LA VOIE ROMAINK DE PALMYRE A R1SAPHA
penser aussi, en arguant de la tournure de la formule, à savoir qu'il s'agit d'une localité déterminée à laquelle aurait été attaché ce nom de Strata Docletiana et qui aurait été situé entre Palmyre et Aracba. Quoi qu'il en soit, ce nom me paraît de nature à jeter une lumière inattendue sur un passage de Procope 1 , passage bien connu mais dont la véritable interprétation était jusqu'à ce jour fort embarrassante. Procope nous parle 1 , en effet, d'une région (zupx), située au sud de Palmyre et appelée S/cpir*. région déserte et brûlée par le soleil. II ne me paraît guère douteux désormais qu'il faille entendre par là la partie de la steppe aride qui, bordant au sud la Slrata Diocletiana dont nous avons une section entre Palmyre etErek, lui avait emprunté son nom. Le rapprochement est d'autant plus indiqué que Procope lui-même ajoute expressément que Sipita est un mot latin désignant une route pavée*.
La route de Palmyre à Risapha est ainsi figurée dans la Table de Peutingcr : Palmyra — XVlllHarac (corr. de Baraé) — XXII Oruba — XXII Cholle — XX Risapa.
L'identification de ce tracé a été à plusieurs reprises l'objet de discussions critiques, entre autres delà part de M. Moritz* et, tout récemment, encore de M. Hartmann 5 , qui ont repris la question en détail, mais, toutefois, sans l'épuiser. Ils n'ont pas utilisé, par exemple, le renseignement précieux que je viens de donner plus haut. Ils n'ont pas, non plus, tiré parti d'autres renseignements qui sont, assurément, de moindre valeur, mais peuvent avoir, néanmoins, quelque intérêt et qu'il ne sera pas inutile d'introduire dans le débat.
On est d'accord, aujourd'hui, pour admettre que la graphie Oruba, nom de la seconde étape sur la Table de Peutinger, est une mauvaise leçon pour Oruda ou Oruza, correspondant à la 'OpiÇa de Plolémée, Oresa de la Nolitia dign. imper, rom., Orissa de
1. De bello Persieo (Hist. Byz.), t. I, 154 : 13, 19; cf. 155 : 12.