre suivant, en allant de Erek à Palmyre :
— N° 632, dans le désert, à environ 2 heures 1/2 à l'ouest de Erek, un peu à droite de la piste actuelle des caravanes; fragment avec le nom de l'empereur Constantin;
— N° 633, à environ un mille romain plus loin, dans la direction de Palmyre; fragment avec le nom de Constantin.
— N° 634, à côté du précédent :
DN
CONSTANTINONOb
CS